« Le Temps dure longtemps », un film d’Ozcan Alper

C’est l’histoire d’un réalisateur turc qui fait se rencontrer deux personnages. L’un est kurde, l’autre arménienne. A travers ce film, le réalisateur a voulu rendre hommage et assumer l’histoire de son pays.

Sumru prépare un master d’ethnomusicologie à l’Université d’Istanbul. Elle s’installe dans le sud-est de la Turquie pour quelques mois afin d’y étudier les élégies anatoliennes et leur histoire.

A Diyarbakır, elle rencontre Ahmet, vendeur de DVD pirates ayant filmé des témoignages de survivants kurdes. Sumru est hantée par le souvenir douloureux de son premier amour, un Kurde mystérieusement disparu.

Aux côtés d’Ahmet, dans le contexte tragique de cette guerre non reconnue à ce jour, elle va devoir affronter son passé et l’histoire de son pays.

« Regarder la Turquie d’aujourd’hui en face »

En suivant le parcours de Sumru, le réalisateur Özcan Alper s’intéresse aux traditions et à l’histoire de son pays à travers des chants (les élégies) pour mieux évoquer un conflit tabou : « L’une des principales motivations de ce film est d’essayer de donner un sens au présent et au passé à travers ces poèmes [les élégies] qui sont au cœur de l’histoire. Alors que Sumru traque ces élégies pour appréhender la souffrance d’un peuple, elle ouvre une blessure personnelle liée à son passé. Cette histoire est importante car elle permet de présenter la diversité de ces sociétés mais aussi parce qu’elle montre comment l’expérience collective se reflète dans la vie des individus. A travers cette guerre sans nom [contre les Kurdes] qui se poursuit depuis les trente dernières années, au cours de laquelle 17 500 assassinats politiques ont été commis sous le nom de « cas non résolus », je tiens à regarder la Turquie d’aujourd’hui en face. »

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