Gaza : le cri du cœur

Voici une tribune de Fayez Chergui. Il s’agit d’un cri du cœur de l’auteur concernant Gaza, et certains propos sont à prendre au second degré. Oreilles chastes s’abstenir !

Les rats envahissent Gaza !

Regardez-moi ces « maudits » Palestiniens qui persistent à vivre ! Une autre rouste mémorable, regardez si « ça » se défend bien à coups de roquettes suppositoires, coupés de tout, blocus sur blocus au mépris des Conventions de Genève, contre des dizaines de milliers d’engagés surarmés, c’est la banalisation de l’holocauste tellement il se répète, mais ça se passe bien mieux à chaque fois, bien mieux organisée,  plus justifiée, plus spontanée : admirable… « Israël doit apprendre de la Syrie comment massacrer l’ennemi » aboie Rabbi Yaakov Yosef… Ils font d’une pierre deux coups.

Ah la grande Gorgone Israël, qui hurle qu’on l’égorge, « mouille » dans sa culotte. Des années qu’elle attend ça, elle ne rêve que de ça, ne vit que pour ça, à quand la solution finale ? Pourquoi pas quelques bombes à neutron et le tour est joué ! Ça irait plus vite ! Mais non, faut en garder quelques-uns pour la prochaine kabbale, il faut les renifler de très loin, de tous les coins du monde ; l’impérialisme sioniste est en marche, où va-t-il s’arrêter, à Vladivostok peut être ? Déjà ils nous « enculent » tous, comme ils veulent, quand ils veulent, comme ils veulent. Vous allez voir cette corrida, brutale,  arrogante, pourrie, saignante, Iahvé aime ça à ce qu’ils disent, et Iahvé ça ne se discute pas, c’est comme Allah, kif kif bourricot.

Et les médias arbitrent, châtrés de tout bon sens, voués aux infinis psittacismes dictés par Tel-Aviv. Ah, on peut faire confiance aux médias occidentaux pour nous lubrifier le « fion » à coups de simulacres émotifs, larbins aux pieds de la Gorgone à la queue leu leu lui brouter sa « moulasse » faisandée. Ils prennent soin d’amplifier, de distiller et de ciseler dans une ébullition de mots crème antisémite le pet de ces sales baroques de Palestiniens et d’Arabes mahométans qui font chier : le droit à Israël de se défendre est indiscutable ! Ne l’oublions pas c’est un peuple qui demeure à part et qui n’est pas compté parmi les nations (1) ! Les nations ; des indigènes que Iahvé leur répandra la frayeur devant eux et la terreur à la surface de tout pays qu’ils fouleront aux pieds (2). C’est une bénédiction (3). Peut-on être plus extrémiste que ça ? Quant au Palestinien ces empêcheurs de judaïser en rond sont voués à la disparition.

Aujourd’hui le Hamas est le vilain parce que musulman, quelle calamité, mais souvenons-nous ! Au lendemain de l’élection démocratiquement gagnée par le Hamas selon les observateurs occidentaux, les États-Unis et l’Union européenne ont imposé trois conditions au nouveau gouvernement : dénoncer la violence, reconnaître l’État d’Israël et accepter les accords signés entre Israël et les  Palestiniens. Bien entendu rien n’a été exigé du gouvernement israélien.
 La question qui se pose est, pourquoi le Hamas a maintenu, malgré des pressions urbi et orbi, son refus de reconnaître l’État d’Israël ?

C’est simple à se pisser contre : lorsque l’OLP et le Fatah laïque ont fini par accepter cette reconnaissance, ils n’ont pour ainsi dire rien obtenu en échange, ni État palestinien ni capital à Jérusalem-Est. Ni, non plus, l’acceptation par Israël de sa responsabilité dans l’exode des Palestiniens de 1947-1949, ni a fortiori celle du principe du « droit au retour » (ou à des compensations) des cinq millions de réfugiés.

Pis, Israël a baptisé Arafat de parrain du terrorisme et l’a assiégé après avoir anéanti les forces de sécurité palestiniennes ; Abou Mazen l’a remplacé, et Israël n’a pas trouvé le temps de négocier avec lui. Ce pourrissement provoqué et jumelé à une corruption du gouvernement Mazen a culminé par l’élection du Hamas. La population palestinienne fut punie d’avoir exprimé librement sa volonté, par un embargo, qui n’est pas sans rappeler celui de l’Irak, voulu par la communauté internationale chapeautée par les Américains et qui engendrera les tensions entre le Fatah et son président d’un coté et le Hamas de l’autre.

Le Fatah d’Arafat a mis 20 ans pour officialiser une reconnaissance de l’État d’Israël, il s’est fait entuber en retour par le duo Barak-Clinton. Le Hamas n’a eu aucune marge de manœuvre. Couteau sous la gorge, il a accepté de former un gouvernement d’union nationale avec le Fatah en dépit d’une forte opposition de deux puissants ennemis ; un segment des cadres du Fatah et des néoconservateurs américains. La plate-forme politique qui en est sortie est une reconnaissance de facto de l’État d’Israël ainsi qu’un endossement du mécanisme des accords d’Oslo. Mais ça, personne ne l’a perçu, trop aveuglé par l’épouvantail islamique qui faisait frémir les bonnes gens trop complaisants face aux massacres aux noms du droit de représailles.
 Une fois de plus le destin des Palestiniens se transforme en sable et leur coule des mains. Les Israéliens, éternelles victimes, sont assurés de l’impunité à combattre un terrorisme qu’ils fabriquent.

Le sort de la population palestinienne dans l’immédiat et des populations arabes à court terme est aussi enviable que celui d’un mouton plongé dans un vivarium grouillant de sauriens.


(1) Bible, Nombres XXIII, 9.

(2) Bible, Deutéronome, XI 25.

(3) Bible, Deutéronome, XI 27.


 

Voici quelques vidéos proposées par Raphaël Berland :
 

Un « pique-nique » pour admirer les bombardements sur Gaza

 

Manifestation sioniste à Tel Aviv (activez les sous-titres)

 

Interview croisée entre un palestinien et un israëlien

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