Entretien avec Shmiel Mordche Borreman – Partie 2 : Parcours

Borreman

Partie 1 : Histoire du sionisme

Le cercle des volontaires vous présente la deuxième partie des entretiens réalisés en compagnie de monsieur Shmiel Mordche Borreman et son épouse, madame Hadassah Borreman, grands militants antisionistes. Shmiel Mordche Borreman est le représentant d’un cercle d’Etudes Rabbinique, sans pour autant être rabbin lui-même. Il est aussi l’initiateur avec le Centre Zahra de France d’une alliance stratégique et amicale entre le Judaïsme et l’Islam contre le sionisme.

Après vous avoir présenté la première partie où il était question d’une brève histoire du sionisme, nous partageons avec vous ce nouvel épisode qui revient sur le parcours militant et antisioniste de M. Borreman au sein même de la communauté juive. Vous trouverez en dessous de la vidéo la retranscription intégrale.

Retranscription intégrale :

Shmiel Mordche Borreman

Shmiel Mordche Borreman

Je suis Shmiel Mordche Borreman et je suis représentant d’un groupe d’études rabbiniques, sans être rabbin moi-même. Ces études ont trait entre autre à l’antisionisme. Concernant la question « depuis combien de temps je suis en Belgique », il ne faut pas croire ce qui était écrit dans ce canard qui est Wikipédia. Des calomnies ont été ajoutées l’une après l’autre sur cette page.
Je suis né en Belgique et j’ai habité à l’étranger pendant sept ans en République Démocratique Allemande (RDA). Je suis parti de là-bas fin 1984 et je suis arrivé en Belgique au début de l’année 1985. Dans l’article Wikipedia, il était indiqué que j’étais venu en Belgique après la chute du mur [ndlr : de Berlin], que j’étais communiste et que j’étais dans l’armée. L’armée de la RDA était, contrairement à l’armée sioniste, une armée de maintien de la paix dans laquelle était uniquement astreint au service militaire les citoyens de cet Etat, que je n’ai jamais été. Ça donne déjà une idée de la valeur qu’il faut accorder à cet article qui parle de moi. J’ai habité à Bruxelles et ensuite à Anvers pour être avec les juifs de strictes observances et les juifs pieux. Dès le début, j’ai choisi d’être dans une communauté qui se réclame de l’antisionisme, pour vous dire que je ne suis pas un illustre illuminé et seul. Ca fait plus ou moins vingt ans qu’on habite à Anvers. J’ai pris sur moi la mission de m’adresser, concernant l’antisionisme, aussi à nos prochains non-juifs. La plupart de mes coreligionnaires, avec qui je suis plus ou moins sur la même longueur d’ondes, ne sortent pas vers l’extérieur concernant l’antisionisme ou encore une autre question. C’est un peu dommage mais cette situation a grandi comme ça.

Je me suis concerté avec mes amis et j’ai décidé de fonder le groupe d’études rabbiniques antisioniste « Yechouroun ». Ce nom vient d’une communauté totalement antisioniste qui était établie en Allemagne. Le terme hébreu signifie « droiture » : on ne fait pas de compromis qui vont à l’encontre de la foi et de la tradition. C’est pour ça aussi que c’est basé sur des critères bibliques puisque quand les enfants de Yaacov sont arrivés en Terre Sainte, ils ont reçus chacun un nom : Israël et Yechouroun, pour servir Dieu de la façon la plus droite possible. C’est aussi une façon de montrer à nos prochains non-juifs que les juifs antisionistes silencieux sont bien plus nombreux que les sionistes apparents. Ici à Anvers, les communautés religieuses sont en général sous l’emprise du sionisme. Mais les sionistes ne s’arrêtent pas là : quand ils voient qu’ils ont du succès quelque part, alors commencent les persécutions sur les groupes auxquels on appartient, par exemple de m’expulser et ça va jusqu’aux menaces. Je tiens cependant – avec l’aide du ciel – le coup. J’ai une mission importante à remplir et je continue tant que j’ai encore la force de le faire.

Les sionistes se servent d’autres moyens contre moi. Il est clair que certains emploient la religion pour la politique et d’autres emploient la politique pour la religion. Il faut être très prudent pour ne pas tomber dans un de ces deux travers. Mon point de départ est la religion pure. Elle a cependant des retombées politiques, mais ces retombées politiques ne sont nullement un but en soi. Je ne cherche nullement à avoir un mandat politique. Les sionistes qui sont fâchés contre moi, ceux qui ont le rôle de me nuire, sont les sionistes religieux. Parce que dans la pensée des juifs laïcs, ils nous voient comme « les hommes en noir », et c’est normal qu’ils nous considèrent contre eux et tout en étant « ennemis », ils ont une certaine compréhension vis-à-vis de notre positionnement. Par contre, les religieux, plus particulièrement ceux aux sommets d’organisations juives religieuses, sont ceux qui s’acharnent sur moi et voudraient m’abattre, dans le sens figuré du verbe, espérons-le. Lorsqu’ils ont vus qu’ils ne pouvaient pas m’abattre, une chose surprenante s’est passée. Ils ont envoyés une « Task Force », une personne spécialisée de la chose sur le terrain. C’est un français que je ne connais que de vue. Il a composé avec les ragots qu’il a pu entendre ici, un article Wikipédia avec toute une série d’invectives contre ma personne. J’étais connu en France pour être sur l’affiche du parti Antisioniste et c’était l’introduction de l’article. Il a rassemblé les choses que les gens disaient dans l’espoir que j’allais me morfonde et que je ne sache plus ou me mettre. On devait me mettre hors d’état de nuire. Leur plan n’a cependant pas réussi, grâce à l’aide du Ciel. Il semblerait que je continue toujours de nuire, suivant la réaction de certains sionistes.

