La famine, arme de la guerre et du marché : Niger, Nigéria, Sud-Soudan, Somalie, Yémen

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Réfugiée du Sud-Soudan avec son fils souffrant de la famine

Le 22 février 2017, Antonio Guterres, le nouveau secrétaire général de l’ONU, lançait un cri d’alarme concernant la famine sévissant au Nigeria, au Sud-Soudan, en Somalie et au Yémen. A cette occasion, il invitait tous les membres de la « communauté internationale » au financement d’opérations humanitaires d’urgence, mais sans évoquer les causes structurelles conduisant régulièrement à la mort de millions d’êtres vivants.

10 ans de famine au Sahel, entre prédation financière et militaire

Contrairement à une idée tenace, la sécheresse n’est pas la cause principale de la crise alimentaire qui frappe certains pays du Sahel de manière récurrente. Cette situation d’urgence alimentaire quasi permanente est le produit d’une histoire complexe : les enjeux financiers, énergétiques et géopolitiques y croisent les données climatiques de manière singulière. Pour comprendre pourquoi le financement d’opérations humanitaires ponctuelles ne réglera jamais le problème, il convient de remonter le cours de cette tragique histoire.

La famine de 2005 au Niger : prélude aux émeutes de la faim

Quand la famine survient en juillet 2005 au Niger, les médias et les bailleurs de fond occidentaux s’empressent d’en attribuer la cause à la sécheresse et à la formation d’essaims de criquets dans la région. Or, les responsables d’ONG sur le terrain finissent par constater que les cas de malnutrition les plus avancés ne touchent pas les zones du pays frappées par la sécheresse, mais au contraire, la région agricole et fertile du sud, considérée comme le grenier à mil du Niger. Et ce pour la raison suivante : les organisations internationales telles que la banque mondiale ou le FMI ont poussé les pays d’Afrique subsaharienne à la libéralisation des marchés agricoles. Ainsi, les agriculteurs du Sud du Niger ont vendu leurs denrées au Nigeria voisin, plus solvable, et le gouvernement du Niger n’est donc plus en mesure de nourrir sa population avec ses propres ressources agricoles.

Pour appréhender la part de responsabilité des institutions de gouvernance mondialisée et de leur idéologie ultra-libérale dans la mort des êtres vivants victimes de cette famine, il faut se souvenir, comme le précisait Jean-Christophe Victor dans l’épisode du Dessous des cartes présenté ci-dessous, que le gouvernement nigérien et ses bailleurs de fond occidentaux ont alors refusé pendant plusieurs mois de distribuer une aide alimentaire gratuite aux populations, de peur de déstabiliser le cours boursier des céréales.

2008 à 2011 : de la prédation financière aux émeutes de la faim

Cette catastrophe humanitaire n’a pas servi de leçon aux organisations internationales présentant la libéralisation des marchés comme la solution à la crise alimentaire alors qu’elle en était la cause fondamentale. Ainsi, lorsque la bulle financière des subprimes a éclaté en 2007-2008, c’est tout naturellement, et sans aucune entrave institutionnelle, que les fonds spéculatifs ont investi des milliards de dollars dans la valeur refuge des matières premières, denrées alimentaires en tête, déstabilisant complètement les cours de ces biens de première nécessité et provoquant des émeutes de la faim sur la toute la surface du globe. Cette crise alimentaire et géopolitique a touché des pays d’Amérique latine, d’Asie mais aussi d’Afrique subsaharienne, et notamment du Sahel, déjà fragiles sur le plan politique, tels le Tchad, le Soudan et l’Éthiopie.

Chaos terroriste et matières premières : le Sahel au cœur des stratégies de conquête énergétique mondiales

Afin de comprendre pourquoi aucune politique mondiale d’envergure n’a été envisagée pour combattre durablement l’engrenage des émeutes de la faim, il faut coupler ces conjonctures avec d’autres paramètres historiques et politiques. Le Sahel est une ceinture naturelle qui de part en part, permet l’accès aux ressources pétrolières les plus vastes au monde : celles de la Libye et de l’Algérie au Nord, celles du Golfe de Guinée au Sud. Sans compter les ressources contenues au cœur du Sahel lui-même : le pétrole du Nigeria, l’uranium du Mali et du Niger, les ressources du Soudan. Le combat pour la maîtrise de ces ressources est un enjeu majeur pour les grandes puissances qui se les disputent, et qui n’ont donc pas grand intérêt à ce que des gouvernements locaux forts et indépendants prennent le pouvoir en ces contrées.

