Le Bon, la Brute et le « plug anal »

le-bon-la-brute-et-le-plug-anal-300Avez-vous suivi l’affaire du « plug-anal », cette sculpture gonflable énorme en forme de godemiché vert ? Il était exposé la semaine dernière place Vendôme, avant d’être vandalisée par quelques citoyens. Cet acte, que d’aucun jugeront civique, d’utilité voir de salubrité publique, d’autres s’en sont scandalisés, au nom de la défense de l’Art (notamment l’ultra-bobo classe médiatico-politique parisienne). Mais en matière d’art, chacun ses goûts, vous me direz. M’enfin j’estime avoir tout-à-fait le droit de trouver ceux de l’artiste en question, Paul McCarthy, plutôt d’un goût douteux… Pour vous faire un avis éclairé, je vous recommande cet article d’Olivier Berruyer, exhaustif, pertinent et drôle. Mais jusque-là, je n’avais pas l’intention d’écrire une tribune sur le sujet.

Non, ce qui m’a donné envie de dégainer mon clavier, c’est la lecture de cet article du Nouvel Obs, où l’on apprend que notre président François Hollande s’est joint lui-aussi au cœur des vierges effarouchées par le « plug-anal » géant détruit : « La France sera toujours aux côtés des artistes comme je le suis aux côtés de Paul McCarthy, qui a été finalement souillé dans son oeuvre, quel que soit le regard que l’on pouvait porter sur elle . […] Nous devons toujours respecter le travail des artistes ». Trop, c’est trop !

Car c’est ce même président, aidé de son plus fidèle lieutenant (j’ai nommé Manuel Valls, alias « El Blancos »), qui a bel et bien pourri la vie d’un autre artiste, un vrai celui-là, et qui fait rire -volontairement- des millions de Français. Vous avez bien sûr deviné que je parle de Dieudonné. Rappelons que l’actuel premier ministre voulaient interdire les spectacles de Dieudonné qu’il qualifiait de « réunions publiques » qui « n’appartiennent plus à la dimension créative mais contribuent à accroître les risques de troubles à l’ordre public ». Il avait également déclaré « Je sais faire la différence entre les génies de l’humour et les petits entrepreneurs de la haine ». Le président français avait totalement soutenu la position de son premier ministre sur cette affaire ; il avait notamment demandé aux préfets « d’être vigilants et inflexibles ».

Alors, résumons. Nous avons le Bon Dieudonné, qui essaie d’exercer son art dans une France qui exerce une justice d’exception à son encontre (voir le livre « Interdit de Rire », sorti aux éditions Xenia). Et puis en face, nous avons la Brute, le président Hollande. Je souris en écrivant ces lignes, en devinant que certains parmi vous se demanderont sûrement pourquoi je n’ai pas intitulé ma tribune « Le Bon, Le Mou… ». D’abord parce que ça sonne moins bien.

Mais surtout parce que je trouve brutal, violent mentalement et spirituellement, de prendre en pleine figure les déclarations et autres gesticulations de notre président et de son premier ministre, sur des questions d’Art, alors que notre pays va mal. Très mal. Oh ! Bien sûr… Pas pour tout le monde !

Donc la France d’en bas souffre, et nous sommes obligés de regarder celui qui est censé nous représenter (et accessoirement résoudre certains de nos problèmes essentiels comme le chômage) faire la guerre totale à un humoriste, et défendre mordicus un godemiché géant gonflable. Une « oeuvre d’art » qui, ne lui en déplaise, ne restera pas dans les anales 🙂 Parce qu’il nous reste au moins l’humour. Enfin ça, c’était avant.

Raphaël Berland

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A propos de l'auteur :

Je suis Webmaster depuis 1998, et producteur de musique reggae (Black Marianne Riddim). Je suis un grand curieux, je m’intéresse à beaucoup de sujets (politique, géopolitique, histoire des religions, origines de nos civilisations, …), ce qui m’amène à être plutôt inquiet vis-à-vis du Choc des Civilisations que nos dirigeants tentent de nous imposer.

