Vers une énième guerre antifa-natios ?

 

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9 commentaires

  1. Reçu par e-mail :

    « Indymedia Lille » publie les éléments suivants :

    ******

    « Annulation venue d’annie lacroix-riz

    Les conspirationnistes n’ont rien à faire dans les débats sur la Résistance !

    Le cinéma L’’Univers doit annuler la venue d’Annie Lacroix-Riz !

    Dans le cadre d’un week-end (8-9 juin 2013) consacré à l’anniversaire du Conseil National de la Résistance, le cinéma L’Univers, à Lille, organise deux conférences auxquelles l’unique personne invitée est Annie Lacroix-Riz, une historienne et militante du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF).

    Annie Lacroix-Riz et la réhabilitation de la thèse de la Synarchie

    Annie Lacroix-Riz s’est notamment fait connaitre à partir de 2006 avec son livre, Le choix de la défaite (Armand Colin). Elle a son petit succès dans le milieu de la gauche alter, mais avec des conférences données en compagnie de Thierry Meyssan, Jacques Cheminade ou Ginette Skandrani, elle s’est également fait une place de choix parmi le gratin du conspirationnisme français.

    Annie Lacroix-Riz défend l’idée que la défaite militaire de la France en mai 1940 est le résultat d’un complot préparé pendant près de 20 ans par la Synarchie, une organisation secrète composée de banquiers, de grands patrons (Comité des Houillères, Comité des Forges, etc.), de technocrates, de syndicalistes et de journalistes. La Synarchie avait un intérêt économique à la guerre et à la défaite, et donc mai 1940… c’est elle !

    La Synarchie, vieille théorie pour fachos d’’aujourd’hui

    Jouant de son statut d’universitaire (elle est professeure émérite à l’’Université de Paris VII), Annie Lacroix-Riz tente de faire passer la Synarchie pour un fait historique, alors que, jusqu’’à ce qu’elle la remette à l’’honneur, il s’’agissait juste d’une théorie conspirationniste oubliée depuis qu’elle avait été en vogue dans les années 40. Annie Lacroix-Riz a une réputation exécrable parmi les universitaires, notamment à cause de sa méthode farfelue : se baser quasi-exclusivement sur des archives policières, qui rapportent certes des rumeurs de l’’existence de la Synarchie.… Pas besoin d’’être universitaire pour savoir qu’’écrire l’’histoire à partir de fiches rédigées par des gens qui écoutent aux portes, c’’est douteux. Et ceux/celles qui veulent lire un travail sérieux sur le mythe de la Synarchie peuvent se référer au livre d’Olivier Dard, La Synarchie. Le mythe du complot permanent (Perrin, 2012).

    Le problème, ce n’est évidemment pas qu’Annie Lacroix-Riz soit une mauvaise historienne. Le problème est politique et Annie Lacroix-Riz n’est ni naïve, ni manipulée. Depuis la publication de son ouvrage, elle dénonce inlassablement, tout en faisant le parallèle entre la situation actuelle et celle des années 30, un « complot synarchique » qui serait en cours et elle n’a jamais exprimée de réticences à ce que des conspirationnistes et des fascistes de tous poils agitent ses grotesques travaux.

    Aujourd’hui, le choix de la défaite, c’est de laisser se répandre les théories conspirationnistes. Il n’y a pas de complot, mais il y a un bien un monde d’oppressions à renverser ! Dans ce combat, les complotistes n’’ont rien à offrir à part des théories fumeuses !

    Conspis, fachos, on vous fera taire !

    Les programmateurs du cinéma L’Univers peuvent être alertés, soit par téléphone (03 20 52 73 48), soit par mail (cinema@lunivers.org et sophiearchereau.lunivers@gmail.com), de notre demande d’annulation de la présence d’Annie Lacroix-Riz lors du week-end sur la Résistance (8-9 juin 2013).

    Dans le cas où le cinéma L’’Univers maintiendrait la présence d’Annie Lacroix-Riz, nous appelons à être présents le samedi à 20h30 et le dimanche à 17h (16, rue Georges Danton) pour informer les spectateurs et empêcher la tenue des événements programmés.

    Conspis hors de nos vies !

    des antifascistes de Lille » Fin de citation.

    *****

    *** COMMENTAIRE ET APPEL A RESISTER ***

    On ne sait pas bien ce et ceux que représente Indymedia Lille. Il est assez farce de dénoncer Annie Lacroix-Riz comme « facho », alors qu’elle est régulièrement taxée de communisme sur internet, y compris dans son article Wikipedia. Voilà une bien curieuse « facho », qui a réuni il y a quelques années à Lille 170 personnes à l’invitation de plusieurs organisations dont l’’UEC (Union des Etudiants Communistes), la même UEC qui l’a invitée au cours des 3 derniers mois à faire des conférences à Genoble, Lyon, Nanterre, Toulouse, parmi d’autres organisations fort variées.