Des émeutes de la faim au renversement de Khadafi

Au contraire, toutes les formes de déstabilisation dans le Sahel sont bonnes à prendre pour les grandes puissances mondiales, dans la mesure où le chaos local leur permet de justifier une présence militaire par les impératifs de la préservation de l’ordre et de l’aide humanitaire aux populations. Ainsi, les émeutes de la faim de 2011 ont coïncidé avec les perspectives de renversement de Mouhamar Khadafi et avec l’expansion de groupes tes que AQMI (Al Qaïda au Maghreb Islamique) ou Boko Haram,  des frontières de la Libye au Mali, du nord du Sahara jusqu’aux zones équatoriales au sud du Sahel.

Les pays africains, sentant venir la gestion néocoloniale de la lutte contre le terrorisme, refusent la création d’un centre de la CIA sur le continent, ainsi que celle de l’organisme de gestion états-unien du continent africain : AFRICOM. Comme le précise l’anthropologue Maximilian Forte dans le documentaire ci-dessous (29’43), La guerre de l’ombre au Sahara, de Roberto Coen et Eric Nadler, l’assaut occidental contre Khadafi avait aussi pour but de mettre en garde les autres pays de la région : toute défiance vis-à-vis de la mainmise occidentale sur les ressources africaines sera militairement sanctionnée.

Déstabilisations politiques et migrations de population : le cas critique du Sud-Soudan

Ces déstabilisations politiques dans les territoires ainsi mis sous tutelle économique et militaire ne sont pas sans influence sur le sort des populations qui les habitent et sont obligées de les fuir pour assurer leur survie. Les déplacements de population qui en résultent sont un facteur d’aggravation de la famine. C’est notamment le cas au Nigeria, où l’arrivée massive des populations affamées du Niger n’a fait que déplacer le problème en apportant la famine dans les camps de réfugiés. C’est aussi le cas, nous allons le voir, au Sud-Soudan, où les mouvements de population internes aggravent la situation de famine.

Un projet de division conçu par les magnats texans du pétrole

C’est donc le projet de division du Soudan en deux états en 2011, soutenu par les États-Unis défavorables au régime de Karthoum qui avait accueilli et protégé Ben Laden dans les années 1990, qui a favorisé une émigration massive vers le Sud, doublée d’une spoliation progressive des terres par des multinationales états-uniennes, et chinoises. Officiellement, ces multinationales sont en quête de terres agricoles. En réalité, nombre des territoires spoliés aux habitants par le gouvernement du Sud-Soudan puis revendues à des multinationales étrangères seraient sujets à des forages.

Les sous-sols du Sud-Soudan regorgent de pétrole, et c’est pourquoi les grandes puissances se disputent ce territoire. En marge de la promotion de son documentaire Nous venons en amis (2014),  le réalisateur autrichien Hubert Sauper expliquait comment

« L’idée de diviser le Soudan est née au Texas, dans le clan des pétroliers proches de la famille Bush. Il fallait séparer le Soudan en deux pour récupérer le pétrole du Sud et contenir la poussée arabe en Afrique. C’était ça le projet, même si des gens comme George Clooney et Angelina Jolie se sont mobilisés au nom de valeurs humanitaires. »

Hubert Sauper l’exprime clairement, le Sud-Soudan est devenu un territoire sur lequel se joue désormais une bataille de la guerre pour les ressources entre la Chine et les États-Unis. Sauper explique que la corruption des élites soudanaises joue un rôle de premier plan dans cette domination étrangère sur les territoires et les ressources.

L’eau, la nourriture et le pétrole, facteurs et armes de guerre

Comme l’explique très bien Jean-Christophe Victor dans l’épisode du dessous des cartes ci-dessous, la captation du pétrole est un facteur essentiel de tensions entre Soudan du Nord et Soudan du Sud, mais la lutte pour la domination des circuits de circulation de l’eau l’est également. L’instabilité du territoire du Kordofan du Sud, à la frontière entre les deux états, est une des raisons des déplacements massifs de population vers le sud, dont la mauvaise gestion contribue à la situation de pénurie alimentaire. Dans ce conflit entre Soudan du Nord et du Sud, les forces en présence exploitent des enfants soldats.

