Peut-on être islamophobe tout en se croyant anti-raciste ? (Bastamag)

Nous relayons ici l’interview des sociologues Marwan Muhamad et Abdelalli Hajjat réalisée par l’équipe de Basta !.

Augmentation des agressions et des discriminations, amalgames toujours plus fréquents entre islam, intégrismes et terrorismes, loi interdisant certaines pratiques religieuses… L’islamophobie est bien une réalité en France. Pire : « Pour beaucoup de gens, l’islamophobie est justifiée comme un combat nécessaire », y compris à gauche, expliquent les sociologues Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat. Ils analysent la montée et les ressorts de cette islamophobie à la française, alors qu’ailleurs en Europe les mouvements antiracistes se mobilisent pour la combattre.

Basta ! : Quelles sont les manifestations de l’islamophobie en France, aujourd’hui ?

Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat : Il existe une multitude de formes d’expression du rejet d’une population. Dans l’espace public, ce sont des discours, des sites Internet, des articles de presse ou des productions cinématographiques qui contribuent à la construction d’un « Islam imaginaire » et à l’évidence d’un problème musulman : l’image négative et inquiétante d’une présence musulmane décrite comme arriérée, sournoise, donc dangereuse. Ensuite, ce sont les pratiques discriminatoires auxquelles sont confrontés des individus – musulmans réels ou présumés –- dans leur vie sociale. Ces discriminations touchent essentiellement les femmes qui portent un signe religieux visible, le voile. Parmi ces discriminations, certaines sont illégales : les discriminations à l’emploi, à l’accès aux loisirs ou aux services. Une enquête par testing, réalisée par l’Université Paris 1 sur le marché de l’emploi.

S’exprime-t-elle aussi par la violence ?

Les violences physiques et verbales sont en nette augmentation depuis au moins 2009, comme le montrent les données du ministère de l’Intérieur. Celles du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) suivent la même courbe. Les enquêtes d’opinion sur le rapport à l’Islam et à la présence musulmane montre une hostilité très forte concernant le port du foulard, ainsi qu’une hostilité croissante envers des actes cultuels qui ne posaient pas de problèmes avant : prier ou jeûner pendant le Ramadan. Nous avons encore du mal à mesurer l’ensemble des manifestations de ce rejet global. Ne pas saisir la justice ou les institutions reste très courant pour les populations musulmanes. D’autres s’autocensurent : des personnes qui ont intégré le fait qu’elles n’avaient pas leur place, et ne font même plus la démarche de trouver une formation ou un emploi.

[…]

Lire la suite sur Basta!

(163)

A propos de l'auteur :

a écrit 18 articles sur ce site.


5 commentaires

  1. jails dit :

    Y’avais déjà cet amalgame dans les années 80, je suis vacciné.
    Je lis plus ce genre de manipulation.
    Pour moi l’islam c’est une religion et pas une race.
    C’est de la novolangue, les politiciens m’on vacciné.
    Depuis j’ai évolué, je trouve que c’est pire qu’un non-choix.
    ou une question fermé, c’est un nœud de gordien.
    Alors j’ai fait mon choix…

    Je trouve que tout le monde devrais détesté toute forme d’intolérance et quand on auras atteints ce niveau de paix sociale, je veux bien être pendu pour racisme ou tout ce que vous voudrez…
    En attendant que ça soit un sale martien ou un sale riche tout les deux mérites d’être nettoyé sans aucune forme de discrimination.
    Quand on est sale, c’est pour être propre !

    • Paul dit :

      Bonjour! Jails
      pour moi ce que j’ai appris juste qu’a aujourd’hui
      la race est pas une couleur mais un état d’être.

      Quand j’étais petit ma mère me lavais la langue avec du
      savon quand disais de vilaines choses et mon Père me
      disait ne soit pas de cette (race) qui est pas évident
      aujourd’hui dans cette influence mondial,oui faut être tolérant et compréhensif mais non silencieux le silence est un complice

  2. Jean Sigu dit :

    On ne comprend rien, Jails.
    Je n’arrive même pas à savoir si vous allez dans le sens de l’article ou si vous vous y opposez.

  3. Morpheus dit :

    Je suis islamophobe (pas refoulé pour un sou) ET je suis antiraciste, c’est-à-dire que je ne reconnais pas l’argumentaire sophiste de la « race » pour émettre de jugement de valeur sur une personne ou un groupe ethnique, et que je distingue la « culture », les « traditions », les « coutumes » et la religion qui, souvent, sous-tend ce contexte socioculturel.

    On peut tout autant être islamophobe (qui crains l’islam) que l’on peut être opposé au christianisme ou au judaïsme, ou à toute religion autoproclamée (= secte qui a réussit à s’imposer institutionnellement à un grand nombre), sans pour autant sombrer dans un racisme primaire.

    Élevé dans un contexte catholique (enfant de cœur à 7 ans), j’ai rejeté les religions monothéistes – dont l’islam – sans pour autant rejeter la spiritualité, que je vis de manière personnelle et individuelle.

    Il n’est pas difficile de voir que les « races » n’ont aucun rapport avec le contexte socioculturel (souvent religieux) d’une population, et que ces contextes socioculturels dépasses non seulement les frontières, mais aussi les langues, les peuples, et donc « les races ».

    Si je peux le faire, d’autres le peuvent. C’est à la portée de tous.

    • Olivier dit :

      +1
      J’ai lu l’article en entier sur Basta, les auteurs du livre ont l’air serieux dans leur recherche. Mais comme toi je partage le fait l’islamophobie n’est pas un racisme voilé, en effet la plupart des individus musulmans partagent surement des valeurs morales et un esprit de paix et de tolerance. Cependant les états musulmans dans leur grande majorité s’entredéchirent et font preuve d’intolérance flagrante vis a vis des autres croyants et ce depuis 50 ans (le moyen orient a le nombre de chars et d’armes le plus éléve par habitant de la planéte). Voici une des raisons qui alimente l’islamophobie. Des états avec des rentes pétrolières enormes laissent pourtant leur population avec des indices de Mortalité infantile indécent et un niveau de financement de la recherche à 0.25%.

Laissez un commentaire

Why ask?