Ils sont fous ces « antifas », par Etienne Chouard

De plus en plus dingue et confus : des prétendus « antifas » dénoncent , avec ce courage très anonyme des corbeaux professionnels, les personnalités et mouvements suivants :

– Frédéric Lordon
– ATTAC
– Le Monde diplomatique
– Alain Gresh
– les Économistes atterrés
– Thomas Coutrot
– René Balme
– Reopen911
– la CGT
– Le Front de Gauche…

Le texte « antifa » (enfin, soi-disant antifa) que je reproduis ci-dessous répond à un article (formidable) de Frédéric Lordon que j’avais signalé ici :

F. Lordon : « Conspirationnisme : la paille et la poutre » – Jean Quatremer voit des complots partout

Cet article « antifa » est un collier de perles de sottises (agrémentées de pépites de mensonges), un véritable objet d’étude de ce qu’on pourrait appeler ‘complotisme’, précisément — même si, pour ma part, je n’utilise jamais ce mot car je considère ESSENTIEL POUR L’AUTODÉFENSE D’UNE DÉMOCRATIE DIGNE DE CE NOM que tous les citoyens (y compris de faux antifas) puissent à tout moment dénoncer librement les complots, quitte à se tromper (peu importe : on y verra clair à l’occasion des controverses publiques) ; ça s’appelle l’ISEGORIA.

Ils serait temps que les vrais antifas se désolidarisent des fous furieux qui se font passer pour eux, qui détestent la patrie et qui voient des complots fascistes partout, non ? Sinon la dénonciation par un « antifa » va bientôt finir par devenir une vraie légion d’honneur, décernée aux seuls vrais défenseurs de la patrie, contre les ultrariches (toujours apatrides) du moment.

Ceci dit, il faut quand même reconnaître qu’on a ici du grain à moudre pour comprendre leur raisonnement (foireux).

Bon courage à tous les résistants.

Faut-il jeter le Diplo avec l’eau du complot ?

De : proletaires degauche [sic]
À Frederic Lordon
Intellectuel de gauche
Journaliste de gauche
Chercheur de gauche

Copie à : ensemble des « intellectuels » auto-proclamés du Monde Diplo et d’Attac et autres.

Cher Monsieur Lordon,

C’est avec un étonnement certain, que nous avons lu votre récente tribune intitulée « Conspirationnisme, la paille et la poutre ». Si nous avions été du genre Indignés, nous vous le disons sans ambages, nous aurions été indignés.

Le titre nous avait alléché : eu égard aux errements récents du Monde Diplomatique et de l’extrême-gauche souverainiste, nous pensions qu’il s’agissait d’une auto-critique. Il y avait en effet matière à un article aussi long que celui que vous avez rédigé. Vous auriez commencé par dire qu’il ne suffisait pas de blâmer les gens qui succombent aux sirènes du conspirationnisme d’extrême-droite, dans la mesure où la plus grande faute venait bien évidemment des intellectuels , des experts et des journalistes étiquetés « gauche alternative » qui avaient diffusé et repris des thématiques conspirationnistes et néo-fascistes dans leur propre presse.

Rien qu’avec Le Monde Diplo, vous aviez du lourd : par exemple Alain Gresh prenant la plume pour faire de la publicité à Paul Eric Blanrue, présenté par Faurisson comme son successeur, les conférences des Amis du Monde Diplo avec comme invité d’honneur Etienne Chouard, passé depuis longtemps à la mouvance souverainiste d’extrême-droite et qui accueille des néo-nazis sur son mur Facebook. [re sic]

Au vu de vos nombreuses activités dans la sphère souverainiste « de gauche », vous auriez pu élargir : par exemple, vous appartenez au collectif des Economistes aterrés, auquel collabore également Thomas Coutrot. Ce dernier participera en septembre à un colloque organisé par René Balme , le maire de Grigny, et sera également présent le président d’ATTAC Pierre Khalfa. Cet élu anciennement du Parti de Gauche, soutient officiellement l’association d’extrême-droite Reopen 911, à qui peut être légitimement attribuée une bonne part de la diffusion des thèses antisémites et complotistes à grande échelle depuis dix ans. Monsieur Balme publiait également de la propagande négationniste sur son site Oulala.net.

Votre camarade Coutrot se vautre donc dans la collaboration la plus ouverte qui soit avec un rouge-brun, comme d’autres avant lui.

Nous comprenons que tous ces épisodes, témoignant au mieux d’un niveau hallucinant d’aveuglement et de crétinerie de la part des « experts » du Diplo et autres figures de la gauche souverainiste, au pire d’un accord quasi-total des mêmes avec les thèses les plus absurdes et les plus dangereuses qui soient, vous gêne quelque peu aux entournures. Surtout depuis que ces épisodes ont été médiatisés à une échelle assez large, alors que leur dénonciation par des militants de base était jusque là restée assez confidentielle.

Mais ce n’est pas une raison pour mettre les turpitudes de vos amis et collègues sur le dos des autres.

C’est pourtant bien ce que vous faites dans votre texte, où sans honte aucune, vous attribuez au « peuple » et à la « plèbe » la responsabilité de l’essor du conspirationnisme. Autant vous dire , qu’en tant que membres lambda de la plèbe, nous ne comptons pas payer pour vos conneries, quand bien même le cadeau empoisonné que vous cherchez à nous offrir est enrobé de flatteries paternalistes et étayé par des citations de Spinoza.

Ainsi donc, comme Spinoza vous pensez qu’ « Il n’est pas étonnant que la plèbe n’ait ni vérité ni jugement, puisque les affaires de l’Etat sont traitées à son insu, et qu’elle ne se forge un avis qu’à partir du peu qu’il est impossible de lui dissimuler.

