La gauche est une salle d’attente pour le fascisme

valls-hollande-fabius-300« La gauche est une salle d’attente pour le fascisme ». Avant que des citoyens de gauche ne lancent une fatwa à mon encontre, je précise que ce titre ne vient pas de moi. Il s’agit de paroles prononcées par un chanteur bien connu, et que j’ai découvertes très récemment ; je vous renvoie à la fin de cette tribune pour découvrir de qui il s’agit. Oui, bien sûr, les plus impatients peuvent « scroller* »… Ce titre donc convenait parfaitement à ces lignes que j’étais en train d’écrire. La Providence (en l’occurrence, un Volontaire bien intentionné, qui se reconnaîtra) m’a donc donné un petit coup de pouce pour finaliser ce billet.

Bref, revenons à nos moutons. Un parfum de glissement vers la dictature flotte dans l’air. D’ailleurs, à quoi reconnaît-on qu’un pays commence à s’enfoncer dans le fascisme ? Il me semble que, dans l’Histoire, les pouvoirs fascisants ont toujours brandi la morale comme moteur de leur action, et s’en sont toujours pris en premier à la liberté d’expression, à l’art, à la culture : la liberté d’expression car la brider c’est limiter la possibilité de s’opposer sur le court terme. l’art et la culture car les brider c’est limiter la conscience populaire collective, et rogner sa résilience face aux injustices.

Voici quatre exemples éclairants sur cette nouvelle morale « de gauche » très inquiétante, et qui s’exprime malheureusement de plus en plus par la bouche de nos gouvernants actuels.

1) On a entendu le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius déclarer que « Bachar Al-Assad ne mériterait pas d’être sur la Terre » (voir la vidéo), ce qui, vous en conviendrez, n’est pas très diplomatique. En langage pas du tout diplomatique, c’est l’équivalent de « Bachar Al-Assad mérite de mourir ». Ça, c’est la morale Fabius.

2) On a entendu le ministre de l’intérieur Manuel Valls expliquer en substance que Dieudonné n’était pas un humoriste, n’était pas un artiste (il avait notamment déclaré que les spectacles de Dieudonné, qu’il qualifiait de « réunions publiques », « n’appartenaient plus à la dimension créative mais contribuent à accroître les risques de troubles à l’ordre public ». Il avait également déclaré « Je sais faire la différence entre les génies de l’humour et les petits entrepreneurs de la haine », sans qu’on sache très bien s’il ne faisait pas allusion à lui-même quand il évoque les ‘petits entrepreneurs de la haine’ -c’est vrai qu’il n’est pas grand…-). Ça, c’est la morale Valls.

Remarquons au passage que Manuel Valls a très certainement changé d’opinion sur les spectacles de Dieudonné, qui ne risquent apparemment plus de troubler l’ordre public puisque l’artiste se produit chaque semaine à Paris sans que son grand copain Manu n’y trouve rien à redire.

3) On a entendu récemment le président François Hollande défendre avec force une statue exposée (et explosée) à Paris, un statue représentant un « plug anal géant » dont la vue était imposée aux riverains et aux passants qui n’en demandaient peut-être pas tant… Je vous recommande sur ce sujet d’aller jeter un coup d’œil à « l’œuvre » de l’artiste en question… Donc ça, c’est la morale Hollande.

4) On entend maintenant le premier ministre Manuel Valls jeter l’anathème sur certains (« Ceux qui vont jusqu’à défendre des thèses racistes ou négationnistes, ceux qui construisent leur notoriété sur la peur, la résignation, la réaction »), groupe dans lequel il inclue visiblement Eric Zemmour. Il suggère aux organisateurs de débat de ne plus l’inviter, et aux citoyens de ne pas le lire : « ceux-là ne méritent pas la place qu’on leur accorde dans le débat public. Ils ne méritent pas qu’on les lise ».