    Le 19 mai dernier, aux Glières, Annie Lacroix-Riz participait à un débat dans le cadre du « Forum des Résistances » http://www.citoyens-resistants.fr/spip.php?article266

    Sur le fond et la synarchie, Annie Lacroix-Riz a déjà répondu dans un article publié sur le blog d’André Poly

    http://www.hervepolypcf62.com/article-mise-au-point-d-annie-lacroix-riz-112396812.html

    Cette affaire sent la manipulation à plein nez : un groupuscule ne représentant rien décide de qui peut parler et faire des conférences. Il ne s’agit en fait que de faire taire une pensée qui dérange et qui appelle à réfléchir, sous couvert d’’antifacisme.

    Nous appelons ceux d’entre vous qui sont à proximité de Lille à venir participer à ces conférences, pour ainsi aider à faire respecter la liberté d’expression.

  2. Fifibrindacier dit :

    Pour savoir qui est derrière les antifas d’INDYMEDIA, tapez
     » Qui veut nuire à l’UPR »
    Vous aurez les résultats de l’enquête faite sur Internet par l’UPR sur la responsable de ce site Guyet alias Boutoleau . Bonne lecture !

  3. Pablito Waal dit :

    Comme promis à Florian, je fais une petite critique de cet article.

    Les analogies utilisées par l’auteur pour désigner « antifas » et «natios » me semblent incorrectes à plusieurs reprises. D’abord, la comparaison avec les protestants et les catholiques des guerres de religion : les catholiques représentaient la majorité de la population (même si tous les catholiques n’étaient pas des ligueurs), et les pourfendeurs des protestants se voulaient défenseur d’un ordre traditionnel, ce qui n’est pas le cas des natios de Troisième Voie, des JNR, et encore moins des antifas.

    Mais c’est surtout sur les comparaisons nazisme/communisme que je voulais intervenir. Je ne répéterai pas tout l’argumentaire du site http://www.pourlecommunisme.com, en lien sur arsin.fr. Pour aller à l’essentiel, il y aura toujours une différence entre le mouvement socialiste/communiste et le nazisme. Cette différence, même vue dans un prisme franco-français, ne vient pas du fait que les communistes seraient vus comme des « résistants ». L’image du « Parti des Fusillés » est épuisée depuis longtemps, en dehors des derniers rangs du PCF et MJCF. Cette différence de perception vient de ce que, contrairement à ce qu’écrit Florian, la France a eu une expérience tout à fait concrète du nazisme comme du socialisme. Le nazisme, la France l’a connu sous l’Occupation. Si l’attitude des français face à la figure paternelle et a priori rassurante du Maréchal Pétain fut variable (quelques mois avant que De Gaulle n’arpente les Champs-Elysées, c’était le chef de l’Etat Français qui était applaudi dans la même ville), en revanche, personne ne regrette les manifestations les plus concrètes du fascisme en France (Wehrmacht, SS, Milice, LVF…), à savoir la mobilisation permanente de groupes armés dans une lutte contre « l’ennemi intérieur », l’encadrement politique de la population (la jeunesse notamment), sans remise en cause de la classe capitaliste (différence fondamentale avec le bolchévisme).

    La France a aussi connu l’expérience concrète du socialisme, avec plusieurs vagues de socialisation de l’économie (1936, 1945, 1981), chacune étant, dans l’esprit de ses principaux promoteurs (socialistes et communistes) une étape avant la rupture finale avec le capitalisme (il ne s’agissait donc pas de social-démocratie au sens où nous l’entendons aujourd’hui). Ce socialisme-là est bien plus authentique que tout ce qu’à connu l’Europe orientale, car il reposait sur le suffrage libre d’un électorat prolétaire. Environ un tiers de l’économie française a été sous la responsabilité d’un état globalement démocratique, du moins responsable devant ses électeurs. Les français, par expérience concrète, savent donc qu’il y a un socialisme démocratique, quelque soit l’appréciation qu’ils aient de ses résultats sociaux et économiques, alors qu’ils ont bien vu que le fascisme, par définition, ne peut être qu’un régime violent.

    Je passe – en fait non – sur certaines affirmations de Florian : « le communisme comptabilise au moins dix fois plus de morts que le nazisme ». La réalité, c’est 40 millions au moins de morts du nazisme en moins de 6 ans, 15-20 millions du stalinisme en un quart de siècle, 50 à 70 millions pour le maoïsme sur trente ans, dont au moins la moitié dus à une politique agricole dénoncée dans le PCC lui-même à la fin des années 50. En raison de ce que j’ai écrit plus haut, cumuler les bilans mortifères de régimes différents pour arriver au total du nazisme VS celui du « communisme » n’a aucun sens. On ne peut pas être nazi sans être hitlérien, on peut être communiste sans être stalinien ou maoïste. L’exemple de l’Angola devrait amener à complexifier encore les choses : le MPLA angolais a combattu pendant plus de 20 ans l’UNITA soutenue par les USA…et la Chine ! Comme quoi l’Histoire est complexe…