Vous ajoutez à propos du conspirationnisme « au lieu de voir en lui un délire sans cause, ou plutôt sans autre cause que l’essence arriérée de la plèbe, on pourrait y voir l’effet, sans doute aberrant, mais assez prévisible, d’une population qui ne désarme pas de comprendre ce qu’il lui arrive, mais s’en voit systématiquement refuser les moyens.

Et vous en appelez donc à la « charité intellectuelle », envers les masses plébéiennes incultes mais pleines de bonne volonté .

Il y a juste une petite chose qui manque dans votre raisonnement plein de bonté à l’égard de ce prolétariat si bête, mais qui ne le fait pas exprès. A aucun moment de votre texte, vous n’apportez un quelconque élément qui tendrait à prouver que le conspirationnisme imbécile ( car il y en aurait un intelligent, le vôtre, mais nous y reviendrons ensuite ) émanerait de la plèbe.

Et pour cause, ce n’est pas le cas.

Le mythe du complot juif, sioniste, franc-maçon, eurabien, peu importe trouve ses racines depuis toujours dans certains cercles de la bourgeoisie : le Protocole des Sages de Sion émanait de la police des tzars, et un siècle plus tard, ce sont conjointement des républicains d’ultra-droite, des dictateurs d’Amérique du Sud , du Moyen-Orient, de Russie ou des intellectuels bourgeois d’extrême-droite traditionnelle qui les réactualisent et les diffusent à très grande échelle.

Et à gauche, cher Monsieur, ce n’est certes pas dans une section syndicale ou dans un collectif de chômeurs et de sans-papiers que des individus et des groupes ont embrayé depuis plus de dix ans sur la propagande fasciste : Bricmont, Gresh , Collon ne sont pas des ouvriers ou des employés.

Reopen 911, à la base a été crée par des jeunes surdiplomés membres notamment des Verts, pas par des syndicalistes en lutte de chez Mc Donalds.

Le conspirationnisme soit-disant antisystème n’est pas l’idéologie souterraine et marginalisée que vous décrivez, et ses relais médiatiques et politiques sont immenses et ne concernent pas uniquement sa version libérale que vous dénoncez à juste titre : Marion Cotillard, Bigard, Christine Boutin qui ont défendu les thèses les plus délirantes sur le 11 septembre ne sont pas des « exclus ».

Meyssan, lui-même, à l’origine a profité d’une surexposition médiatique énorme à l’époque de la publication de L’effroyable Imposture. Même Soral ou Dieudonné , pour ne citer qu’eux sont invités chez Taddei ou Bourdin.

Bien des syndicalistes, des militants de base aimeraient subir un tel ostracisme !

Le conspirationnisme est donc bien une idéologie créée par la classe dominante et propagée par cette même classe dominante. Ce n’est pas du tout une réaction du « peuple » ou des prolétaires à la base.

Que le poison conspirationnisme ait aussi contaminé les réflexions des prolétaires et de leurs organisations, ça par contre, c’est une réalité.

Mais la faute à qui ?

Il suffit de lire votre article pour le savoir.

Après avoir attribué aux cons de pauvres que nous sommes certains excès du conspirationnisme, le second objectif de votre article consiste donc à dire qu’il y aurait un autre conspirationnisme, un vrai, un intelligent, un de gauche, le vôtre.

La preuve, il y a des complots que personne ne peut nier, dites-vous et vous voilà tout fier de sortir de votre chapeau un exemple prétendument probant : cinq grandes banques d’affaires se sont entendues pour obtenir quelque chose à la Bourse et elles ne l’avaient pas annoncé publiquement !

Non, sérieux, quel truc de fous ! Donc il y a des bourgeois et des patrons pour avoir des stratégies communes et ne pas les dévoiler partout ? Ils discutent ensemble pour faire plus de profits et faire pression sur les politiques ?

En voilà une découverte…il fallait bien aux masses ignares, l’appui d’intellectuels tels que vous pour prendre conscience de cette extraordinaire et surprenante réalité.

On va vous en apprendre une autre : figurez-vous que dans n’importe quelle boîte bien française, fabriquant par exemple des conserves de carottes, le patron discute assez souvent avec la maîtrise pour essayer de tirer le maximum de productivité de ses employés , et le minimum de résistance aux cadences. Et ben, ces discussions ils ne les rendent pas publiques. Pire, il leur arrive également d’organiser des réunions avec des patrons de boite qui fabriquent des conserves de haricots verts pour mettre en commun leurs idées concernant l’exploitation maximale, et ils ne le disent pas non plus, même au délégué de la CFDT.

Encore plus étonnant : quand des salariés de ces mêmes boîtes décident de préparer une bonne petite grève des familles, ils ne font pas de compte-rendu de chaque réunion préparatoire au patron.

Donc tout le monde complote ? Oui, évidemment.

Mais ce constat n’a absolument rien à voir avec les présupposés du conspirationnisme : celui-ci ne consiste pas à dénoncer la stratégie complotiste en général, mais à prôner l’existence d’une conspiration ultime qui expliquerait l’ensemble des phénomènes sociaux et de la domination .

Dis moi qui tu dénonces, je te dirai qui tu veux épargner, pourrait être la base de l’analyse critique du conspirationnisme.

On peut d’ailleurs très facilement le faire avec votre texte en prenant les institutions , les personnes et les idéologies que vous désignez comme complotant contre le bien-être des « peuples ».

Vous parlez des banques américaines, des institutions européennes, des politiciens libéraux, des institutions et des organisations supranationales. Vous évoquez comme résultat de leurs intrigues soit des textes européens , soit des lois françaises comme la loi de 73 qui ont effectivement transféré une part de la souveraineté des Etats bourgeois .

Par contre, il n’y a rien sur le MEDEF, rien sur les politiciens nationalistes et les politiques protectionnistes toujours favorables aux patrons du cru et désastreuses pour les salariés et l’ensemble de la population. Avec vous, le mal vient toujours de l’étranger, le capitalisme est mauvais seulement quand il est internationalisé et financier.