Bon, vu l’effet contraire que les déclaration de Valls ont eu sur les ventes de billet de spectacle de Dieudo, c’est sans doute une bonne nouvelle pour l’éditeur de Zemmour. Mais ça, on s’en fout… Au passage, je précise bien que je ne cherche pas à défendre la pensée et le travail de Zemmour (je n’ai pas encore lu son dernier livre sur Pétain ; je n’ai lu d’ailleurs aucun de ses livres jusqu’à présent…) ; comme beaucoup, j’ai réprouvé certains de ses propos. Je souhaite tout simplement pointer du doigt une dérive très inquiétante vers l’autoritarisme et la tyrannie de la part du gouvernement «socialiste » français.

Ce qui m’inquiète, c’est cette dérive moraliste outrancière, dans laquelle le politique outrepasse complètement son mandat, pour intervenir sur des sphères normalement en dehors de son influence (l’humour, l’art, la littérature, l’histoire). Que nos gouvernants n’interfèrent pas sur ces domaines, c’est le minimum syndical qu’on puisse attendre d’un régime qui se présente comme « démocratique » ; mais on voit aujourd’hui le politique décréter qui est digne d’être lu, vu, entendu, et qui ne l’est pas (qui doit être excommunié des médias, voire de la république). Il se permet même de décréter qui est digne de vivre, et qui ne l’est pas !

Je le répète, c’est par la censure de ces domaines culturels (l’humour, l’art, la littérature, l’histoire) que se sont toujours signalées les dictatures naissantes, notamment au cours de l’Histoire moderne.

En conclusion, je vous laisse donc avec Léo Ferré qui, dans l’extrait qui suit (de 1971 mais curieusement d’actualité) parle de la gauche, des politiques, des artistes. Il fustige les politiciens qui se disent « de gauche » (mais ne le sont pas) et qui se posent en docteurs de la morale -morale qu’ils incarnent pourtant si mal-.

JahRaph

PS : les mêmes élites qui fustigent exagérément les « horribles dictatures exotiques » dès qu’il y a un mort suite à des répressions de manifestations, sont les mêmes qui sont hypocritement silencieux quand cela se produit en France…

*Faire défiler l’écran, en l’occurrence de haut en bas.

(975)

A propos de l'auteur :

Je suis Webmaster depuis 1998, et producteur de musique reggae (Black Marianne Riddim). Je suis un grand curieux, je m’intéresse à beaucoup de sujets (politique, géopolitique, histoire des religions, origines de nos civilisations, …), ce qui m’amène à être plutôt inquiet vis-à-vis du Choc des Civilisations que nos dirigeants tentent de nous imposer.

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10 commentaires

  1. Alain dit :

    Evitons le point Godwin. Une autre explication possible: les partis politiques appliquent tous la même politique économique, sont tous alignés sur la politique extérieure atlantiste; donc pour se différencier il ne reste que le champ de la morale et de la culture qui n’intéresse pas la pensée unique. Comme il ne reste plus que ce champ on y est d’autant plus bruyant et extrême pour faire entendre quelque chose qui pourra passer pour une voix différente auprès de l’électeur

  2. lantuti dit :

    très bon, bravo, je partage.

    PS : j’ai adoré le PS

  3. rolalalalala dit :

    le fascisme est de gauche comme le national socialisme et le libéralisme.

    • Je crois que les dictatures d’Amérique du Sud du vingtième siècle ont amplement prouvé que le fascisme pouvait tout aussi bien être de droite.

      • rolalalalala dit :

        c’est pas faux je voulais dire qu’il vient de gauche; mais c’est sur que vu l’éfficacité du système il n’a pas fallu longtemps au capital pour le récupérer cependant l’un dans l’autre j’ai l’impression que le système capitaliste préfère des système de domination moins direct que ceux utilisé par le fascisme. En plus j’ai jamais dit que j’étais contre. que je sache ce qu’a fait Sankara à l’époque ou même Chavez cela y ressemble beaucoup, Je suis pas sur que les Italien sous Mussolini ait été plus malheureux qu’actuellement par exemple.
        Le seul truc un peu lassant des régimes simili fasciste c’est le bourrage de crâne pas discret.
        Les oligarchie que nous nous tapons ont au moins le mérite d’un peu de discrétion même dans leur propagande (à moins que je sois habitué à force de l’entendre).