    Revenons à nos natios et antifas. De mon point de vue, ils ne représentent pas l’opposition communisme / nazisme. Fascisme peut-être pour certains groupes de jeunesses nationalistes, qui se veulent à la fois nationalistes, partisans d’une société disciplinaire (en fait il n’est pas sûr que tous les amateurs de baston natios aimeraient une telle société où ils risqueraient de finir comme les SA), anticapitalistes (sans désigner toujours clairement le type d’économie alternative qu’ils souhaitent). Mais le nazisme n’est qu’une des options du fascisme. Et les natios gravitant autour d’Ayoub sont moins porteur du « Reich de mille ans » que de positions « anti » : antimondialisme, anti-immigration, anti-gauchisme, anti-finance, anti-parlementarisme, etc… Notons aussi que la France a l’expérience de plusieurs autres voies de l’extrême-droite, à commencer par le royalisme (l’Action Française a toujours aimé le coup de poing), ou l’anticommunisme militant d’Occident, l’OAS… Tous n’étaient pas « révolutionnaires », mais au contraire défenseur d’un ordre existant ou ayant existé. La référence au nazisme (qui lui est plutôt « révolutionnaire ») est donc trop réductrice pour comprendre la méfiance que l’extrême-droite suscite en France.

    Les antifas, s’ils usent d’une rhétorique de lutte des classes (noyée dans le discours anti-frontières, métissolâtre, féministe…), n’ont qu’assez peu de choses en commun avec le mouvement communiste organisé tel que la France l’a connu et existant toujours via le PCF ou la CGT. Le mouvement communiste est un mouvement d’ordre, qui a essayé de créer sa contre-société tout en restant aux prises avec l’économie réelle, par ses cellules d’entreprises, ses syndicats, les entreprises publiques, l’administration (qui est une production de richesses, n’en déplaise aux libéraux) ou ses associations de solidarité. Face aux problématiques d’immigration, ou même de la décolonisation, l’attitude du PCF fut variable. Les antifas, au contraire, sont dans la négation de l’ordre social et dans la proclamation de principes absolus, toute personne les discutant étant un ennemi avec lequel on ne peut débattre. Ils refusent la société productiviste, les frontières, l’Etat (tout en dénonçant le démantèlement de l’Etat social, croyant naïvement que celui-ci pourrait exister sans l’Etat régalien). Le peu de contre-société qu’ils défendent existe en marge ou contre la société et l’économie marchande et industrielle (squats, communautés autogérées…). La violence de ladite extrême-gauche en France est restée relativement rare depuis l’épisode de l’épuration sauvage de 1944-45. Action Directe a fait moins de morts que la Bande à Baader, et opérait à une époque où le déclin du PCF comme du bloc de l’Est était trop avancées pour inquiéter réellement l’opinion sur une éventuelle prise du pouvoir par les rouges en France (situation différente de ce qui exista auparavant en Italie).

    Pour finir, il me semble que la véritable interprétation de l’opposition natios/antifas est plutôt le clivage entre deux courants « antis », dont les membres n’existent moralement que dans le refus d’autre chose, chacun recherchant son opposé politique le plus absolu, ne serait-ce que pour exister. C’est en cela que je rejoins Florian sur le fait que ce sont des mouvements de diversion, guère plus.

  4. Florian dit :

    Ouais, en fait je disais plutôt que les antifas étaient le produit d’un raisonnement poussé à l’extrême, qui veut qu’on condamne tout ce qui a attrait à l’extrême-droite en nazifiant systématiquement et que pour l’extrême-gauche on n’en fait quasiment moins. Ensuite, quant je pense aux victimes du nazisme je pense- peut-être est-ce mon tort- qu’aux camps d’exterminations. Par-contre tu fais une erreur lorsque tu dis qu’on ne peut être national-socialiste sans être hitlérien, si tu prends certains natios-révolutionnaires tels que Soral, Ayoub,ou Vauclin, tu t’appercevras que leur but est de construire une nouvelle forme d’esprit national-socialisme sans forcément passer par la case  » extermination des masses »- bien que deux des trois seraient fortement tentés, et je ne parle pas d’un Ryssen, d’un Bénédetti, ou d’un Gabriac, car là on entre dans la caricature. De même que Jünger dans sa jeunesse « pensait » une révolution conservatrice qui allait des valeurs nationales et sociales, mais dans tous ses écrits il précise bien que la génétique n’a rien à faire dans la politique- voire dans son journal la honte qu’il ressent quant son pays impose à des tiers de porter une étoile jaune. Ensuite, ma comparaison avec les catholiques/protestants tenait plus à de l’ironie qu’autre chose. Sur le communisme je crois que c’est Pol Pot qui détient le record en pourcentage, mais j’avais entendu un historien- probablement Courtois- dire que le Maoisme avait fait plus de quatre vingt millions de morts. Tu as par contre raison lorsque tu dis que certains communistes ont montré du doigt les dérives. Et je pense que le plus exemplaire à ce sujet est le communisme italien, qui a su s’intégrer au paysage politique et préférer le bon vieux parlementarisme au soutien inconditionnel à l’URSS. Sinon, ton commentaire est pertinent.

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