A parcourir les articles de votre blog, on n’entend parler que de cela : la finance, la finance, la finance, l’Europe, la finance, la finance, la finance.

Et de nous abreuver de mécanismes complexes, de stratégies multiples orchestrées à Bruxelles et Washington et relayées naturellement par nos « politiciens néo-libéraux », simples valets des « spéculateurs » .

Oh sans doute avez-vous raison, on ne nous dit pas tout sur les complexes calculs capitalistes . Et après ?

Oui, et après ? Ce que l’on sait, ce que l’on ne nous cache nullement ne serait-il pas suffisant pour lutter et trouver les outils adéquats pour la lutte ?

Le conspirationnisme ne pose en effet jamais cette question du savoir existant, savoir qui découle du vécu de chaque prolétaire, l’extorsion permanente de sa force de travail dans le rapport salarial ordinaire.

Nous avons derrière nous deux cent ans au moins de lutte des classes mondiale et mondialisée : quelles que soient les formes particulières qu’ait pris le capitalisme, le rapport social qui est à sa base n’a jamais changé. Le colosse aux pieds d’argile est toujours le même, et chacun d’entre nous, lorsqu’il fait grève, lorsqu’il bloque la production par divers moyen, prend conscience à l’échelle locale, nationale ou internationale de son infinie fragilité. Chacun dans les moments de rupture sociale qu’incarne l’acte le plus infime de la lutte de classe se rend compte de la puissance collective à laquelle il peut participer. Demain, si les prolétaires du monde entier le veulent, c’en est fini du capitalisme .

Cette réalité là s’appelle la conscience de classe. Et la formidable épopée du mouvement ouvrier des siècles passés, épopée qui a réuni des millions d’hommes et de femmes qui n’en savaient pas plus que nous et même beaucoup moins sur les régulations du marché et les mécanismes bancaires démontre que certes, le savoir est une arme, mais pas n’importe lequel.

Ce dont nous avons besoin c’est d’un savoir vivant et autonome, sur l’histoire de nos luttes, sur l’organisation concrète de la production et de l’exploitation salariale, sur la manière dont la résistance s’organise partout et tout le temps.

Vous êtes vous seulement demandé pourquoi, sur la loi de 73 ou sur les grands scandales bancaires, l’on trouve des articles somme toute aussi détaillés et complets sur Fdesouche que sur le Monde Diplomatique ou chez ATTAC ?

Non, ce n’est pas parce que les fascistes récupèrent ce qui serait à la base utile au camp des progressistes et de la lutte des classes.

C’est parce qu’au mieux, cela ne sert à rien et qu’au pire, malheureusement concrétisé , cela sert les intérêts du camp adverse, de deux manières.

Tout d’abord, cela permet de détourner la colère et l’énergie contre des cibles inaccessibles et symboliques : en cela le Front de Gauche , que vous soutenez, a réellement fait des miracles. Combien de rassemblements sans débouché ni dérangements pour la bourgeoisie devant les banques et les agences de notation, quand l’heure était évidemment au développement de mouvements sociaux concrets contre les patrons, à l’action concertée des usagers et des salariés dans les services publics menacés, à la coordination de tous les mouvements existants, non pas pour une centralisation vide d’efficacité, mais dans des stratégies réfléchies comparables à celles qui bloquaient la production pendant le mouvement des retraites.

Et en cette rentrée, c’est reparti pour un tour : vous voilà tous , de la direction de la CGT, à celle de tous les mouvements altermondialistes , et naturellement au Front de Gauche à appeler à centrer les mobilisations autour du vote du traité MES.

Bien sûr, une nouvelle fois, c’est aussi la campagne de rentrée de l’extrême-droite : et des deux côtés de l’échiquier, ça va pétitionner, ça va référender, ça va en appeler à la défense de la Nation menacée par la gouvernance transnationale…et naturellement laisser en paix quasi-totale notre bon patronat local qui de la plus petite PME à la plus grosse boite n’aura pas à craindre de mouvement d’ampleur si l’on ne doit compter que sur l’influence de la gauche « radicale ».

Si l’on était conspirationnistes, l’on dirait qu’au sein d’ATTAC, du Monde Diplomatique et du Front de Gauche, ça complote sec pour nous détourner de la réalité et nous précipiter dans les bras du nationalisme et du souverainisme, impasses mortifères pour les luttes.

Mais nous ne le sommes pas, on se contentera de dire que vous parlez à partir ce que vous savez, à votre niveau de l’échelle sociale : il est parfaitement normal que vous soyez nostalgiques d’un ordre ancien, celui d’un temps ou les souverainistes de gauche avaient l’écoute et le respect de toute la bourgeoisie.

Dans les années 90 et 2000, vous avez été médiatisés, l’altermondialisme régulateur était reconnu comme un « interlocuteur » et une « opposition valable ». Et pour cause, vos tirades appelant à défendre les nations contre le capital international ont eu une utilité certaine , de même que vos focalisations sur la « finance » et le « mondialisme apatride ». Ils ont ouvert les portes aux vieilles thèses conspirationnistes et antisémites dans le mouvement ouvrier.

Aujourd’hui le boulot est fait, et vous ne servez plus à rien : par exemple, en dénonçant la loi de 73 comme un point fondamental de la situation économique actuelle, vous avez fait les trois quarts du boulot pour les fascistes, il leur suffisait de souligner que la banque Rotschild avait soutenu cette loi, et hop, les Rotschild étaient donc spécifiquement et fondamentalement coupables plus que les patrons bien de chez nous.

Vous avez écrit des tartines et des tartines pour démontrer que tout se passait en secret à Bilderberg, aux Diners du Siècle où à Bruxelles, et à cause de vous, une partie des prolétaires s’échine à chercher de prétendus secrets et se perd à désigner des boucs émissaires, quand le plus grave est là sous son nez, dans son usine, dans son quartier dans sa boite, là ou l’on peut changer les choses , tout de suite, maintenant.

