Référendum en Ecosse : le « oui » à l’indépendance va l’emporter et l’Ecosse va demander son adhésion à l’Union Européenne

europe-des-regions-c-est-parti-600Il n’y a pas besoin d’être grand devin pour anticiper ce qui va se passer demain concernant le référendum en Écosse. En effet, très certainement, le oui à l’indépendance va l’emporter, et l’Écosse va demander son adhésion à l’Union Européenne. Mais elle doit obtenir le feu vert des 28 états membres, dont l’Espagne qui -a priori- ne souhaite pas voir la Catalogne et le Pays Basque faire sécession… Regardez d’ailleurs la très jolie série d’infographies préparées par Arte, la chaîne franco-allemande, et son émission « Le Dessous des Cartes ».

Le commentaire de cette infographie m’interpelle : « Selon la Commission européenne, une Écosse indépendante devrait faire une demande d’adhésion à l’Union européenne et obtenir l’accord des 28 États membres ». Comment peut-elle préjuger du vœu des écossais concernant l’adhésion ou non de leur pays à l’Union Européenne ? Ah, mais je suis naïf… Je croyais que c’était les peuples qui décidaient de leur destinée ; j’avais complètement « zappé » les viols collectifs de la Démocratie en Hollande, en Irlande et en France il y a quelques années : ma mémoire avait occulté que les élites politiques de ces pays poursuivent « de force » la construction européenne contre la volonté leurs propres peuples, exprimée lors de référendum sur la constitution européenne. Mais à ma décharge, il est tellement plus confortable de continuer à croire que nous vivons en démocratie…

Donc finalement, c’est logique : la Commission Européenne sait par avance ce que l’Écosse va demander, car elle sait que les élites écossaises sont européistes pour la plupart. Mais je reste dubitatif sur la fin de cette prédiction : l’Espagne, de peur de perdre la Catalogne, devrait in fine refuser cette adhésion et donner tort à la Commission, non ? En même temps, David Cameron a bien organisé, lui, un référendum à l’issue duquel la Grande-Bretagne n’a rien à gagner et tout à perdre.

Ceci m’inspire deux réflexions : premièrement, les élites politiques des nations européennes, majoritairement européistes, prennent régulièrement des décisions qui vont à l’encontre de l’intérêt de leurs propres peuples, afin de poursuivre une construction européenne ultracapitaliste et antidémocratique conçue à l’ombre de « think-tanks » obscurs. Deuxièmement, l’étape actuelle de ce plan semble bel et bien de morceler la plupart des états-nations en euro-régions (voir carte ci-dessous). Dans cette perspective, on comprend mieux l’empressement de François Hollande à réformer le découpage territoriale de nos régions. Et on comprend encore mieux ce référendum écossais, qui semble sorti de nul part, alors qu’il fait parti d’un très mauvais « story telling ».

Raphaël Berland

 

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A propos de l'auteur :

Je suis Webmaster depuis 1998, et producteur de musique reggae (Black Marianne Riddim). Je suis un grand curieux, je m’intéresse à beaucoup de sujets (politique, géopolitique, histoire des religions, origines de nos civilisations, …), ce qui m’amène à être plutôt inquiet vis-à-vis du Choc des Civilisations que nos dirigeants tentent de nous imposer.

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8 commentaires

  1. Libertad dit :

    Un bel éclatement des nations pour mieux assouvir les peuples. Tout est dit. Bravo pour cette fine analyse.

  2. Ecosse : gueule de bois à Glasgow après le non au référendum

    « On ne lâchera rien, ce n’est pas la fin de la campagne pour le oui. Les Ecossais appelleront à un nouveau référendum. »

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/09/19/ecosse-gueule-de-bois-a-glasgow-apres-le-non-au-referendum_4490581_3214.html

  3. Bon, bah, il faut bien le reconnaître : je me suis tout-à-fait planté dans ma prédiction ^^

  4. lionel dit :

    Jah Raph,

    Avec tout le respect que j’ai pour toi, je pense que ton analyse n’est pas juste. Elle se fonde sur les excellents travaux de Pierre Hillard. Pourtant je pense que pour le cas de l’Ecosse, une autre analyse doit être faite.

    Tout d’abord, le referendum en Ecosse ne portait pas sur une « régionalistion » mais sur la création d’un nouvel état. Cela fait une très grande différence puisqu’il ne s’agissait pas d’affaiblir le pouvoir de la couronne Britannique en autorisant une autonomie administrative dans son sein (qui maintenant va se faire grâce au « non » vraisemblablement obtenu grâce à une fraude organisée par les « services » Britanniques)).

    l s’agissait d’un émancipation et de la création d’un nouveau fait national. L’Ecosse aurait été un état indépendant qui n’aurait plus été membre de l’UE (il aurait fallu plusieurs années avant que l’Ecosse puisse intégré la structure de domination impériale US en Europe).

    Rien à voir donc avec la politique de régionalisation destinée à affaiblir les états en les transformant en en sous ensembles fédéraux au sein d’une UE, vouée selon les psychopathes qui la dirige, à devenir une fédération.

    Le Oui à la création de ce nouvel état aurait été une sérieuse gifle à l’empire d’où le fait que Obama, Cameron ont salués le résultat des « services intérieurs Britannique ».

    L’Angleterre aurait-elle pu continuer à entretenir son rôle en tant qu’alliés indéfectible des guerres impériales. j’en doute. l’Ecosse est très riches, surtout grâce au pétrole et les apports financiers que cette région fournit à la couronne contribue grandement au budget de l’Angleterre. Si l’Ecosse avait été réellement indépendante (l’enjeu du referendum), la richesse de l’Ecosse aurait été utilisée pour l’état Ecossais et non pour celui du Royaume et de ses interventions guerrières au côté des étasuniens.

    Le Non au référendum est donc bien triste et la régionalisation, la pseudo autonomie de l’Ecosse est maintenant en route, conformément au souhait des impérialistes.

    Respect

    Nul doute que nous aurions passé un excellent moment à échanger sur notre désaccord d’analyse dans le monde réel.

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