Anvers

Anvers

Nous habitons, mon épouse et moi, juste au milieu des deux grandes communautés israélite et israélite orthodoxe. La communauté israélite est assez ouvertement sioniste et lorsque c’est le jour de la fête nationale des sionistes, ils arborent le drapeau sioniste dans leur communauté et font une cérémonie spéciale. Les orthodoxes n’en font pas ouvertement. Ils ne pendent plus le drapeau sioniste de nos jours (grâce à M. Borreman). Dans le temps, nous avions organisé une protestation contre eux. Ils ont finalement rentré les drapeaux sans jamais les avoir remis dehors. C’est un petit succès mais ils n’en sont pas moins sionistes. Un des partis religieux dans l’entité sioniste, le parti Agudath Israël, a pour but de soutirer un maximum de subventions de la part de l’entité et prennent aussi de l’argent provenant de l’étranger. Comme tout allait bien, il ne fallait pas de quelqu’un qui vienne déranger les choses et tenir des propos en public. C’est du « un contre tous ». Ils pensaient que ça me ferait du bien qu’on me montre les limites.

Le moyen moderne de calomnier de nos jours est Internet. On trouve le meilleur et le pire quelque soit le sujet. Les gens choisissent naturellement les parties qu’ils aiment bien entendre et lire. Ces sionistes qui me connaissent et me voient chaque jour n’hésitent pas à sortir des vilains mots ou à cracher par terre. On peut vivre avec. Mes amis me disent que temps qu’ils sont comme ça et qu’ils ne commencent pas à me faire des courbettes, c’est que mon combat est utile et que je dois être déterminé à continuer. D’autres sionistes, plus distants, pensent qu’il ne faut pas me faire trop de publicité au risque que je ne devienne trop célèbre. Les sionistes ont même réussi pendant un certain moment à faire pression sur la maison de prières et d’études que je fréquente afin qu’elle m’expulse, et cela des dizaines de fois. A un moment, la pression était trop forte sur mes amis. On a pris la décision de faire semblant. Je ne me suis plus montré pendant trois semaines. A la fin, je suis revenu, non pas par la porte de derrière mais bien par la porte de devant. Ils ont eu une défaite avec laquelle ils doivent vivre. Ils n’ont pas réussi à me faire déménager d’Anvers ni à me faire sortir de la communauté qui est bienveillante envers moi. Il faut toujours s’attendre de la part de ces gens (les sionistes) à l’une ou l’autre surprise. En tant que croyant, je fais confiance que le Saint-Créateur me protège. De fils en aiguilles, c’est un combat spirituel. Il s’agit pour ma part de ne pas me laisser provoquer non plus.

Concernant ce que je disais en introduction sur le fait qu’il faudrait participer dans ce combat avec nos prochains non juifs, ce qui serait normal c’est que ça ne soit pas fait par une personne du rang que j’ai, mais que ça soit un rabbin qui aille se montrer dans les différentes manifestations. Mais « rabbin », c’est un titre un peu à vendre aujourd’hui. Les gens, comparés aux générations précédentes, sont ignorants de leur propre religion. Quelqu’un qui sait un rien enseigner est déjà considéré comme rabbin. Il y a donc une « inflation » du nombre de rabbins. Le titre n’est plus protégé comme avant et c’est comme dans nos sociétés ou chacun peut se considérer comme psychologue. Pour être un rabbin reconnu, il faut avoir fait beaucoup d’études et être reconnu dans les communautés. Je n’ai pas la prétention de me nommer rabbin, dans lequel se trouve « Rav » qui veut dire grand, comme le grand savoir. Les sionistes, quand ils me calomnient, aiment dire que l’on parle comme ça car on est des non-juifs et par définition antisémites, même si nous descendons de familles juives [ndlr : les rumeurs disaient que M. Borreman n’était même pas juif, mais un communiste antisémite]. Ils ont besoin du terme « antisémitisme » pour pouvoir survivre. Sans ce mot, ils perdent leur raison d’être. Ils en ajoutent et en inventent là où ça leur convient. « Vous êtes un traite et si vous l’êtes, c’est vu votre origine non-juive… ». Et on connait cet argument depuis l’Antiquité… Ils souhaitent être les représentants de tous les juifs, qu’ils le veuillent ou ne le veuillent pas. Ils accusent leur opposants juifs et essaient de les mettre dans la catégorie ou ils ne peuvent plus s’appeler juifs. Dans leur résonnement, un non-juif est un antisémite.