Votre « bon » conspirationnisme n’est que le chemin qui mène au mauvais, et réduit au pessimisme paranoïaque et impuissant ceux qui pourraient au contraire réaliser la force collective qu’ils ont potentiellement.

Alors , monsieur devant ce gâchis, ayez au moins la décence de ne pas nous en faire porter le poids.

Et si les « dépossédés » que nous sommes selon vous peuvent se permettre un conseil, consacrez plutôt votre énergie à vous débarrasser des vieux démons du conspirationnisme antisémite qui possède une partie de la gauche française depuis bien longtemps, ce qu’Engels appelait à juste titre « le socialisme des imbéciles », en ciblant non pas les prolétaires , mais les leaders qui déjà à l’époque embrayaient le pas aux pires nationalistes en espérant tirer les marrons du feu.

Source : http://luftmenschen.over-blog.com/article-faut-il-jeter-le-diplo-avec-l-eau-du-complot-109766668.html

Pas de nom… Les courageux « antifas » ne signent jamais leurs calomnies… Dans ce tissu de sottises, je retiens quand même un éclair de lucidité :

« Dis-moi qui tu dénonces, je te dirai qui tu veux épargner, pourrait être la base de l’analyse critique du conspirationnisme. »

Je ne vous le fais pas dire 🙂

Hervé Kempf et François Ruffin (Fakir) aussi (c’est juste pas croyable) sont la cible de ces abrutis d' »anti-conspis ». Décidément, « anticonspis » et « antifas » sont les deux mamelles de la tartufferie intolérante :

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme
jeudi 24 janvier 2013

http://paris.indymedia.org/spip.php?article12785

Ce soir, le café coopératif La Veilleuse (Paris 20e) reçoit l’équipe du site Reporterre.net, fondé par Hervé Kempf, journaliste au Monde. L’occasion de revenir sur le contenu de ce site consacré à l’écologie mais qui baigne dans le confusionnisme le plus total.

Reporterre, site qui se veut une référence en matière d’écologie, est représentatif d’une tendance hélas grandissante du mouvement écologiste qui, par manque sans doute de culture politique, tend à ouvrir ses portes à quiconque se dit – même vaguement – ami de la nature, sinon décroissant. « Reporterre veut être le forum de tous ceux qui imaginent le nouveau monde, un monde où l’on arrêtera de détruire l’environnement et qui retrouvera l’idéal de la justice », clame la courte présentation du site. Au nom du « débat », de la « démocratie » et de la « liberté d’expression », la porte est donc ouverte à tous les vents : sociaux-démocrates de droite, de gauche, du centre, consuméristes, complotistes, mystiques en tous genres, groupuscules d’extrême droite.

La « une » du jour est représentative de cette ligne éditoriale fourre-tout :

On y retrouve entre autres la porte-parole de l’écologie de droite Corinne Lepage, un communiqué des conspirationnistes de ReOpen911, aux côtés d’articles piqués chez Attac ou chez CQFD, des thématiques « développement durable » promues par les autorités et l’industrie « verte » (les « produits bio-sourcés »), des promoteurs de la non-violence version gandhiste (l’association Gandhi international) un poème d’une militante d’Attac, Béatrice Turpin, qui prétend jouer les radicales, un reportage sur le chantier de la gare de Stuttgart en Allemagne, un article anti-gaz de schiste fouillé… Bref : de tout et de n’importe quoi, et une abondance de copiés-collés sans lesquels le site, essentiellement alimenté par la rubrique « une minute, une question » (des quidams connus ou inconnus « développant » une thématique en une minute chrono), ne serait qu’un bréviaire de « fast-thinking » militant.

Il serait fastidieux de dresser un inventaire exhaustif du contenu du site. Contentons-nous de pointer les contenus les plus problématiques, et notamment la promotion que ce site a apporté ou apporte à des groupes conspirationnistes, rouges-bruns ou d’extrême droite. On retrouve ainsi sur Reporterre :

– Le micro-parti fascisant La Dissidence et son leader Vincent Vauclin : http://www.reporterre.net/spip.php?article2201

– Etienne Chouard, à deux reprises (dont une des toutes premières interviews du site) : http://www.reporterre.net/spip.php?article1651

– ReOpen911 : http://www.reporterre.net/spip.php?page=recherche&recherche=reopen

– Michel Collon et ses amis : http://www.reporterre.net/spip.php?page=recherche&recherche=collon

– Le site rouge-brun Le Grand Soir, encore très récemment : http://www.reporterre.net/spip.php?page=recherche&recherche=legrandsoir

– Le complotiste Thierry Meyssan, qu’on ne présente plus : http://www.reporterre.net/spip.php?article130

– Une large collection d’indinaiseries : http://www.reporterre.net/spip.php?page=recherche&recherche=indign%C3%A9s

– Des leçons de morale productiviste de François Ruffin, tenancier de Fakir et qui promeut dans son journal la revue rouge-brune Bastille-République-Nations ou dans le dernier film de Pierre Carles les thèses de Jacques Cheminade ou de Nicolas Dupont-Aignan : http://www.reporterre.net/spip.php?article2836

– Des « analyses » complotistes sur le virus H1N1, la pire étant sans doute celle fournie par le climato-sceptique (sur un site écolo, bravo…) américain Frederick William Engdahl, collaborateur de Russia Today mais aussi de la revue d’extrême droite italienne Eurasia, analyse que Reporterre a été copier sur le site Oulala.net de René Balme et sur Mondialisation.ca de Michel Chossudowsky : http://www.reporterre.net/spip.php?article549

– Une promotion du numéro d’octobre 2012 de la revue pourtant d’ordinaire plus regardante Silence !, dans lequel on trouve une interview du compagnon de route des négationnistes Jean Bricmont, qui se voit donc par ricochet promu sur Reporterre : http://www.reporterre.net/spip.php?article3282

– etc.

