Ces êtres humains qui résistent face à la dictature du profit et des intérêts financiers

Cette vidéo datant du 8 mars 2013 m’a interpellée. On y voit un employé de ERDF/GRDF, Jef Duval, menacé de licenciement pour avoir refuser de couper le courant chez des personnes n’ayant pas payé leur facture d’électricité ou de gaz.

Ça m’est déjà arriver de tomber sur des cas socialement très, très, très difficile, des gens qui mettent de côté leur dignité en me suppliant. J’ai déjà été supplié à genoux de ne pas couper l’électricité ou le gaz.

Finalement, le technicien ne sera pas renvoyé. Mais son histoire dévoile de façon éclatante une réalité de notre système que certains aimeraient bien ne jamais regarder en face.

Cet employé sans formation qui laisse un peu de répit au gens…

Mais faudrait-il une formation pour nous préparer, dans le milieu du travail, à ne plus être humain ? Devons-nous être formés pour respecter notre contrat et nos taches sans s’émouvoir face aux diverses situations que nous pouvons rencontrer ?  Était-il trop humain pour exercer son métier ? Ce qui nous pousse à nous demander si nous, également, ne sommes-nous pas trop humain pour exercer notre emploi ?

Comment ne pas aider ces personnes, quand on sait qu’on pourrait être un jour à leur place ? Des êtres humains prêts à se mettre à genoux et à supplier un technicien de ne pas couper le courant, prêts à mettre de côté leur dignité pour continuer à pouvoir être éclairés et ou se chauffés. Pour vivre convenablement.

La précarité touche de plus en plus de monde de nos jours, alors faut-il se demander si maintenant, des seuils d’inhumanité qu’on pourrait identifier comme une compétence à avoir, pourrai être exigés pour exercer certain métier ?

Devons-nous nous vider de nos âme pour travailler ? Nous séparer de notre conscience, qui nous permet de réfléchir et de juger de ce qui est bien ou mal ? Ce qui nous amène à nous demander si dans le cadre du travail, nous pouvons encore nous permettre d’identifier le bien ou le mal ? Pouvons-nous émettre une opinion même si elle n’entre pas dans la ligne directive de notre employeurs et sans craindre pour notre place ?

Et tout ça pour quoi? Pour l’argent.. Pour gagner notre vie, pour nous permettre de payer notre loyer, nos factures, pour pouvoir manger et éventuellement, si notre porte-monnaie nous le permet, nous faire plaisir.

Une prime pour un certain nombre de coupures réaliser à l’année…

La politique du chiffre nous envahit de plus en plus. Le profits et les intérêts des sociétés passent avant tout, avant même le bien-être des employés. Car évidement, l’argent est le nerf de la guerre, et le patron le sait. Il sait comment appâter ses ouvriers pour gagner toujours plus d’argent.

Notre propre humanité disparaît-elle au profit des intérêts financier ? Que se soit dans une société privée, public ou même dans l’institution, la désobéissance pose problème au pouvoir. On muselle les employés, les cadres, les fonctionnaires et même les militaires, on les empêchent de penser pour qu’ils restent accrochés à leur objectifs, pour qu’ils ne s’éloignent pas de la norme, pour qu’ils restent dans le troupeau.

Car, bien évidemment, un employé qui réfléchit et se pose des questions passe moins de temps à la tache. Il devient peut-être moins productif et peut éventuellement remettre en cause sa place dans l’entreprise. Il est amené à se poser des questions sur les moyens avec lesquels la société fait des bénéfices, les méthodes qu’elle emploie… Il pourrait ainsi nuire à l’entreprise, et ça, c’est impensable pour le patron.

Car l’employé de base ne s’enrichit pas lui, il participe à l’enrichissement de son patron et donc il est fondé à s’interroger sur les méthodes utilisées pour maximiser les bénéfices de sa société, et quels sont ses intérêts dans cette aventure.

A-t-on encore le droit d’avoir de la compassion, de l’empathie, que se soit pour ses collègues, clients, fournisseurs, usagers ? Est-ce compatible ?

Peut-on réfléchir sur nos attributions et sur les répercutions qu’elles peuvent avoir sur la vie des autres et par enchaînement sur la notre ? Avons-nous encore le droit d’être humain dans le monde du travail ? Ou est-ce que le profit est toujours, in fine, plus fort ?

Nous évoluons maintenant dans une société qui nous vide de tout, spiritualisés, humanité, valeur, morale..

Chacun d’entre nous a cette part d’humanités en soit, chacun de nous a une conscience et de quoi réfléchir.

L’argent, actuellement nous ne pouvons pas faire sans. Mais pouvons-nous faire sans notre âme et notre humanité ? Quand nous n’aurons plus d’argent, que nous restera-t-il?

Et là, c’est à nous d’agir : rester humain, entretenir notre humanité, penser et aider autrui. Car c’est ça, le nerf de la guerre !

Amélie Carlier

Voir aussi notre article sur la BD Les Désobéisseurs

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A propos de l'auteur :

Née en 1990, j’ai effectué un master en Management de projets humanitaires et culturels. Curieuse depuis toujours, la passion de la réinformation s’est déclenchée notamment avec le documentaire « Les nouveaux chiens de garde » de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat. De nombreux sujets m’intéressent, de la spiritualité à la géostratégie en passant par le féminisme. Consciente qu’aujourd’hui on nous faire croire à l’essentiel du matériel, j’aspire à vivre dans une société plus humaine et moins artificielle. Pour cela, je m’efforce de mettre en pratique la célèbre phrase de Gandhi : Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde.

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3 commentaires

  1. Fatou dit :

    Bravo MONSIEUR,vous avez du coeur;ça fait 2 années qu’ils me coupent le gaz en plein hiver,le pire est que la 1ère fois c’était à cause de l’impayé du précédent locataire!et j’ai du payer les frais et attendre 10jours avant qu’ils interviennent (avec mon bébé de 2mois)!ce ne serait pas une grande perte peut-ètre?Vous ètes jeune,beau,du coeur,…continuez…

  2. nils dit :

    Entièrement d’accord avec l’analyse sauf sur un point: « L’argent, actuellement nous ne pouvons pas faire sans. » . Nous pouvons faire sans quand nous le désirons, c’est très simple, la volonté propre au lieu de la volonté de se faire de l’argent.

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