Dreyfus

Dreyfus

Un de leur idéologue en herbe a lâché le morceau en disant que chaque être humain reçoit deux boutons sur lesquels appuyer, soit d’être avec Emile Zola, un dreyfusard, soit d’être dans l’autre camp, un antidreyfusard. C’est un abus de référence, mais c’est comme ça. Le sionisme est satanique et a recours à n’importe quel moyen. Je me bats pas contre les sionistes, mais contre le sionisme en soit. Le sioniste pourrait se défaire du sionisme et revenir à sa religion originale, le judaïsme. Par exemple, dans le judaïsme, quand quelqu’un fait ses prières tous les jours mais que celui-ci vole également, il doit soit arrêter la prière, soit arrêter de voler. On espère toujours qu’il va cesser de voler. Je parle donc des gens qui sont entraînés par le sionisme. Mais les activistes du sionisme ne rentrent pas dans cette catégorie de gens qui pourraient revenir vers le judaïsme. Ils sont les purs et durs parmi eux.

Ce fameux article sur Wikipedia n’est seulement qu’un échantillon sur les méthodes que les sionistes font pour calomnier contre leurs opposants pour se profiler une fois de plus comme étant les porte-paroles et les défenseurs du judaïsme et font un tort énorme. Comment le non-juif qui n’est pas impliqué peut-il distinguer qui est juif et qui est sioniste ?

Quand je suis entré dans le judaïsme, je suis venu uniquement pour la religion, sa pratique et non pour un motif politique. Je devais naturellement débroussailler les chemins qui étaient devant moi et j’ai vu ce que sont les sionistes, les laïques d’abord (les non-pratiquants) comme du temps de Herzl, que son nom soit effacé. Ces gens sont arrogants et se disputent très violement entre-deux. J’ai découvert ensuite qu’il y a des gens qui essaient de combiner sionisme et judaïsme. Je me suis alors battu car je ne suis pas d’accord avec ces principes. J’ai d’ailleurs eu du soutien de personnes qui m’encourageaient dans ce combat car elles-mêmes n’osaient pas dire publiquement qu’elles n’étaient pas d’accord.

Sur le terrain ici, autour de moi, il y a des centaines de personnes qui trouvent que c’est bien que j’ose me battre, sans approuver pour autant toutes mes démarches et tous mes discours. Ça serait évidemment plus facile si j’avais quelques aides de camps qui se montreraient publiquement avec moi. Souvent, quand la situation au Moyen-Orient, surtout en Palestine, se dégrade à cause du sionisme, des juifs commencent à avoir peur en se disant que ça va retomber sur eux et qu’ils seront mis dans le même bain que les agresseurs (les sionistes). C’est positif de voir des gens qui ne veulent pas faire la guerre, ni le service militaire dans l’armée de l’entité sioniste et qui ne cherchent pas le conflit. Il y a cependant encore un pont qui doit être construit – qu’on n’arrive pas tout le temps à construire – c’est d’amener les gens à sortir de la communauté et ne plus dénoncer en se le disant entre nous seulement, mais à autrui aussi. Je semble être toujours, bon gré mal gré, leur délégué pour le moment. Ces gens dont je parle sont pour la plupart des juifs hassidiques. Ils ont un réseau de l’enseignement qui est centré sur le Talmud Torah, donc sur l’étude. Ils n’ont pas fait d’études profanes et ne s’y connaissent donc pas en politique. Ils votent alors pour un politicien qui est favorable aux subventions versées aux communautés et ça ne va pas plus loin que ça. Ce sont des braves gens qui sont absolument apolitiques. Dans les communautés hassidiques, il y a normalement un dirigeant spirituel, le « Reb », qui décide s’il faut oui ou non participer à une manifestation. Mais aujourd’hui il n’y a plus de Reb. Il faut donc quelques gens courageux qui osent faire le premier pas et comme la situation à Anvers, où je suis premier à le faire. Tant qu’avec l’aide du Ciel je suis persuadé que je sers une cause juste et noble, je continue tant que j’ai la force de le faire.

Propos recueillis par E.I.Anass et Adrien

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A propos de l'auteur :

Ayant vécu en Afrique subsaharienne, au Maghreb et en Europe, je suis Suisse de naissance, Marocain de nationalité, de patriotisme et de culture, Français d'éducation et Belge d'adoption et de coeur. Habitant en Belgique, ma vie se partage entre deux mondes: Je consacre mon avenir professionnel à la comptabilité et la fiscalité, puis m'investis durant mon temps libre à comprendre les enjeux de demain en m'intéressant à la géopolitique, la géostratégie et l'Histoire.

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2 commentaires

  1. Prphl dit :

    Bravo, quel courage et quelle belle vérité.

    Existe-t-il en Belgique un groupe de dialogue inter-religieux avec des hommes de bonne volonté tels que Monsieur Borreman ?

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