Le mythe de la création de richesse

Le mythe de la création de richesse… C’est un des pires mythes dont personne je pense n’a été épargné. En effet, selon ce mythe, aucune richesse ne peut-être distribuée si elle n’est pas déjà créée. Ce qui va tellement de soi qu’il va presque sans dire. Or qu’en est-il vraiment ?

La richesse nait-elle vraiment que de la richesse ? Je veux bien à partir du moment où nous vivons dans un système capitaliste où celui qui dépose de l’argent en banque en ressorte avec davantage après quelques années. Mais de là à dire que la richesse crée de la richesse, je crois qu’il y a comme un artéfact. En effet, sans outil de production et mode d’organisation hiérarchisé comme nous pouvons en connaitre aujourd’hui et résultant de sociétés passées, cela serait tout simplement impensable et irréalisable…

Maintenant que nous avons vu que l’argent ne nait pas de l’argent (pour ceux qui auraient encore des doutes et qui penseraient que l’argent est auto-réplicatif, qu’ils tentent l’expérience…), mais d’un mode d’organisation social et sociétal déterminé, pourquoi nous rabat-on les oreilles avec un tel mythe ? C’est très simple, mon bon monsieur : pour que vous vous teniez bien coi. On prétend également que les caisses publiques (État, sécurité sociale) sont vides, qu’on accueille trop d’étrangers « mange-pain » chez nous, que les jeunes ne veulent pas travailler, sont des fainéants, que les salariés sont des tire au flanc et les fonctionnaires des privilégiés…

Bref tout un cocktail létal néo-libéral (et donc fasciste) que l’on nous serine depuis quelques temps déjà. Cependant, lorsqu’il s’agit de faire « roquetter » les profits, stock-options et parachutes dorés, les moyens ne manquent pas : crédit revolving, subprimes, CDS et j’en passe… Et là, bizarrement, la loi n’existe pas (l’État dispendieux si utile pour maintenir la paix sociale et protéger nos ressources stratégiques au moyen-orient de « l’axe du mal » ou des « pays voyous » n’existe donc pas ou tout simplement ne marche pas). Ce n’est pas la fameuse concurrence libre et non-faussée qui prédomine mais la plus pure cupidité, rapacité, servilité, et criminalité…

C’est donc sans crainte ni sans mal penser (comment peut-il y avoir du mal, lorsque le mal fait système, normalité ?) que les richesses publiques (la dette n’est que l’assurance d’argent futur) sont détournées au renflouement d’acteurs privés sans contre-partie de sièges dans des C.A.

Spéculez, vous pourrez toujours vous en tirer, l’État est là qui vous emboite le pas ! La bulle spéculative n’est donc pas une simple bulle de savon ludique et inoffensive, comme certains ont tendance à nous la présenter. C’est l’escroquerie de ce début de siècle… Remarquons donc simplement qu’escroqueries politiques et financières se donnent la main !

De régulation (horreur et damnation, quel est ce mot), il n’en est pas question, aussi minime soit-elle comme la taxe Tobin. Plutôt un nouvel holocauste (nucléaire si possible, ce que nous promet la guerre contre le terrorisme !) que la moindre limitation !

Le libéralisme libertaire, autre nom du néo-libéralisme, n’a qu’une issue : la pure schizophrénie ! C’est de schizo-libéro-terrorisme dont il faudrait parler.

On en viendrait presque à regretter la bonne vieille lutte des classes prolétariat contre bourgeoisie, et son idéologie concomitante : le communisme.

En fait, la seule différence entre néo-libéralisme et communisme, c’est que l’un est un système autoritaire de marché et compagnies, et l’autre un système autoritaire d’État et de parti.

Tout cela n’est certes pas un programme politique, mais que ce texte ouvre des yeux et j’en serais heureux. Rappelons simplement qu’aucune richesse nait de la richesse, c’est de l’organisation de sociétés humaines que nait la richesse et que si le religieux était l’ancien mode d’organisation des sociétés, le politique ne semble guère faire mieux. Bien sûr ceci n’engage que mon simple avis. Reste qu’à ce jour l’idée de démocratie me semble toujours la plus appropriée, et pas celle d’une pseudo-démocratie à la sauce impérialiste, hypercapitaliste et atlantiste.

Mais bien plutôt une démocratie à la fois directe et représentative, paritaire et à mandat unique soit encore à défendre et ceci non pas seulement à l’échelle nationale mais également mondiale.

Qu’est-ce que serait l’histoire et la mondialisation sans cela ?

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