Cyril Dion à la Nuit Debout, avant la projection de son film « Demain »

Cyril Dion à la Nuit DeboutLe Film « Demain », réalisé par Mélanie Laurent et Cyril Dion, était diffusé place de la République, pour la Nuit Debout du dimanche 17 avril. À cette occasion, nous avons pu interviewer Cyril Dion, qui nous livre en moins de quatre minutes une excellente analyse du mouvement, de ses forces, mais également des écueils qu’il faudrait, selon lui, éviter.

Raphaël Berland
Propos recueillis par Lawrence Desforges – Montage-vidéo par Shaman

Le Cercle des Volontaires : Cyril, qu’est-ce qui t’a amené ici à la Nuit Debout ?

Cyril Dion : Ce sont les organisateurs (ou plus précisément une partie des organisateurs de Nuit Debout) qui nous ont contactés et nous ont demandé si on voulait bien projeter ce film ici, en nous disant que c’était certainement un bon endroit pour faire des propositions qui participent à changer la société, qu’il y avait l’air d’y avoir une envie commune de réinventer un certain nombre de choses.

Nous, on a fait ce film pour qu’il soit un outil, pour les gens s’en servent, donc on l’a projeté dans plein d’endroits différents : on l’a projeté à l’ONU à New-York, on l’a projeté pour les élus de la Mairie de Paris, on l’a projeté dans des salles des fêtes, dans des écoles. Donc pourquoi pas ici !

S’il y a des gens qui ont l’élan de changer les choses, c’est important de leur montrer.

Le CdV : Que conseillerais-tu pour que le mouvement Nuit Debout grandisse ?

Cyril Dion : Je n’ai rien à dire, les gens sont libres et responsables et font leurs choix par eux-mêmes. Après, nous, ce qu’on a vu dans le film et ce qui me paraît important aujourd’hui, c’est de s’y mettre dès maintenant, c’est-à-dire de ne pas attendre. Et que y a plusieurs endroits où s’y mettre, dans sa vie de tous les jours, où on peut commencer à faire énormément de choses.

À chaque fois qu’on achète quelque chose, plutôt choisir d’aller acheter dans un commerce local ou indépendant, de changer de fournisseur d’électricité pour aller vers un fournisseur d’électricité renouvelable, de manger bio, local, de manger moins de viande, de changer de banque, d’aller dans des banques qui n’ont pas de filiale dans les paradis fiscaux… Tout ça, ce sont des choses qui sont faciles à faire et qu’on peut démarrer maintenant.

Et après, de commencer à s’organiser à l’endroit où ils habitent pour faire en sorte que ces initiatives se développent, et que ce mouvement soit à la fois un mouvement de gens qui se rassemblent, mais aussi de gens qui FONT un peu partout.

Et, à mon avis, c’est en faisant ça, et en changeant la culture de façon assez importante qu’on va pouvoir faire émerger un certain nombre d’idées nouvelles qui deviendront ensuite, peut-être, la normalité, et qui pourront être reprises par des gens qui réinventeront aussi la politique, qui réinventeront aussi la démocratie.

Je pense que c’est très important que ce mouvement soit ouvert, qu’il accueille tout le monde, qu’il fasse en sorte qu’il n’y ait pas d’entre soi. Aujourd’hui, on n’est plus au temps où il faut que les militants restent entre eux, il faut absolument parler à tout le monde, et pour y arriver, il faut de la bienveillance, il faut être non violent, il faut arriver à se respecter et à être sur un terrain commun, un endroit où on est tous concernés par ce qui se passe. Parce qu’on est tous concernés par ce qui se produit dans le monde aujourd’hui.

Le CdV : Alain Finkielkraut chassé de la Nuit Debout du samedi 16 avril par quelques manifestants, qu’en penses-tu ?

Cyril Dion : Je n’étais pas sur place, j’ai juste vu une vidéo sur internet, donc je ne peux pas exactement m’exprimer sur ce qui s’est passé. Je ne sais pas ce qui s’est passé exactement. Après, ce qui est sûr, c’est que lui a parfois tendance à être un peu dans la provoque. Ça, c’est une chose.

De l’autre côté, je trouve que c’est dommage de ne pas parvenir à être dans un espace de dialogue où tout le monde puisse s’exprimer, y compris des gens avec qui on n’est pas d’accord. Et si on commence à régler ça par la violence et par l’intimidation, je pense que c’est pas bon pour le mouvement, de façon générale.

Propos recueillis par Lawrence Desforges

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A propos de l'auteur :

Je suis Webmaster depuis 1998, et producteur de musique reggae (Black Marianne Riddim). Je suis un grand curieux, je m’intéresse à beaucoup de sujets (politique, géopolitique, histoire des religions, origines de nos civilisations, …), ce qui m’amène à être plutôt inquiet vis-à-vis du Choc des Civilisations que nos dirigeants tentent de nous imposer.

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3 commentaires

  1. VS dit :

    Bravo pour l’interview, simple, concis mais efficace! A quand l’union sacrée entre tous les mouvements dissidents?

  2. Tutu dit :

    Lettre ouverte d’un vieux con à la jeunesse de France (et d’ailleurs)

    Vous qui vous réunissez en assemblée générale permanente sur les places des grandes villes de France,

    MEFIEZ-VOUS !

    Méfiez-vous des écrits insipides d’un Stéphane Hessel, vous exhortant à la révolte tout en étant confortablement assis dans les cercles du pouvoir.

    Méfiez-vous du beau discours d’un Frédérique Lordon, chercheur et professeur bien ancré sur son confortable pouvoir d’achat, et tremblant secrètement à l’idée du succès de vos manifestations.

    Méfiez-vous d’un Daniel Mermet, journaliste dont le fond de commerce est la révolution, mais qui a donné à multiples reprises les preuves de sa soumission.

    N’écoutez pas les paroles,mais regardez les actes, les positions sociales, et demandez des comptes !

    Tous seront solidaires dans vos défaites, tous vous trahiront dans vos victoires, car trop bien installé, au chaud dans la contestation impuissante et stérile.

    Abandonnez les places de France, organisez des grèves générales et illimitées avec occupation des lieux de travail, c’est là que le pouvoir vous craindra !

    Et méfiez-vous du vieux con…

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