La démocratie directe, c’est faisable ! Découvrons le Landsgemeinde de Glaris, en Suisse

10371374_10153516090802324_2996825410292341305_nLa démocratie directe, c’est quand les citoyens votent directement les lois auxquelles ils se soumettront par la suite. En France, nous sommes censés évoluer au sein d’une démocratie représentative, expression qui est pourtant en soi un non-sens. En effet, la démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ; et à l’inverse, la démocratie représentative supprime le gouvernement du peuple, en lui imposant d’élire des représentants qui décideront à sa place, et cela sans tenir compte de son opinion, le peuple ne pouvant rien imposer à ses représentants, comme le stipule l’article 27 de la Constitution française. Et pourtant, en 1762, c’est dans ce même pays que Jean-Jacques Rousseau dénonçait l’imposture de la démocratie représentative, et prônait l’établissement d’une démocratie directe, comme l’illustre cette citation extraite Du Contrat social :

« La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu’elle ne peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point »

Les glaronais ont bien saisi l’idée que la démocratie ne peut être que directe. Depuis 1231, ils ont formé un Landsgemeinde, c’est-à-dire une assemblée citoyenne qui se réunit chaque année, pendant plusieurs heures, afin de voter à main levée les lois cantonales. Les citoyens ont aussi la possibilité de proposer des amendements, c’est-à-dire des modifications aux textes de lois. La forme et le fonctionnement de ce Landsgemeinde seront d’ailleurs prévu dès 1848, dans la Constitution fédérale de la Suisse. Il existe 26 cantons suisses, et seulement deux d’entre eux, Glaris et Appenzell, procèdent toujours de cette façon. Autrefois, il y eut d’autres Landsgemeinde en Suisse ; toutefois, les citoyens décidèrent de soumettre au vote l’abolition de leur assemblée. Cela eut lieu à Zoug et Schwytz en 1848, à Uri en 1928, puis à la suite de scrutins secrets à Nidwald en 1996, dans les Rhodes-Extérieures en 1997 et à Obwald en 1998.

Le canton de Glaris comporte environ 40 000 habitants, dont 30 000 citoyens. Entre 5 000 et 10 000 d’entre eux participent au Landsgemeinde chaque année. On estime que le taux de participation est généralement inférieur à un tiers des citoyens. Cependant, il est important de rappeler qu’au cours d’une législature (4 ans), c’est en moyenne 80% de la population qui participe au moins une fois au Landsgemeinde. Si toute la population ne vient pas chaque année, c’est en raison des thèmes qui sont abordés, jugés plus ou moins intéressants par la population, mais aussi en raison des conditions météorologiques, le Landsgemeinde glaronais de 2015 s’étant déroulé sous la pluie.

Si les citoyens de Glaris sont autant attachés à cette tradition datant du moyen-âge, ils expliquent que c’est parce que cela leur permet d’écouter, ainsi que de participer aux discussions menées sur les lois qui seront proposées au vote, ce qui semble tout à fait rationnel. Bien que, en découvrant ces images pour la première fois, l’originalité de ce fonctionnement puisse sembler déroutante, son efficacité laisser perplexe. En allant interroger directement les glaronais, force est de constater qu’ils ne veulent pas passer à une autre forme de démocratie, que celle-ci les satisfait pleinement, et que personne ne remet en question l’existence de leur Landsgemeinde.

Le Langsdemeinde de Glaris vient démontrer une fois de plus que la démocratie directe est applicable, qu’elle l’a été et qu’elle le sera toujours, que les sociétés n’ont pas besoin de se marginaliser ou de s’ostraciser pour fonctionner ainsi ; tous les arguments utilitaristes des détracteurs de la démocratie directe s’effondrent dès lors que la preuve vivante de son applicabilité est faite (certes, sur un groupe d’individus restreint). Mais il existe aussi en France des régions, des départements, des cantons et des communes, qui permettraient, si l’on le souhaitait, la formation d’assemblées citoyennes réduites, votant les lois au niveau les concernant, se passant ainsi des représentants qui trop souvent usurpent sciemment leur volonté pour mieux la trahir.

Un reportage réalisé par Ryuu et Cause Toujours, et présenté par Arby


Pour en savoir plus sur l’histoire des Landsgemeinde, cliquez ici.

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A propos de l'auteur :

Arby, 20 ans, autodidacte invétéré, je souhaite partager ce que j'ai accumulé par moi-même. J'ai rejoint le Cercle des Volontaires pour son sérieux ainsi que pour la diversité des opinions qui y sont diffusées.

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2 commentaires

  1. Nico dit :

    Merci pour ce reportage très sympathique!

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