En ouvrant ainsi ses colonnes à des tels écrits, le site Reporterre participe de la confusion des genres et, même indirectement, à la récupération par les mouvements les moins recommandables des thématiques écologistes – conspirationnistes, extrême droite et rouges-bruns productivistes étant en ce moment au taquet sur ces questions.

Plus généralement, que Reporterre puisse être perçu comme un site de référence en matière d’écologie ne manque pas de nous étonner, tant son contenu – même quand il ne fait pas la promotion des sus-cités – est globalement indigent et se situe dans la ligne de la pensée écologiste dominante, à savoir une ligne sociale-démocrate et développement durable qui n’a absolument rien de radicale.

Ceux qui font la promotion d’un tel site et acceptent de servir de faire-valoir à ses « journalistes » se rendent complices par là même de l’inquiétante dépolitisation qui mine de manière grandissante le mouvement écologiste et finit par rendre inaudible toute forme d’écologisme radical.

Action Anti-Conspis Paris-Banlieue.

Source : http://paris.indymedia.org/spip.php?article12785

Notez encore ce remarquable courage des corbeaux anonymes

À quelque chose malheur est bon : ceux qui ne connaissaient pas L’EXCELLENT SITE « REPORTERRE » d’Hervé Kempf, pourront le découvrir à cette occasion ! Ils sont marrants, ces « antifas » : ils sont en train de nous baliser les meilleures sources du net pour rester correctement informés contre les chiens de garde de l’Empire marchand. 😉

Le point commun des attaques (anonymes) des « antifas » et des « anticonspis », c’est que ces attaques s’en prennent toujours à des opposants à la guerre, à ceux qui résistent aux manœuvres impériales, à ceux qui ciblent précisément les grands banquiers d’affaires, aux défenseurs de la patrie => pas difficile de comprendre pour qui travaillent EN FAIT les « antifas » et les « anticonspis ».

Le vrai mystère n’est plus de savoir s’ils croient eux-mêmes à tous leurs mensonges et amalgames foireux, mais de savoir s’ils sont bien payés pour leur sale besogne.

Étienne Chouard

Source : Plan C

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A propos de l'auteur :

Je suis Webmaster depuis 1998, et producteur de musique reggae (Black Marianne Riddim). Je suis un grand curieux, je m’intéresse à beaucoup de sujets (politique, géopolitique, histoire des religions, origines de nos civilisations, …), ce qui m’amène à être plutôt inquiet vis-à-vis du Choc des Civilisations que nos dirigeants tentent de nous imposer.

a écrit 866 articles sur ce site.


13 commentaires

  1. A propos d’Indymedia, et notamment sur Ornelle Guyet qui s’y faisait passer pour une antifasciste du nom de « Marie-Anne Boutoleau » :

    http://www.u-p-r.fr/actualite/upr/qui-veut-nuire-a-lupr-dr-jekyll-mrs-hyde-lantifasciste-boutoleau-et-la-tres-americanophile-professor-guyet

  2. bernie dit :

    Effectivement, pas facile de suivre leur raisonnement tordu!
    Ce genre de texte doit même faire ouvrir les yeux à certains de leurs partisans manipulés..

  3. Morpheus dit :

    Je relaie ici un essai du Courant Communiste International qui dénonce, précisément, l’ « antifascisme radical » en illustrant l’analyse avec des cas historiques. C’est très instructif pour bien comprendre qui se cache en réalité derrière ces courageux anonymes au faux nez anarchistes prétendument « antifascistes ».

    http://fr.internationalism.org/french/brochures/democratie_fascisme_anti_fascisme_extreme_gauche.htm

    Morceaux choisis :

    « Alors que « l’antifascisme bourgeois » classique, tel celui d’un Churchill ou d’un De Gaulle, fonde sa propagande sur la défense du libéralisme capitaliste et de la démocratie parlementaire « garantie de liberté », « l’antifascisme révolutionnaire » prétend, lui, se fonder sur la défense des intérêts de la classe révolutionnaire. Toute sa mythologie s’appuie sur un mensonge, pourtant démenti des dizaines de fois par l’histoire, à savoir : l’opposition fascistes et fractions démocrates de l’appareil politique de la bourgeoisie peut, à certains moments, recouvrir, traduire, l’antagonisme qui oppose la bourgeoisie au prolétariat. »

    « Si l’on se réfère à l’histoire des luttes ouvrières écrasées par le capital, de telles assertions apparaissent immédiatement comme de vulgaires et ignobles mensonges historiques. Si l’on se réfère à la défense des intérêts historiques du prolétariat, il apparaît tout aussi nettement que de tels arguments ne peuvent provenir que d’un camp totalement étranger aux luttes révolutionnaires du prolétariat. »

    « Affirmer que la droite est l’organe spécifique de la répression des luttes prolétariennes et présenter les régimes « démocratiques » comme une sauvegarde, une aide, même provisoire, contre celle-ci, c’est se moquer grossièrement de toute l’expérience tragique du prolétariat.

    La « gauche démocrate » a joué directement le rôle de « chien sanglant » ; parmi d’autres exemples :

    >>> contre l’insurrection ouvrière de Berlin en 1919 (c’est le gouvernement social-démocrate d’Ebert-Scheidemann, avec l’ouvrier « socialiste » Noske, qui a fait couler le sang ouvrier dans les rigoles des rues de Berlin).

    >>> contre les premières révoltes de la classe ouvrière espagnole rapidement déçue par la « démocratie » de 1931 (c’est le gouvernement « social » d’Azana qui a assumé la responsabilité de les réprimer violemment : en juillet 1931 à Séville, en janvier 1932 en Catalogne, en janvier 1933 contre les ouvriers agricoles de Casas Viejas – le gouvernement avait donné l’ordre de raser le village si nécessaire).