  4. fayez chergui dit :

    Laurent Fabius soucieux de prendre soin de la population aleppine à coup de bombes à l’uranium appauvri, comme il l’a fait en Lybie, comme l’adorable US Army en Irak ou jadis au Viet Nam et la morale (ne riez pas) Tsahal en Palestine ; de l’autre les socialistes (pauvre Jaures) satisfont le goût de ceux qui n’ont pas d’yeux pour ce qui est à la fois évident, invisible et hors débat. On est toujours impressionné par ce genre penseurs terrestres. Ces zigs ; plus le contenu de leur pensée est faible, plus ils prennent de l’importance. Évidemment ; plus besoin de réfléchir. Déjà les penseurs de catégorie C comme le Pape, nous époustouflent, alors vous jugez les supercracks comme ils en fichent plein la vue ! Et pourtant Hollande, Laurent ou Manuel pourraient se tenir à la vertical et poser pour un sculpteur chargé d’exécuter la statue de la banalité. Personne n’est plus insignifiant que ces êtres. D’où leur rage. Des ratés de luxe. Hélas, ils ont les moyens de dorer leur connerie. Des ratés célèbres et adulés pour qui des … ont votés ; mais raté tout de même. Ils émergent de la fange et donnent l’impression de s’occuper de l’humanité souffrante. La Syrie en l’occurrence. Il sont du Nietzsche très mal assimilé amalgamé à des relents bibliques (faut l’faire !) et prône la guerre ; une guerre sans merci contre leurs ennemis : tout arabe occupant la terre sacré d’Israël : du Nil à l’Euphrate. Sioniste dans l’âme, c’est à se demander comment ils se situent lorsque les autres sont leurs ennemis. Si vous mordez le topo, ils nourrissent la croyance de la majorité imbécile et ravivent le prurit de la haine : des apôtre du mensonge sanctifié, des bêtes délirantes assoiffées de sang démocratique. Leurs déclarations sont un désir frénétique de gloire, et comme leurs actes sont une exception ils passent pour des con aux yeux des incrédules, mais comme ces derniers sont une minorité et qu’on ne fait rien avec une minorité, ça passe inaperçu et eux pour des grands aux yeux de la majorité. Les socialistes, c’est le règne des porcs !
    Allons z’enfants de la putri-hideux, le jour de honte est arrivéééééé, é, eu…

  5. kumkum dit :

    Bjr,

    Je lis souvent vos articles, et dans l’ensemble, je les apprécie mais je remarque que vous péchez parfois par manque de rigueur ou de précision.
    COncernant le dernier livre d’Eric Zemmour, « Le Suicide français », que je précise n’avoir pas lu non plus, mais pour ce que j’en sais d’après les différentes émissions que j’ai vues où il est venu défendre son bouquin, c’est un livre qui parle de la déliquescence de la société française et non un livre sur Pétain auquel, si j’ai bien compris, il ne consacre qu’un chapitre. Je vous concède que le traitement médiatique du livre peut prêter à confusion vu qu’on ne fait que l’attaquer sur ce chapitre du livre et qu’on est en train d’en faire quasi l’égal de Faurisson. Ce qui corrobore d’ailleurs le sens de votre article.
    Voilà, je me suis permis cette petite remarque car une information précise est une information difficilement détournable et rajoute à la qualité générale d’un article.

    Bien à vous et bravo pour votre travail.

  6. DEMEGL dit :

    Je n’aime pas Léo Ferré, mais là, je dois dire QU’IL A MIS EN PLEIN DANS LE MILLE !!!!

  7. Théo31 dit :

    Impayable le Fabius. Le journaliste mort sur le Rainbow Warrior méritait-il de mourir ?

    Ferré avait donc raison. Ca peut se vérifier depuis quelques jours.

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