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5 commentaires

  1. jeancharles dit :

    Le problème avec cette « oeuvre », ce n’est pas que l’art ne réussit pas à désolidariser l’objet de l’idée de sa fonction,comme avec les « ready-made » de Marcel Duchamp, mais que la fonction de l’objet en question via sa représentation artistique a glissé de la sphère de l’intime (les jeux sexuels, les toys, etc…)à la sphère publique!! Je ne suis pas contre la pornographie, je suis contre le fait d’en faire des démonstrations démesurées dans la sphère publique, même indirectement, au nom d’une idéologie du libertarisme total et tout ça sous les yeux de nos gosses qui se balladent dans la rue…

  2. Biturix dit :

    « L’art du système spectaculaire est systématiquement la souillure de la beauté. Il est intrinsèquement pornographique. Il montre le laid qui masque la grâce de l’invisible. Il exhibe le Néant qui voile l’Etre.
    Ce faux sapin de la clinquante enculade onaniste dit la vérité de ce qu’est la place Vendôme. Profondément. Il dit le faux de sa profondeur merdique. En cela, il est une œuvre d’art: il révèle le vrai par réflexion du faux.
    Car la fameuse place, mère maquerelle des filles de joaillerie, pôle magnétique de la mondanité putassière, bordel huppé d’un luxe jamais loin de la luxure, parc d’attraction de tout Gollum en mal d’anneaux et de tout enculeur notable de pauvres, n’était pas tant défigurée que révélée par cet énorme jouet anal, par ce géant plug ché-bran pour invertis colonophiles, image parfaite de la pousse-merde gigantesque qu’est le processus de prélèvement de cette plus-value qui fait les places Vendôme et les fétichismes marchands du monde entier. Ce crypto-phallus grotesque, pointe molle à l’épicentre du fétichisme de l’Avoir, révélait la quadrature du cercle de ce lieu d’aisance comptable, avec beaucoup plus d’évidence que la maçonnerie vieille-bite de la Colonne Vendôme.
    Les dégonfleurs de cette bulle artistique de l’enculade subventionnée ont ramené la spectaculaire gonflette des baudruches ornées de la place Vendôme à la réalité de son vide fondamental. Le Capital-bulle finira aussi par éclater un jour. Il sera alors visiblement la mortification qu’il a toujours été intrinsèquement. Pour l’instant, il se montre encore vert. Mais il sent déjà le sapin. »

  3. Beno dit :

    «Oh maman c’est quoi ce truc» dit la petite fille (supposée car la maîtresse de l’école n’a pas compris sa façon de se masturber, confondant parfois sont clitoris avec ses couettes) de 5 ans à parent n°Y.

    «Euh ça ma fille, c’est ce que tout le monde finit par avoir dans le cul à force de croire au père Noël et à ses diplômes».

    Et après, il y en a qui se plaignent parce qu’ils ont des problèmes de constipation… ils n’ont toujours pas compris qu’il fallait l’enlever… Les extrémistes par exemple (de gauche ou de droite) trouvent cela tellement confortable qu’ils s’en sont rajouté… des plus gros.

  4. Tutu dit :

    Qu’ils soient vrais ou faux, c’est-à-dire reconnus ou pas, les personnes qui se disent artistes se lovent dans le système avec délectation, et s’approprient la parole en la volant au reste de l’humanité.
    Ceux qui font une spécialité de s’exprimer, et prétendent en vivre, sont des usurpateurs. Ils revendiquent le monopole de la créativité, alors qu’ils ne font que restituer contre monnaie sonnante et trébuchante l’écume de leur temps, qui leur est gracieusement distribuée.

    Leur soi-disant créativité se résume bien souvent à produire du neuf à tout prix. Notre époque est affligée d’une nouvelle maladie, l’originalisme. Comme si, pour créer, il suffisait d’être prétendument original. Les excès en tout genre auxquels nous assistons en sont la quintessence, mais ne reflète que la pauvreté d’une société qui n’a plus qu’un repère ultime, l’argent. L’argent est le seul critère objectif qui nous est proposé pour évaluer une œuvre. L’intérêt d’une quelconque production (artistique ou non) est purement culturel, subjectif. C’est pourquoi il est primordial d’organiser un marché, qui en objectivant la valeur, permettra d’une part de se faire des couilles en or, et d’autre part de rappeler aux manants que cet univers leur est inaccessible, et qu’il leur est juste demandé de payer et de se taire.

    http://democratisme.over-blog.com/article-artisme-110287144.html

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