L’ambassadeur russe en Turquie assassiné à la veille d’un sommet Turquie-Russie-Iran sur le sort d’Alep

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Andreï Karlov, l’ambassadeur de Russie en Turquie quelques secondes avant son assassinat

Ce lundi 19 décembre 2016, l’ambassadeur russe en Turquie Andreï Karlov a été assassiné alors qu’il inaugurait une exposition photographique à Ankara intitulée « La Russie vue par les Turcs ». La captation de l’assassinat a été retransmise sur internet puis partagée sur plusieurs réseaux d’information en ligne, puisque l’ambassadeur prononçait un discours devant les caméras lorsque son assaillant lui a tiré dans le dos, répliquant à plusieurs reprises avant de lever le bras en l’air une fois sa cible tombée au sol. L’ambassadeur a succombé à ses blessures alors qu’il était conduit à l’hôpital. Nommé ambassadeur en Turquie en 2013, il était âgé de 62 ans.

Selon les médias turcs, trois autres personnes auraient été blessées dans l’attaque. Le suspect aurait été abattu par les forces spéciales turques durant une intervention qui aurait duré quelques minutes. Comme le confirment les images de l’assassinat, il aurait crié au moment d’ouvrir le feu :

« N’oubliez pas la Syrie, n’oubliez pas Alep, Allahu Akbar »

La vidéo de l’assassinat fait état d’une déclaration bien plus longue en turc, dont nous ne disposons pas pour l’heure actuelle de la traduction. Le maire d’Ankara Melih Gökçek a affirmé que l’assaillant faisait partie des forces de police. Le quotidien turc pro gouvernemental Yeni Safak aurait confirmé cette information, identifiant le tireur présumé comme un membre des forces anti-émeutes.

Cet assassinat a lieu alors que les ministres des affaires étrangères turc, iranien et russe devaient se retrouver demain, mardi 20 décembre 2016 à Moscou afin de s’entretenir sur l’avenir d’Alep. À l’heure actuelle, nul ne sait si cette réunion demeure ou non à l’ordre du jour. Après l’annonce de l’assassinat, les comparaisons entre la situation actuelle et celle de l’assassinat de l’archiduc François Ferdinand le 28 juin 1914 à Sarajevo ont fait florès sur internet.

Le point sur la situation quelques instants après l’événement par Fatma Kizilboga, correspondante de France 24 en Turquie.

Galil Agar

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A propos de l'auteur :

Bonjour, je m'intéresse à la philosophie, à la religion, à la littérature et à l'économie. Mes recherches et mes articles au sein du Cercle sont souvent orientés vers les sentiers jalonnant dans un même mouvement ces différents domaines par le truchement de l'Histoire. Je lutte à ma manière contre ce que Jean-Claude Michéa appelle "l'enseignement de l'ignorance". Je considère que chaque prise de conscience poussant un esprit à s'émanciper du flux continu de l'immédiateté et de la banalité pour s'interroger sincèrement sur ses déterminations historiques, psychologiques et spirituelles est un pas de plus vers la victoire. Je pense que le journalisme citoyen peut être un instrument d'envergure dans ce combat, à condition de redonner au terme de "journalisme" la dignité qu'en exigeait l'écrivain George Orwell: "Le journalisme, c'est publier quelque chose que quelqu'un ne voudrait pas voir publié. Tout le reste relève des relations publiques".

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