    >>> contre l’insurrection des ouvriers polonais de décembre 1970 (c’est le très « antifasciste » parti ouvrier polonais qui a commandé aux milices et aux blindés de tirer sur les foules de manifestants).

    Ce ne sont là que quelques-uns des cas les plus nets car comme nous le verrons, c’est surtout en collaboration avec la droite que la gauche a joué son rôle de répression du prolétariat. »

    « Curieuse « ignorance » que celle des trotskistes, des maoïstes et autres anarchistes, tous ces antifascistes « radicaux » qui « oublient » si facilement que dans tant de cas, et pas des moindres, ce n’est ni la « droite » ni « le fascisme » qui ont constitué l’organe spécifique de la répression bourgeoise contre la classe ouvrière mais bel et bien la très « démocratique » et très « antifasciste » gauche du capital. »

    « Le droit d’élire démocratiquement son bourreau, d’octroyer aux chefs de la « police démocratique » un label de « représentants du peuple ».. La « liberté électorale » n’est que le moyen de légaliser par une mascarade vide, la dictature du capital sur la société. »

    Morpheus

  4. tutu8 dit :

    L’antifaschisme est le socialisme des imbéciles

  5. Tai dit :

    Bah c’est simple les antifas sont des agents américains.

  6. Morpheus dit :

    « SUITE AUX AGISSEMENTS (sic) D’ETIENNE CHOUARD – LETTRE COLLECTIVE DE LA MAJORITÉ DES PARTICIPANTS DU FILM DÉDALE »

    http://youlountas.net/spip.php?rubrique84

    Édifiant.

    Rappelons la réaction de Étienne Chouard, à propos de la censure et des mesures d’intimidation à son encontre par les antifascistes, propos tenus en public à Toulouse, le 22 novembre 2012 (voir vidéos sur le net).

    « A mon avis, ce qui s’est passé avec Utopia va se reproduire. Je vous explique en deux mots comment j’analyse le truc. Je conteste, en analysant le TCE, puis en analysant la Constitution française, puis finalement toutes les Constitutions du monde que j’analyse comme des prisons, je me dis « mais attends, tous ces régimes n’ont JAMAIS été des démocraties, ce sont des ploutocraties qui donne le pouvoir aux plus riches, et depuis le début, depuis 1789 ». Les nouveaux riches (les banquiers et les commerçants) en chassant les anciens riches (la monarchie) ont décidé de mettre en place un régime des riches pour les riches. En observant cela, je conteste radicalement (à la racine) le FAUX SUFFRAGE UNIVERSEL qui consiste à désigner des MAÎTRES au lieu de voter nous-mêmes nos lois, donc [un système] qui nous ravale au rang d’ ÉLECTEURS au lieu de faire de nous des CITOYENS. Donc, je conteste le soi-disant « suffrage universel », je conteste l’institution parlementaire en tant qu’étant notre maître : je n’accepterais des représentants que s’ils étaient des serviteurs [du peuple].

    Ce faisant, je suis démocrate DONC anarchiste et je fais [de facto] cause commune avec les gens qui ont un autre projet de société. Ces gens ne se méfient pas du pouvoir ; eux veulent un POUVOIR FORT, ils veulent un Führer, un Duce, Un caudillo, un Roi, un Dieu, … Je suis [donc] conduit, par les controverses, à en rencontrer, des gens comme ça. Excusez-moi mais ce ne sont pas des « diables », ce sont des gens qui croient vraiment que c’est mieux que la corruption politique, la corruption des banques, … Ils pensent vraiment que, ok, il y aura peut-être des abus de pouvoir s’il y a un Roi, mais un Roi serait mieux que la corruption des banques. Je pense qu’ils se trompent et qu’ils va y avoir des abus de pouvoir dramatiques avec un Roi, mais on peut [néanmoins] leur parler.

    Ce que je veux dire, c’est que ce qu’on appelle couramment les « fachos », ce sont des gens qui pensent que les sociétés ont besoin d’un pouvoir fort, central, un peu tyrannique, parce qu’ils pensent que les humains sont mauvais, sont des incapables. Ces gens-là contestent donc AUSSI l’escroquerie parlementaire, ce que j’appelle, moi, des « voleurs de pouvoir » (je sais qu’il y a des gens bons là-dedans, je sais qu’il y a des gens gentils qui se dévouent au bien commun, je sais qu’il y a des tas – enfin, des tas… – je sais qu’il y a des élus (rires)… non, mais
    il y en a, surtout au niveau local. Ils y a des élus qui se dévouent au bien commun et qui ne méritent pas d’être mis dans cette généralité). Mais bon : les élus ont en commun des ennemis des deux côtés ; ils ont les anar’, qui sont aussi des démocrates (je le découvre à 55 ans : l’anarchie c’est des gens qui se méfient des pouvoirs et qui se débrouillent pour affaiblir les pouvoirs de façon à conserver une espèce de souveraineté populaire et il y a quelque chose de très commun entre les anar’ et les démocrates) et ces gens-là contestent l’institution parlementaire parce que c’est une escroquerie et de l’autre côté, ceux qui veulent un pouvoir fort, un Roi – un « Père », quoi, ou un Dieu – ces gens-là contestent AUSSI l’institution parlementaire.

    Donc, les parlementaires, les pouvoirs en place, ont tout intérêts à mélanger ces deux ennemis parce que c’est difficile de diaboliser les démocrates. Par contre, si vous arrivez à les mélanger au fachos, ça devient facile de les diaboliser. Il leur devient donc très facile de dire alors que « tous ceux qui sont contre l’institution parlementaire sont des ennemis de l’humanité, des ennemis de l’humanisme ». BULLSHIT ! C’est des bêtises, ce n’est pas vrai !

