14–18 revu et corrigé par Michel Collon

Michel Collon mourir patrie industriels investig'action 14–18 guerre mondiale14–18 : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels »

Cette formule qui a fait date, est de l’écrivain français Anatole France. Elle est tirée d’une tribune du même nom, parue dans l’Humanité le 18 juillet 1922 pour dénoncer dans un bilan rétrospectif, l’absurdité de la Première Guerre mondiale. L’écrivain renommé est alors prix Nobel depuis quelques mois. Voici ce qu’il y écrit :

La guerre mondiale fut essentiellement l’œuvre des hommes d’argent, […] ce sont les hauts industriels des différents États de l’Europe qui, tout d’abord, la voulurent, la rendirent nécessaire, la firent, la prolongèrent. Ils en firent leur état, mirent en jeu leur fortune, en tirèrent d’immenses bénéfices et s’y livrèrent avec tant d’ardeur, qu’ils ruinèrent l’Europe, se ruinèrent eux-mêmes et disloquèrent le monde.

On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels, c’est aussi le titre donné par le journaliste Michel Collon d’Investg’Action et par Denise Vindevogel au documentaire qu’ils ont consacré aux enjeux économiques, industriels et géopolitiques de la Première Guerre mondiale, largement passés sous silence alors même que nous commémorons le centenaire de ce conflit ayant causé plus de 18 millions de morts, pertes civiles et militaires confondues.

Michel Collon rappelle cette formule de l’écrivain français Paul Valéry, à garder en mémoire dans notre approche des conflits contemporains :

La guerre est faite par des gens qui ne se connaissent pas et qui se tuent au profit de gens qui eux se connaissent et ne se font jamais de mal.

Voici la présentation du film par ses auteurs :

En cette année anniversaire, les médias racontent « comment » a eu lieu la Première Guerre mondiale (dix millions de morts), mais jamais pourquoi.

« Morts pour la patrie », proclament tous nos monuments officiels. Mensonge ! 14–18, c’était déjà une guerre du fric. Non seulement chez les « méchants » (Allemagne, Autriche), mais aussi chez les « gentils » (France, Angleterre, Belgique…), le véritable enjeu était : quelle puissance dominera le monde et contrôlera ses richesses ?

C’était aussi une guerre des classes dominantes contre les pauvres, contre leurs propres travailleurs exterminés froidement.

Michel Collon mène l’enquête avec trois historiens : Jacques Pauwels (14–18, une guerre de classe), Anne Morelli (Principes de la propagande de guerre) et Lucas Catherine (Des tranchées en Afrique). Vous serez surpris par leurs révélations à contre-courant.

La question est donc : comment peut-on, aujourd’hui, répéter les médiamensonges d’il y a un siècle ? Serait-ce lié aux médiamensonges d’aujourd’hui ?

Galil Agar

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A propos de l'auteur :

Bonjour, je m'intéresse à la philosophie, à la religion, à la littérature et à l'économie. Mes recherches et mes articles au sein du Cercle sont souvent orientés vers les sentiers jalonnant dans un même mouvement ces différents domaines par le truchement de l'Histoire. Je lutte à ma manière contre ce que Jean-Claude Michéa appelle "l'enseignement de l'ignorance". Je considère que chaque prise de conscience poussant un esprit à s'émanciper du flux continu de l'immédiateté et de la banalité pour s'interroger sincèrement sur ses déterminations historiques, psychologiques et spirituelles est un pas de plus vers la victoire. Je pense que le journalisme citoyen peut être un instrument d'envergure dans ce combat, à condition de redonner au terme de "journalisme" la dignité qu'en exigeait l'écrivain George Orwell: "Le journalisme, c'est publier quelque chose que quelqu'un ne voudrait pas voir publié. Tout le reste relève des relations publiques".

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1 commentaire

  1. Raphaël Bahègne dit :

    Les américains ont également aidés les allemands logistiquement pour que la guerre dure le plus longtemps possible.

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