La Boucherie Éthique, de la déontologie de l’étripage

La Boucherie Éthique est la première boucherie en France à proposer de la « viande éthique », un commerce qui a vocation à réconcilier l’homme et l’animal, sans souffrance pour ce dernier. Les Parasites [1] vous présentent ce nouveau concept où honneur et dignité sont rendus à ces cochons de payeur et autres vaches à lait. De leurs propres mots :

« La Boucherie Éthique est une avancée pour la cause animale et une révolution alimentaire qui nous a posé beaucoup de questions et auxquelles nous avons essayé de répondre à travers ce documentaire »

Bon, côté idée, sans pour autant se trouver sous le sabot d’un cheval, pas de quoi fouetter un chat. Le documentaire présente Daniel, boucher charcutier de père en fils. Le type a le bourdon depuis qu’il a pris conscience des horreurs des abattoirs et du cynisme des requins en col blanc. Rusé comme un renard, il est saisi d’inspiration devant une compétition de handisport.

Dès lors, le bougre n’a plus qu’une idée en tête : la Boucherie Éthique. Têtu comme un âne le mec. Ça y est, vous avez trouvé ? Non ? Vous donnez votre langue au chat ? « Crache le morceau » me dites-vous. Regardez donc le documentaire [2] avant de lire le reste, on se retrouve après…

Pour encourager la Boucherie Éthique, n’hésitez pas à envoyer un message de soutien sur leur page Facebook.

C’est bon, vous avez fini de déboucher vos chiottes ? J’avais une faim de loup pendant que vous vous bâfriez d’images. J’ai comme… un chat dans la gorge. Arrghh. Ça va mieux. Ben alors, tu prends pas bien ma satyre ? Je te vois venir avec tes gros sabots. « Bobo-écolo » éructes-tu. Mais tu t’es trompé de bail, vieux, moi je suis là pour me marrer. Même L214 [3] s’est prêtée au jeu, c’est dire !

Mais revenons-en à nos moutons. Le docu ne met pas la charrue avant les bœufs — chat échaudé craint l’eau froide — et ça commence sobrement dans la dystopie. Première envie de se barrer très loin, on voit Lulu tenter de se déplacer avec ses nouvelles prothèses. Malhabile tout ça, ça ressemble à une communication réussie de Castaner, la pauvrette manque de se casser la gueule plusieurs fois. Mais bon, la neige que veux-tu, et puis pas adroite la bestiole, tout bonnement rien qui ne remette en cause le concept. Les Grognards aussi ont souffert de l’hiver, tu vas pas me dire pour autant que t’es pas fier des roustes infligées par la Grande Armée aux rosbifs ? Une blague de mauvais goût ? Savoure donc un casse-croûte de girafe ou un ceviche de dauphin. C’est tendre, succulent, un peu cher malgré tout mais la fin de la dissonance cognitive a son prix. Tout se paye aujourd’hui et tu devrais l’accepter, et l’apprécier. Mais, voilà ce qu’il faudrait faire : popularisons, ouvrons le marché — pardon, démocratisons — distribuons. À quand le partenariat avec McDonald’s ou Leclerc ? Ces génies trouveront sûrement un moyen d’éthique(te)r du cerveau, du foie ou des rognons (mon Dieu que c’est bon les rognons). On veut du prion éthique !

Ton animal de compagnie est à croquer ? N’hésite pas, goûte z y voir la jambe à ton clébard et aux chiottes la morale ordinaire ! É-man-cipe-toi, ça casse pas trois pattes à un canard. Copains comme cochon, non ? De toute manière son innocence et ses yeux de merlan frit te tapaient sur les nerfs. Faut du changement aujourd’hui, même si ça commence à puer Huxley plein pot. Les maîtres, ces peaux de vaches, épanchent pudiquement quelques larmes de crocodiles. C’est beau comme une déduction fiscale. Attends, deux secondes, pause ; je vais sauter du coq à l’âne.

Bref, arrêtons les conneries et prenons le taureau par les cornes, parce que là les gars tout s’accélère. On finit pire que Black Mirror [4], compteur dystopique explosé : c’est pas loi Pinel quand ton taudis en promo en arrive à te coûter un bras — Bernard K. et l’UÇK te proposent le toit en supplément pour un rein à la mode serbe —, t’es fait comme un rat et t’as droit à un aller simple sur un tournage type Soylent Green [5] sponsorisé par Amin Dada [6]. Plutôt sec l’atterrissage. Finalement, le producteur d’idée se retrouve le dindon de la farce. La Boucherie Éthique ? Adieu, veau, vache, cochon, couvée !

Stéphanie et Antoine


Liens :

[1] Chaîne YouTube, page Facebook et page Wikipédia des Parasites.

[2] Lien vers le documentaire La Boucherie Éthique.

[3] Site et page Wikipédia de L214 éthique et animaux.

[4] Page Wikipédia de la série télévisée britannique Black Mirror créée par Charlie Brooker.

[5] Page Wikipédia du film Soylent Green, sorti en 1973 et réalisé par Richard Fleischer.

[6] Sur Amin Dada, nous conseillons le documentaire pour le moins déroutant Général Idi Amin Dada : Autoportrait, réalisé par Barbet Schroeder et sorti en 1974.

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A propos de l'auteur :

Ingénieur de formation, littéraire de cœur, je suis consultant en région parisienne. Amoureux de nature et de culture, de voyages et de terroirs, je m'intéresse à des sujets variés en m'astreignant, autant que faire se peut, à les approcher avec un esprit libre et curieux. Parmi eux, par exemple, la géopolitique, la fabrication de l'opinion par les médias, l'histoire de l'art et de la pensée, l'écologie sociale ou encore le cinéma d'auteur ou le communalisme libertaire.

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2 commentaires

  1. Guiocho dit :

    Ça va dans le bon sens #govegan

  2. Guiocho dit :

    Ça va dans le bon sens. Un peu loufoque tous les moyens sont bons pour faire avancer la cause. #govegan

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