Changement de cap géopolitique pour l’Iran ?

Les élections qui viennent de se dérouler en Iran avec une régularité exemplaire se solde par la victoire surprise dès le premier tour du Cheick Hassan Rouhani (50,68 %), religieux modéré de 64 ans soutenu par le camp réformateur. C’est avec une grande attente notamment sur la question du programme nucléaire iranien que la communauté internationale a promptement félicité le nouvel élu, le secrétaire Général de la Maison Blanche y voyant un « signe d’espoir » et réitère l’offre « de collaborer directement avec Téhéran ».

Un régime démocratique particulier…

L’Iran, pays de l’Asie de l’ouest, élit au suffrage universel le chef de gouvernement (Président de la République) pour un mandat de 4 ans renouvelable qu’une seule fois. La fonction de chef de l’Etat étant dévolu au Guide Suprême (depuis 1979), personnage religieux choisi par l’Assemblée des experts (élu par une assemblée de 86 membres religieux élu eux-mêmes au suffrage universel direct assurant ainsi une continuité et une stabilité du pouvoir certaine. On peut parler ici donc d’un régime particulier associant théocratie (dans le sens ou le religieux supplante le politique)et démocratie (élection au suffrage universel direct).

Nous pouvons rappeler de même que depuis une modification de la Constitution en 1989 le chef de gouvernement traditionnellement attribué à la personne du Premier ministre est supprimé, le Président de la République portant aussi la casquette de Chef de Gouvernement.

Une spécificité culturelle donc importante à prendre en compte si on souhaite établir un véritable dialogue avec cet Etat concernant notamment le programme nucléaire Iranien.

Tension politique autour du dossier nucléaire iranien

La situation particulièrement tendue dans la région concernant le dossier nucléaire a suscité beaucoup d’espoirs au seins de la communauté internationale d’un réchauffement diplomatique avec l’Iran, car le précédent président (Mahmoud Ahmadinejad) résistaient aux pressions internationales sur ce dossier.

Bien que le nouveau président élu (entrant en fonction au mois d’août) soit présenté par la presse internationale comme un modéré, toujours est-il que la politique étrangère concernant le dossier nucléaire n’est pas près d’évoluer de manière significative, puisque les dossiers stratégiques et les relations internationales sont directement sous l’autorité du Guide Suprême Ali Khameni.

On peut d’ailleurs se rappeler les injonctions incessantes et parfois grotesques (Netanyahou à l’ONU) de l’Etat d’Israël afin d’obliger l’Iran à interrompre son programme nucléaire. De son côté, Israël n’a pas cessé de bafouer depuis plus de 30 ans le droit international et a obtenu par des voies non “légales” l’arme atomique. Rappelons également qu’Israël, contrairement à l’Iran, n’a pas signé le Traité de Non Prolifération sur les armés nucléaires.

Ces injonctions ont augmenté la tension dans la région, celle-ci étant déjà en pleine ébullition quand on regarde les voisins de l’Iran : Irak, Afghanistan, Syrie, Liban ou encore la région de la Palestine/Israël…

Les priorités pour le nouveau Président H. Rouhani

Bien que H. Rouhani soit connu comme ayant été un fin négociateur concernant le dossier nucléaire iranien, particulièrement entre 2002 et 2005, la priorité est donnée à la normalisation des relations internationales et de sa situation économique intérieur fragile ces dernières années.

On peut avancer la raison que le gouvernement de M. Ahmadinejad a entretenu des relations particulièrement tendu avec la communauté internationale (les USA en tête) sur le dossier nucléaire et les sanctions économiques à l’encontre du pays qui n’a point faibli leur position sur ce dossier mais a plongé l’Iran dans une crise économique importante.

Mesure donc que nous pouvons juger inefficace et injuste pour la population iranienne, dixit H. Rouhani.

Après voir fermement exclu l’arrêt de l’enrichissement d’uranium durant sa première conférence de presse, il a néanmoins tenu à annoncer l’amélioration de la transparence des activités iraniennes dans ce domaine.

Certes, le nouveau président tiendra donc à l’avenir des propos plus mesurés que son prédécesseur, mais restera inflexible sur la question du dossier nucléaire.

Romain K.

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