Enfin, la famine est utilisée comme arme de guerre au sein même du Soudan du Sud, dans lequel deux factions rivales ont conduit en quelques années le pays à la guerre à une guerre civile aux relents de conflit ethnique.

Rendant beaucoup plus dangereuses et difficiles les conditions d’approvisionnement, cette guerre civile interne au Sud-Soudan a contribué à l’augmentation des prix des denrées alimentaires, aggravant la famine qui touche déjà une large partie de la population.

Le Yémen, point de contact entre la corne de l’Afrique et le « Grand Moyen-Orient »

Comme l’expliquait Jean-Christophe Victor, les différentes factions islamistes présentes dans le Sahel se sont répandues d’Est en Ouest depuis le foyer afghan, l’Irak, puis le Yémen, d’où Ben Laden lui-même est originaire. Le détroit de Bab el Mandeb reliant la Mer Rouge au Golfe d’Aden, séparant le Yémen de l’Érythrée et de Djibouti (où la France et les Etats-Unis ont installé des bases militaires), est un point stratégique de circulation des matières premières. L’un des enjeux principaux de la guerre que se livrent les factions outhistes chiites proches du régime iranien d’un côté, et la coalition menée par l’Arabie Saoudite et soutenue par les États-Unis de l’autre, est le contrôle de ce détroit.

Contrairement à son voisin saoudien, le Yémen est un pays pauvre. Bien qu’il soit fertile, une grande partie des terres y sont exploitées pour cultiver des produits destinés à l’exportation, comme le café, le coton ou le tabac, jugés plus rentables que la production de denrées alimentaires pour la population locale.  Cette logique de rentabilité mène de nombreux agriculteurs  à se tourner vers la culture du qat, une drogue fortement consommée au Yémen et en Somalie.

La pêche a longtemps constitué une industrie clé pour le Yémen, mais le harcèlement permanent des pêcheurs par les pirates somaliens constitue désormais un énorme manque à gagner pour cette économie. Selon certaines estimations, le pays dépendrait à 90% des importations de nourriture et de pétrole, bien qu’il soit lui-même producteur de pétrole.

L’Arabie Saoudite fabrique de la famine au Yémen

L’Arabie Saoudite est aujourd’hui accusée par de nombreuses ONG d’entraver l’approvisionnement des populations du Yémen en nourriture. Les bombardements menés par la coalition saoudienne empêchent les villageois isolés d’accéder aux réserves de nourriture situées dans les grandes villes. Le bombardement des ports empêche également le ravitaillement des populations en nourriture et en produits de première nécessité.

A la guerre civile et aux bombardements de la coalition se joignent au Yémen des attentas d’Al Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) au Sud, et des attentats de l’état islamique au Nord.

La Somalie entre guerre civile, piraterie, terrorisme, famine et choléra

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Situation politique de la Somalie en Avril 2017

Faisant face au Yémen par-delà le Golfe d’Aden,  la Somalie est elle aussi touchée par la famine et la guerre. Les troupes de l’état islamique ont commencé à y recruter et entraîner des combattants en octobre 2015, créant progressivement des alliances avec les factions islamistes d’al shabbaab, déjà liées à Al Qaïda. Comme au Yémen, la situation de guerre est essentiel pour comprendre les raisons de la famine en Somalie, car elle empêche la formation de couloirs humanitaires. Les ONG subissent de lourdes pertes humaines, et sont rançonnées sur les routes par les partisans d’al shabbaab. Elles n’ont pas accès aux populations civiles, qui sont donc à la merci de tous les belligérants.

L’intégration des milices comme moyen de survie

Ici encore, paradoxalement, ce sont les paysans et les nomades vivant directement avec leurs troupeaux qui sont les plus touchés, car leur éloignement géographique des points de ravitaillement empêche l’action directe des ONG lorsque la sécheresse se s’ajoute à toutes les difficultés rencontrées par ces populations. Une grande partie des pêcheurs, ruinés comme au Yémen par la piraterie et les pillages, ont eux-mêmes été contraints de se convertir à la piraterie ou d’intégrer des milices armées pour survivre.

