Total Recall : Hollywood cherche-t-il à vous faire perdre votre mémoire, ou votre Curiosity ?

Ce jeudi 15 août le film Total Recall Mémoire Programmées sort dans les salles. Mais tandis que la presse officielle le décrit comme un film à ne pas manquer, les critiques les plus intègres y voit un navet de 200 millions de dollars qui vous fera perdre du temps et de l’argent.


1) Un remake inacceptable.

Doug Quaid rêve chaque nuit de souvenirs d’une autre vie. Il décide de se rendre au centre “Rekall” où Doug va s’apercevoir que sa vie n’était pas réelle et que sa femme est une espionne chargée de veiller à son reconditionnement mental. Il se retrouve poursuivit par celle-ci dans les rues d’une ville digne du 5ème élément. Il découvre que, dans sa vraie vie, il était un agent de la résistance et qu’il a été fait prisonnier, puis reconditionné mentalement.

Jusque là pas de problème. Mais alors que l’ancien Total Recall situait la suite de ce scénario sur Mars, colonisée par l’humanité, le nouveau Total Recall, place l’action dans un monde ravagé par des guerres mondiales. Seuls deux grands territoires sont restés sains : les iles anglaises, ainsi qu’une partie des côtes européennes, connue sous le nom d’Union fédérale britannique, puissance économique, et l’Australie, appelée La Colonie, en état de pauvreté.

Ainsi, alors que toute une génération voyait un certain progrès pour l’humanité en filigrane de cette fiction, le nouveau Total Recall nous fait oublier cette perspective et nous place dans un monde ravagé par des guerres entre nations.

En effet, un des aspects intéressants de la version originale est qu’elle montrait comment on pouvait envisager une présence humaine sur la planète rouge. Début de terraformation, transports Lune-Mars, colons qui se battent pour leur indépendance de la Terre, tous ces éléments ont été gommés au profit d’une propagande anti-progrès et d’une Amérique qui compte sur les revenus d’un “entertainment” de bas étages plus que sur les richesses infinies qui pourraient provenir de la recherche spatiale.

2) Curiosity : vous êtes-vous rappelé vous de votre futur ?

Pourtant, suite à l’arrivée sur Mars de la sonde Curiosity, beaucoup se sont vu touchés d’un engouement insoupçonné pour la prouesse de la Nasa et de ses partenaires russes et français.

Bardées d’instruments de mesures et de caméras, la sonde de la taille d’un 4×4 permettra de collecter des informations de premier ordre sur la géologie martienne, la présence d’eau, de glace, de radiations, et même de vie…

Cette mission permettra de poser les bases de futur missions et de vols habités vers l’astre rouge ainsi qu’une meilleur connaissance des matériaux qui constituent la terre et donc des possibles découvertes fondamentales dans des domaines tels que la géologie ou autres.

Ainsi, la sonde Curiosity nous permet de recréer une perspective pour certains et pour d’autres de se questionner sur l’utilité d’aller voir en dehors de l’atmosphère terrestre. Et par dessus tout de retrouver une perspective historique nous liant aux Égyptiens ou aux indiens de l’antiquité, aux grecs, ainsi qu’aux musulmans du moyen age qui regardaient le ciel pour développer la compréhension humaine de l’univers.

Cette continuité historique qu’on essaye d’effacer de notre mémoire d’une génération à l’autre est en réalité inébranlable car elle vient susciter en chacun une intrigue sans cesse renouvelée sur le sens des choses donnant ainsi une raison d’être à notre jugement.

Par conséquent, le vrai block-buster de cet été ne sera pas Total Recall, qui ne nous a pas fait oublier que Hollywood est capable de faire de véritables navets audio-visuels, mais Curiosity qui, par son atterrissage, a redonné un sens à ce que peut être la curiosité.

(88)

A propos de l'auteur :

a écrit 30 articles sur ce site.


1 commentaire

  1. Zoku dit :

    Par contre, pas un mot sur Philip K Dick, auteur de science fiction de haut vol, qui a inspiré nombre de films (Total Recall, donc, mais aussi Minority Report, pour n’en citer que deux). Le problème du cinéma US est qu’ils sont toujours obligés de pomper un auteur déjà reconnu histoire de minimiser les risques et de se passer de scénaristes trop encombrants. C’est ça ou les films “basés sur une histoire vraie” (la grande mode il y a quelques années). Dès que tu creuses, ils sont incapables de faire de la création pure. Lire les bouquins, ça prend plus de temps, mais ça a un avantage : tu sais d’où viennent les choses.

    Juste pour rire : dans le premier Total Recall, son nom était mal orthographié au générique… Ca montre bien où on en est. En voilà un qui a les meilleures raisons du monde de se retourner dans sa tombe, au vu de son oeuvre incroyablement novatrice, qui l’a d’ailleurs empêché d’avoir un vrai succès aux states, où les gens voulaient de la science fiction avec des lasers, et pas de la réflexion theologico-complotiste sous LSD comme il savait si bien le faire !

Laissez un commentaire

Why ask?