Les conséquences de la légalisation du cannabis dans le Colorado

Le 6 Novembre 2012, l’état américain du Colorado votait en faveur d’une légalisation du cannabis à l’intérieur de ses frontières, que son achat et usage soient destinés à des fins médicales comme récréatives. La loi résultant de ce vote a été appliquée officiellement dès le 1er janvier 2013, date à laquelle les acteurs de l’industrie cannabique ont alors pu commencer à vendre légalement la substance sous toutes ses formes.

Depuis, le Colorado est dans la ligne de mire de la presse internationale comme de leurs contreparties locales ; le reste du monde est en attente d’un compte rendu de ce qui est perçu comme une « expérience », expérience qui, si elle s’avérait fructueuse, pourrait établir une norme qui serait un point de référence pour toutes les nations qui prendraient cette même décision dans un futur proche, ou qui l’ont d’ores et déjà prise, comme par exemple l’Uruguay.

En attendant, la vente de cannabis légal suit son cours dans les grandes villes de l’état, comme par exemple à Denver, très souvent sous les projecteurs dans ce cadre. Les conséquences directes de l’arrivée de ce nouveau type de commerces peuvent être vues à l’œil nu : de nombreuses autres industries se sont prêtées au jeu de s’associer – ou non – au commerce naissant du cannabis légal. Par exemple, certains restaurants ont développé des menus accordant mets et variétés de cannabis, une initiative qui peut paraître anodine, mais qui représente les premiers efforts de considérations des qualités gustatives comme effectives du cannabis, ce qui n’est pas sans rappeler le décorum et la culture de l’artisanat et du savoir-faire très développés dans l’industrie vinicole. De même, la sous-catégorie des mets à base de cannabis tels que les fameux « space brownies » voit aussi un certain renouveau, avec des commerçants qui redoublent d’imagination pour fournir aux visiteurs comme aux locaux leurs créations les plus originales.

Au niveau environnemental, nombreux sont les citoyens du Colorado qui ont vu d’un relatif mauvais œil l’arrivée de l’industrie cannabique dans leurs centres-villes. Il a donc fallu définir promptement les détails techniques liés à la consommation en public, la conduite sous influence, etc. Mais bien que la faction anti-cannabis ait prédit des conséquences graves, il s’avère qu’aucune des conséquences en question n’a fait parler d’elle dans la presse.

C’est précisément cette absence d’incident qui pourrait bien être le premier domino d’un effet très rapide qui se propage non seulement sur le continent, mais aussi dans d’autres parties du monde. Bien qu’il soit encore trop tôt pour tirer des conclusions informées, l’absence de chaos total semble pousser d’autres nations et états à considérer des choix similaires.

La loi sur le cannabis selon les états américains
(cliquez pour agrandir l’image)

L’une des raisons principales justifiant la légalisation du cannabis est la guerre contre les drogues pratiquée depuis des décennies par la majorité des pays, une méthode plus qu’inefficace, et source de nombreux dommages collatéraux tels que la suprématie d’un marché noir dangereux et exposant les utilisateurs à des risques sanitaires sérieux.

Enfin, la disponibilité de cannabis légal dans l’état du Colorado a pu permettre à la communauté médicale de mettre en place des projets qui devraient s’inscrire dans de futurs progrès scientifiques d’importance. En effet, bien que la recherche sur les cannabinoïdes et leurs nombreux bienfaits ait été active en dépit de la politique prohibitionniste pratiquée par la majorité des pays, prouvant par exemple que le cannabis peut guérir de nombreuses formes de cancer, de nombreux laboratoires se sont abstenus de démarrer de telles initiatives, compte tenu des difficultés rencontrées afin d’accéder au produit. Certaines études ont tout de même eu lieu au moyen de cannabinoïdes synthétiques, mais ce renouveau en termes de possibilités devrait très certainement apporter des bénéfices aux chercheurs désireux d’explorer la fourchette très large de pathologies que les produits issus de graines de cannabis peuvent traiter ou guérir.

Source : sensiseeds.com

(2017)

A propos de l'auteur :

Je suis Webmaster depuis 1998, et producteur de musique reggae (Black Marianne Riddim). Je suis un grand curieux, je m’intéresse à beaucoup de sujets (politique, géopolitique, histoire des religions, origines de nos civilisations, …), ce qui m’amène à être plutôt inquiet vis-à-vis du Choc des Civilisations que nos dirigeants tentent de nous imposer.

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6 commentaires

  1. Goupil dit :

    Cela m’inspire effectivement deux réflexions : la première quant à l’opportunité de préférer une médecine alternative qui semble vouloir faire ses preuves : http://www.youtube.com/watch?v=C1LLcSwYyCY et la deuxième quant à la dépossession d’une importante source de revenus pour les mafias de tous bords. Si il semble logique de tester une politique de responsabilisation des citoyens avec une « drogue » dont la dangerosité sociale n’a jamais été démontrée, il est à noter qu’elle pourrait déboucher sur un encadrement légaliste de substances plus « sujettes à caution », dont l’intérêt objectif serait effectivement de priver la pègre cabaliste d’une de ses principales sources de revenus, derrière les activités bancaires, l’industrie pétrolière et l’armement. De même qu’on sait aujourd’hui que la CIA a activement participé à l’implantation du marché de la cocaïne sur le territoire US dans les années 70, c’est un secret de polichinelle que l’armée américaine protège la production d’opium en Afghanistan. http://www.youtube.com/watch?v=t12TUmmuFgU

  2. franz dit :

    Sans doute faudrait-il distinguer les « fins médicales » et les « fins récréatives » pour une approche vraiment rationnelle. En France, le cannabis est utilisé par le corps médical même s’il s’en défend officiellement, car il rend beaucoup de services. Mais de même qu’un médicament est aussi un poison, l’usage du cannabis peut également être dangereux en particulier chez les personnes très jeunes (tout comme l’est, par exemple, l’alcool). En l’absence de législation appropriée, on peut entre autres redouter l’effet de la consommation de cannabis, voire de cannabis + alcool, sur les accidents de la circulation.

  3. «Cannabis» dit :

    Ce site ma beaucoup aidez

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