Épidémie de choléra et mouvements de population
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La situation de famine touche particulièrement les zones contrôlées par les chebab, mais s’étend dans les pays d’accueil des réfugiés somaliens limitrophes, notamment le Kenya, Djibouti et l’Éthiopie.

Comme lors de la famine de 2011, le choléra s’est récemment joint à la pénurie alimentaire, menaçant les populations physiquement les plus fragiles. En avril 2017, on dénombrait 25 000 personnes touchées par le choléra.

En Somalie comme au Sud-Soudan, la famine et la guerre engendrent de vastes mouvements de population en quête de nourriture, mais aussi de soins. Ces mouvements de population génèrent eux-mêmes des problèmes sanitaires et sociaux aggravant la situation plus qu’ils ne permettent de la résoudre.

L’Ouganda et le Kenya figurent parmi les premières terres d’accueil des populations somaliennes en exil. De fait, la famine s’étend également dans ces pays, au rythme des afflux de réfugiés.

L’AMISOM et le gouvernement de transition contre les chebab, une guerre frontale

Le mouvement al shabbaab, dit des chebab, a vu le jour en 2006, lorsque le gouvernement fédéral et l’Union des tribunaux islamiques sont entrés en guerre, et que l’Éthiopie voisine, se sentant menacée par ce déséquilibre politique, a elle-même envoyé des troupes afin d’appuyer le gouvernement de transition alors mis en place. L’armée kényane est elle aussi impliquée dans l’alliance contre les chebab depuis octobre 2011. Les forces kényanes et éthiopiennes agissent en Somalie sous l’égide de l’Union Africaine, elle-même mandatée par l’ONU, dans le cadre de la Mission de l’Union Africaine en Somalie (AMISOM). Le Kenya a lui-même connu une série de sanglants attentats en représailles à ses opérations en Somalie.

Jeux d’alliance et velléités d’indépendance

Des dirigeants politiques pensant tirer leur épingle du jeu de la division ont scellé des alliances avec les chebab afin d’obtenir des postes politiques d’envergure en cas de victoire de ces derniers. Les attaques des chebab contre les bases militaires kényannes et éthiopiennes sont récurrentes. Pour ne rien arranger à la situation, certaines régions de Somalie, telles le Somaliland, le Puntland et le Maakhir (située entre les deux précédentes), ont déclaré leur indépendance, sans qu’elles soient reconnues par le gouvernement de transition de Somalie, ni par une quelconque instance internationale.  Ces positions politiques complexes créent des jeux d’alliance inextricables.

Viols des Somaliennes par des soldats de l’AMISOM ?

Comme au Yémen, la guerre est un facteur d’aggravation de la famine en Somalie, puisque les populations civiles sont prises à partie par les différentes factions pour faire pression sur les autorités censées en avoir le contrôle. La terreur n’est pas seulement du côté des chebab. Selon un rapport de l’ONG Human Rights Watch, les forces de l’AMISOM auraient commis une série de viols sur des somaliennes, qu’ils auraient tenté de faire passer pour des transactions sexuelles tarifées en leur remettant de l’argent après les faits. Dans les régions reprises par les islamistes, les femmes violées encourent le risque de la lapidation, dans la mesure où elles sont accusées de prostitution.

Présences militaires de la France et des États-Unis

L’opération de 2013 en Somalie n’est qu’un exemple de l’hyperactivité militaire de la France en Afrique

L’émergence de mouvements jihadistes en Somalie a relancé les activités de la piraterie dans le Golfe d’Aden, et notamment, la pratique de la prise d’otages, afin de rapporter des fonds pour financer la guerre. Le 11 janvier 2013, l’armée française a lancé une opération pour libérer Denis Allex, un agent de la DGSE (services secrets extérieurs français) retenu par les chebab. Cette opération s’est soldée par un échec. A la suite de cette opération, Denis Allex aurait été exécuté par ses geôliers.

Comme au Yémen, les Etats-Unis mènent également des offensives contre les forces d’Al Shabbab. Ces opérations se soldent parfois par de sanglants échecs, comme le 4 mai 2016. Pour la première fois depuis les événements de 1993 ayant inspiré au réalisateur Ridley Scott La chute du faucon noir, un soldat états-unien, chargé de conseiller et d’assister l’armée nationale, a été tué en territoire somalien.