    Tous ceux qui sont contre l’institution parlementaire ne sont pas des ennemis de l’humanisme. [Je sais que] l’école républicaine nous enseigne, effectivement, que tous ceux qui contestent les institutions républicaines sont des « ennemis des Lumières », des ennemis de l’humanité. Mais non ! Quand on devient grand (même si c’est tard), on s’aperçoit que l’institution parlementaire est trompeuse. Nous appelons « démocratie » un régime politique dans lequel nous désignons des maîtres. Je suis en train de devenir une grande personne. Donc, jusqu’à 50 ans j’étais un enfant et maintenant je deviens grand ; comme un ado, je ne veux plus de maître, voilà. T’étais mon père, mais maintenant, c’est plus toi qui va décider, je veux devenir autonome.

    Comme nous critiquons l’institution parlementaire et l’élection, la fronde qui met – nous, les démocrates et les
    anarchistes – dans le même sac que les « fachos » va se durcir. A la limite, je ne leur en veux pas, c’est de bonne guerre ; mettez-vous à leur place, quoi. Le tirage au sort et la démocratie, ça va foutre les élus au chômage. Si nous nous mettons nous-mêmes à écrire nos lois, si nous nous mettons à contrôler les élus par des mandats courts, non renouvelables, reddition des comptes et RIP, il faut comprendre nos représentants. Ils ont réussit depuis deux cent ans à se mettre en position de TOUT décider à notre place et ils vivent dans un confort dont on n’a pas idée (faut voir la cafet’ du Sénat, c’est quelque-chose, hein !), ces gens-là ont tellement à perdre qu’ils vont être méchants.

    Ce qui me désole, c’est que les gens d’Utopia, avec qui j’ai parlé (Rodolphe), je pense que c’est quelqu’un qui
    partage le projet de société qui est le mien, c’est-à-dire moins d’injustices sociales, plus de démocratie, etc. Je pense qu’on a le même projet. Et il se laisse intimider par « Attention, ce gars-là, c’est un fasciste ! » … Attends… Vérifies, quoi. Écoutes ce qu’il dit, tu verras que c’est pas un fasciste. Ce que je conteste, c’est le pouvoir absolu de quelques-uns (les parlementaires) parce que je veux rendre le pouvoir au peuple [le grand nombre] ; les fascistes contestent le pouvoir du Parlement parce qu’ils veulent le pouvoir absolu d’un chef unique : c’est deux choses radicalement contraires ! Est-ce qu’on va être assez fort pour ne pas laisser mélanger les deux projets de société ?

    A mon avis, cette polémique, ce n’est pas la dernière fois qu’on en entend parler. On a intérêt à se préparer à la
    diabolisation par amalgame des démocrates avec les fascistes, sous l’étiquette fallacieuse de « rouges-bruns » [accusation à front renversé]. »

    ___

    Mon commentaire :

    Le hic, c’est que lorsque les antifascistes « forcenés » (comme les appelle lui-même Yannis Youlountas), s’en prennent à Étienne Chouard dans le but de l’empêcher de s’exprimer en public, de faire annuler sa participation à tel ou tel événement, d’écrire des brûlots orduriers, mensongers, insultants et diffamants qui sont publiés par les prétendus « libertaires antifascistes » au sujet d’Étienne Chouard pour lui coller l’étiquette de fasciste ou le mettre à l’index parce qu’il se permet (quelle outrecuidance) de parler avec tout le monde « sans trier, sans faire barrage, sans placer des contre-feux » (sic), donc opérant une censure et un jugement PAR AMALGAME, lorsqu’ils font cela, ils sont les idiots utiles des parlementaires et du pouvoir en place. Ils font – sans qu’on le leur demande – le travail que les élus et les représentants du système qu’ils combattent ont tout intérêt à faire : mélanger un authentique et sincère démocrate et anarchiste avec les fascistes.

    Vraiment, en vous voyant agir ainsi, messieurs les libertaires, j’entends le diable hurler de joie…

    Vos méthodes sont à pleurer. Vous tapez contre votre camp, contre d’authentiques défenseurs de la démocratie, et contre des personnes qui luttent probablement avec beaucoup plus d’efficacité contre le retour du fascisme, que vous avec vos fatwas « antifascistes ». Les fachos, mais aussi les parlementaires et les oligarques, ainsi que les ploutocrates, doivent bien se marrer en vous voyant faire le travail gratis pro deo.

    Vous êtes très utiles… A l’oligarchie. Qui ELLE, s’accommodera très bien d’un « régime autoritaire » (lire dictatorial) si celui-ci leur permet de maintenir leurs privilèges.

    En fait, les fascistes que vous combattez vous ont déjà vaincu en mettant la haine aveugle dans votre cœur (là, je m’adresse tout spécialement à Yannis Youlountas). Vous êtes devenu comme eux, en utilisant les mêmes méthodes (intimidation, menaces, chantage, amalgame haineux, absence de discernement, absence de réflexion sur le fond, …).

    Triste. Vraiment triste.

    Morpheus

  7. Morpheus dit :

    La théorie du complot est loin d’être idiote dans l’affaire de l’annulation des projections en salle du film « Dédale, un fil vers la démocratie », mais pas forcément venant de Yannis Youlountas, qui dans l’histoire n’est – à mon avis – qu’un AGENT VICTIME du complot.
    J’explique.

    Selon une enquête menée par François Asselineau et l’UPR suite aux calomnies répétées et aux manigances pour faire annuler des conférences (mêmes méthodes utilisées contre Étienne Chouard actuellement), le réseau INDYMEDIA est, selon le site très bien informé DISCOVERTHENETWORKS.ORG, financé par les USA.

    L’ensemble du réseau INDYMEDIA (IMC) recevrait une aide financière :

    – du George Soros’s Open Society Institute
    – de la Fondation Ford (qui est l’un des habituels faux nez des services secrets américains)
    – de la Glaser Foundation
    – de la Tides Foundation (qui aurait versé à INDYMEDIA un don de 376.000 dollars en 2001).

