L’Amérique c’est magnifique

 

Le 6 Novembre 2012 aura lieu la très attendue élection américaine qui, quoiqu’on en dise, aura des répercussions sur la terre entière. La présidence d’Obama a été surtout marquée par un semblant de virage social (réforme du système de santé), et surtout par la crise financière conséquence de huit années bushistes qui auront fait les dégâts qu’on sait avec la guerre au terrorisme soutenu par une petite poignée de chefs d’états (Aznar, Blair, Berlusconi), huit années pendant lesquelles le monde occidental s’est fait haïr. Car l’ère Obama qui n’est pas parfaite, loin s’en faut, aura permis une autre chose de bien : elle a donné un coup dans l’aile aux néoconservateurs mondiaux qui, maintenant, faute de ne même plus pouvoir se reporter sur Nicolas Sarkozy, hésitent encore à se tourner vers des figures plus radicales telles qu’Oskar Freysinger, Marine Le Pen, ou Avigdor Liebermann, parce que là on est dans le radical et que le coup de dire après qu’on veut défendre la démocratie au nom de l’universalisme, ben ça fait fausse note.

Sur la politique extérieure Obama aura été nettement plus respectueux des souverainetés que ses prédécesseurs, tant qu’il est mieux apprécié au sein d’une Russie assaillie par des soubresauts ultranationalistes. Et, cerise sur le gateau, il s’est offert celui que les américains désignaient comme un condensé de Satan, du Dr No, du Joker, de Darth Vader, de Darkseid, d’Apocalypse, de Freddy Kruger, de Jason Vorhees, de Leatherface, stop n’en jetez plus… bref, le mal incarné vivant pour combattre le bien : Oussama Ben Ladden

L’ère Obama aura prouvé qu’en fin de compte les américains ont loin derrière eux le temps de la Ségrégation marquée par des Croix Enflammées et qu’aujourd’hui, ils n’en ont plus rien à faire de savoir quelle est la couleur de peau d’un chef d’état, raisonnement qu’on voudrait trouver ailleurs, par exemple dans notre cher territoire hexagonal (du moment que la personne ne revendique pas des positions communautaristes).

Mitt Romney essaie quant à lui d’apparaître comme croyant mais pas trop, afin d’éviter autant que faire se peut les délires mystico-millitaristes de Bush et  de son administration qui n’hésitaient pas à recevoir le soutien des évangélistes, des paléoconservateurs type Buchanan, des pro-Sharon, ou des anti-IVG primaires. Romney se définit comme étant un libéral-conservateur, mais jusqu’à présent il n’a pas déclaré vouloir remettre en question les droits des homosexuels ou des femmes qui décident de ne pas avoir un enfant. Mais le choix du co-listier, toujours plus à droite que son candidat, pourrait quant même faire émettre des réserves, sans négliger les déclarations stupides des personnalités venant de ce qu’une majorité d’américains croyants ou non nomment l’extrême-droite religieuse. A savoir aussi que si Romney venait à perdre les élections ce serait non seulement foutu pour lui à l’avenir, mais qu’il pourrait se produire une lutte interne chez les républicains produisant un scenario catastrophe dont tout le monde se passerait bien : l’émergence d’une figure encore plus dure et plus revancharde.

La crise économique a montré à quel point ce que certains assimilaient jadis à une superpuissance est devenu une nation fragilisée comme les autres, une nation en proie à des troubles qui pourrait lui être néfaste plus tard. Beaucoup d’Américains toutes classes confondues ne comprennent pas pourquoi leurs politiciens continuent à faire confiance à des banquiers idiots. Le chômage n’a jamais atteint un niveau aussi élevé, 8,2%. Au vu de l’actualité récente, le culte autour des calibres n’est pas encore prêt de passer l’arme à gauche.

Car l’Amérique est en pleine mutation, elle va connaître de grands bouleversements intérieurs.

Dans vingt ou trente ans, la communauté latino-américaine pourrait devenir encore plus nombreuse que les WASP dont l’élite descend directement des Pères Fondateurs, ce qui en fait baliser beaucoup côté Républicain sur l’éventualité qu’à l’école, il ne faudra non plus qu’apprendre seulement l’Américain mais également l’Espagnol… Et l’actualité touchant le Mexique nous dit bien que les flux migratoires ne sont pas encore prêts de s’arrêter. Déjà, Los Angeles compte une bonne partie de sa population d’ascendance Mexicaine – dont son maire Antonio Villaraigosa. Seulement, les sondages de ces quinze dernières années indiquent que de toutes les communautés non-wasp, les latinos votent en majorité pour des candidats conservateurs, étant donné qu’ils viennent de pays où la religion catholique est ancrée dans les esprits. Et le problème ne devient non pas d’ordre ethnique aux yeux des intellectuels, mais religieux, car les USA ont été fondés par des Protestants voulant pratiquer librement leur religion, et les latinos sont en grande majorité Catholiques Romains. Mais d’un autre côté, le Parti Républicain ne peut pas se permettre de ne plus caresser cet électorat potentiel qui croie en des mots qu’il voudrait faire sien : Dieu, Famille, Travail.

http://www.youtube.com/watch?v=f4gP_pSOCz4

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2 commentaires

  1. Bonjour NightWing,

    Je ne suis pas d’accord avec votre analyse du mandat d’Obama. Vous dites “l’ère Obama […] aura permis une autre chose de bien : elle a donné un coup dans l’aile aux néoconservateurs mondiaux”

    1) Je ne vois pas la première chose de bien (vu qu’au niveau social, il a rien fait)

    2) En matière de guerres, ce “prix Nobel de la Paix” n’a rien à envier à Bush (Afghanistan, Pakistan, Irak, Libye, Syrie)

    A part ces deux remarques, je trouve votre article très pertinent !!

    Big Up

    JahRaph

  2. Nightwing dit :

    Sur le premier point je pense que quand même il s’est fait nettement allumer par une droite dure qui le prend pour un communiste ( tout ce qui n’est pas ultralibéral est assimilé au communisme et maintenant à l’islamisme- tiens ça me rappelle quelqu’un!)

    Sur la guerre il a rien pu faire tout simplement que le lobby militaro-industriel est très puissant. Et puis contrairement à ce que l’on pourrait croire, les présidents américains ne disposent pas des pleins pouvoirs. D’une parce qu’il s’agit d’un état fédéral morcelé en espaces régis par des gouverneurs.

    Ensuite, redresser en quatre ans une économie rendue exsangue par un prédécesseur belliqueux à côté desquelles les campagnes de Louis XIV s’avérent fructueuses… Bonne chance! Pensant bien aussi que les Américains vont à présent voir les vrais visages de leurs Seth Gekho.

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