Les grandes puissances en embuscade

Rivalités en Afrique entre la Chine, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Russie

La France et les États-Unis justifient, avec d’autres puissances, leur présence dans la région par la lutte contre le terrorisme et la piraterie, notamment à la demande du gouvernement yéménite. Si elles n’agissent pas massivement en Somalie comme elles ont pu le faire par les airs en Syrie ou par la voie terrestre en Afghanistan et au Mali, c’est parce que ces puissances gardent à l’esprit l’échec de leur interventions dans ce pays au cours du conflit des années 1990. Même pour assurer un couloir humanitaire, elles ne veulent plus perdre d’hommes dans le guêpier somalien.

Trop souvent accusées d’ingérence lorsqu’elles interviennent directement sur les territoires africains, les puissances militaires de la France et des États-Unis tendent à laisser les armées nationales africaines gérer les problèmes de leurs voisins sur le terrain, du moins lorsque leurs intérêts en terme de retour sur investissement n’y sont pas garantis. Elles sont prises en tenaille entre le risque de voir le piège des guerres asymétriques se refermer sur elles, en cas d’engagement contre des troupes entraînées à la guérilla, et le risque de voir des groupes armés qui leur sont hostiles prendre une ampleur sans limite, à mesure que la misère offre pour seule alternative aux populations civiles la mort par les armes ou la mort par la faim.

Vers une guerre mondiale de la faim

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Les pays touchés par la famine en Afrique figurent parmi ceux dans lesquels les investisseurs étrangers rachètent le plus de terres

Pourtant, les États-Unis ont envoyé des troupes en avril 2017 pour former les soldats de l’AMISOM. La présence de puissances telles que les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne, si elle se veut plus discrète, n’en pas moins prégnante, et vise avant toute chose à préserver le pré carré occidental face à l’expansion de la présence chinoise sur tout le continent. Leurs frappes par drones sont par ailleurs récurrentes sur la majorité de ces territoires menacés par la famine, du Sahel au Yémen en passant par la corne de l’Afrique, mais les moyens structurels pour préserver sur le long terme la survie des populations civiles menacées à la fois par la guerre, la famine et la spéculation sur les matières première demeure dérisoire.

Le but premier de cette guerre de position qui utilise le chaos local pour justifier sa présence : garder le contrôle des ressources énergétiques et agricoles. Les hommes d’affaire qui collaborent avec les états corrompus privant les populations de leur souveraineté sur les richesses des sols en Afrique ne s’y trompent pas, car ils savent que les prochaines guerres auront l’alimentation pour enjeu. A vrai dire, ces guerres, ou plutôt cette guerre mondiale pour la souveraineté alimentaire a déjà commencé. Les populations du Sahel, de la corne de l’Afrique mais aussi du Moyen-Orient, du Sud-Est asiatique et de l’Amérique latine en sont déjà les victimes.

Galil Agar

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A propos de l'auteur :

Bonjour, je m'intéresse à la philosophie, à la religion, à la littérature et à l'économie. Mes recherches et mes articles au sein du Cercle sont souvent orientés vers les sentiers jalonnant dans un même mouvement ces différents domaines par le truchement de l'Histoire. Je lutte à ma manière contre ce que Jean-Claude Michéa appelle "l'enseignement de l'ignorance". Je considère que chaque prise de conscience poussant un esprit à s'émanciper du flux continu de l'immédiateté et de la banalité pour s'interroger sincèrement sur ses déterminations historiques, psychologiques et spirituelles est un pas de plus vers la victoire. Je pense que le journalisme citoyen peut être un instrument d'envergure dans ce combat, à condition de redonner au terme de "journalisme" la dignité qu'en exigeait l'écrivain George Orwell: "Le journalisme, c'est publier quelque chose que quelqu'un ne voudrait pas voir publié. Tout le reste relève des relations publiques".

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1 commentaire

  1. voici un autre article qui devrait vous permettre d’avancer dans votre réflexion et qui détermine plus précisément les racines même de tout ça : http://matinpremiere.com/2017/05/30/ils-mentent/

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