    L’UPR a enquêté en 2011 sur une internaute prétendument « antifasciste » se faisant appeler « Marie-Anne Boutoleau » – en réalité, Ornella Guyet dans le civil.

    Leur enquête révèle assez clairement les liens de cette personne avec les réseaux d’influence et d’intérêts étasuniens. Pour ma part, j’ai l’intime conviction (la quasi certitude), que cette femme agissait en service commandé pour le compte de la CIA, autrement-dit, agissait en tant que barbouze infiltrée dans la mouvance anarchiste / antifascistes / antiracistes.

    Cette méthode d’infiltration est appelée le « noyautage ». Elle est utilisée depuis très longtemps, mais de façon systématique par les USA depuis la seconde guerre mondiale (c’est le principe de la « guerre psychologique » et de la manipulation de « l’opinion publique », ultra théorisée par les grandes agences d’espionnage et de contre-espionnage du monde > MI5, CIA, KGB, STASI, MOSSAD, etc.).

    Donc, noyautée par des agents provocateurs et agitateurs, la mouvance antifasciste est utilisée par l’Empire pour s’attaquer à toute personne ou toute mouvance qui dénonce les manoeuvres de l’Empire et constituent une menace pour leur idéologie et leurs intérêts.

    Comme par hasard, François Asselineau, qui dénonce la construction de l’Union Européenne comme étant un projet des USA pour contrôler et dominer l’Europe en est la cible. Mais aussi Michel Collon, Jean Bricqmont, Thierry Meyssan, qui tous combattent l’Empire et les fomentateurs de guerres, et ensuite, Étienne Chouard, qui a dénoncé en 2005 le TCE et contribué à faire gagner le NON à ce traité, se trouvent également TOUS la cible des mêmes antifascistes …

    Cherchez l’erreur ! (ou cherchez la logique et à qui profite ces manoeuvres)

    On comprend donc aisément qu’en réalité, il y a de grandes chances pour que Yannis Youlountas (que je crois sincère) soit lui-même victime de ces manoeuvres de noyautage par les liens qu’il entretient avec la mouvance antifasciste (dont il se revendique).

    Comme il prend les calomnies et les amalgames pour argent contant, et qu’il n’effectue aucun recoupement, et sans doute parce qu’il est dans une logique intégriste aussi, il devient un agent victime de l’Empire qu’il dénonce et combat par ailleurs. C’est le comble de l’absurde, mais
    c’est une situation qui, historiquement, est loin d’être nouvelle.

    Toutes les mouvances anarchistes, communistes, d’extrême-droite, d’extrême-gauche, ont – et sont noyautées par des agents de l’oligarchie dominante. Ils en ont besoin. Tout ces méthodes sont théorisées depuis le XIXe siècle (il faut lire, par exemple, ce qu’en disait Maurice Joly dans son  »Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu », c’est édifiant).

    Cela étant dit, je considère coupable de la part de Yannis Youlountas de ne pas vérifier, de ne pas chercher à recouper les « informations » (qui toutes proviennent des… réseaux antifascistes français !) par ses propres recherches ou par d’autres canaux d’informations (d’autres sons de cloche), et d’accepter sans vérifier les calomnies et mensonges de ses amis antifascistes. Il se laisse manipuler et fait preuve d’un manque de discernement et d’éthique tragique pour un militant anarchiste. Il est sans doute mu par ses émotions et ses peurs, et c’est tragique.

    Cordialement,
    Morpheus

  8. Jérémy dit :

    Je suis mort de rire, le mec qui a écrit ça pète littéralement un gros câble !
    Le raisonnement peut se résumer ainsi :
    Tu dénonces x.
    Or, les plus grands méchants de l’univers dénoncent aussi x.
    Donc tu es le meilleur ami des dictateurs et des nazis.

  9. AL dit :

    <Jérémy
    "Tu dénonces x.
    Or, les plus grands méchants de l’univers dénoncent aussi x.
    Donc tu es le meilleur ami des dictateurs et des nazis."

    😀
    non seulement c'est très drôle
    mais c'est aussi une mise en évidence très très utile.
    Merci

  10. Goupil dit :

    Agone offre sur Hervé Kempf, un texte qui permet de le voir différemment. En voici un extrait :
    Hervé Kempf ‘prend la peine de distinguer le capitalisme, qui « veut tuer la société », du libéralisme, qui « vise à émanciper les personnes ».’
    http://blog.agone.org/post/2011/02/01/L-anticapitalisme-de-Kempf-a-Guillebaud

  11. BEOTIEN dit :

    Tout peut être vrai. L’histoire du renseignement le demontre à l’envie. Notamment ce que l’ont sait aujourd’hui des réseaux stay-behind behind, ce que la courte période d’accès aux archives du KGB à révélé, ce que les anciens patrons de services ennemis ont reconnu, etc, etc.).

    MAIS pour être convainquant il faut autre chose que « intime conviction », croyance en la sincérité de tel ou tel ou référence aux enquêtes menées par des gens qui, d’un même bord, ou se déclarant victimes d’un adversaire commun, ont un intérêt objectif à affirmer les mêmes choses.

    Certes, on ne peut faire grief à personne de ne pas avoir des compétences d’historien, journaliste, policier… mais ont peut inviter qui lit à ne rien croire avant PREUVE. Ou, à tout le moins, faisceau concordant d’éléments probants dont on s’est assuré que les sources sont distinctes ET indépendantes. Ce en quoi le travail des « antifa » est souvent fort utile. Inclus si on ne partage ni toutes leurs analyses ni tous leurs objectifs, ni leurs croyance en la capacité des masses populaires à inverser le rapport de force selon les méthodes des deux derniers siècles (rendues inopérantes par les technologies permettant d’automatiser le contrôle de chacun). Inclus s’il s’agit « d’agent de la CIA » pourvu que les raisonnements soient justes et fondés sur des informations conformes aux faits.

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