Vive Isralestine !

Le conflit israélo-palestinien connait depuis quelques semaines un regain de violence. Après le lynchage à Jérusalem-Est de Djamal Joulani par un groupe de jeunes extrémistes sionistes, les échanges d’amabilités entre Palestiniens et Israéliens n’ont eu de cesse de se multiplier. Les roquettes répondant aux attaques de l’armée israélienne, faisant chaque jour un peu plus de victimes de part et d’autre, la situation semble plus inextricable que jamais.

Du côté Israélien, une partie de l’élite, de plus en plus aveuglée par une idéologie profondément religieuse, semble lancée dans une fuite en avant jusqu’au-boutiste.

Du côté Palestinien, la radicalité du combat semble avoir atteint un point de non retour, en raison notamment des multiples pied-de-nez de la communauté internationale face aux tentatives palestiniennes de règlement du conflit de façon pacifique et équilibrée.

Et à voir la tournure que commence à prendre la géopolitique mondiale, dont le conflit israélo-palestinien est le nœud gordien, il est urgent de se demander : où sont les gens de bonne intention de part et d’autre ?

Une radicalisation palestinienne inéluctable

Pour comprendre la lente radicalisation de la contestation palestinienne, il est nécessaire de prendre de la hauteur au niveau temporel, et de déchiffrer l’enchaînement des évènements depuis le début du XXème siècle, notamment après la déclaration Balfour de 1917. Il serait bien trop long d’expliquer la succession des épisodes depuis cette date[1]. Mais si l’on devait exposer la trajectoire prise par l’opposition palestinienne, et comprendre la radicalité croissante de ces derniers, il est nécessaire d’intégrer que les multiples tentatives de règlements pacifiques du conflit, initiées par les représentants palestiniens, se sont soldées par une fin de non recevoir de la part de la communauté internationale.

A partir de 1917, la position de la Grande-Bretagne[2] a oscillé entre deux idées antagonistes : d’un côté le respect du principe d’autodétermination inscrit dans la charte de la SDN[3], et de l’autre la fidélité à son engagement de créer un foyer national juif, résumée dans la déclaration de Balfour et reprise dans le mandat pour la Palestine[4].

Le texte de la déclaration, dont les dispositions ont été entièrement reprises dans le mandat britannique pour la Palestine, prévoyait que la puissance mandataire devait apporter son soutien à l’effort d’instauration d’un foyer juif en Palestine. « Dans ces deux documents, les palestiniens ne sont pas une seule fois cités, ni en tant que palestiniens, ni en tant qu’Arabes, mais seulement désignés par l’expression « collectivités non juives » ne détenant que des droits civils et religieux – leur droit nationaux et politiques n’apparaissant nulle part »[5].

Le mandat britannique a ainsi été perçu jusqu’en 1947, comme une véritable « cage de fer » pour les palestiniens, les empêchant de faire émerger leurs revendications politiques légitimes, en leur déniant le droit d’être considérés comme un peuple. Et cette politique de l’autruche s’est poursuivie après la Seconde guerre mondiale. L’exemple typique de concession effectuée par les représentants palestiniens, qui fut balayée d’un revers de main par les israéliens, les américains, et par la communauté internationale, est sans aucun doute la position « pragmatique » adoptée à partir des années 1970, sous l’impulsion des dirigeants du Fatah[6]. Position prévoyant la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël, en reprenant de nombreuses solutions satisfaisant les conditions posées par Israël et les Etats-Unis. Mais cette initiative est restée lettre morte.

Dès lors, la position palestinienne n’a eu de cesse de se radicaliser. Les gens de bonnes intentions ayant été copieusement ignorés, laissant progressivement la place à des opposants islamistes religieux, prônant la lutte armée contre Israël.

La dérive obscurantiste des élites israéliennes

 A la fin de la Seconde guerre mondiale, et après le plan de partage de la Palestine par l’ONU en novembre 1947, Israël déclarera son indépendance le 14 mai 1948 en vertu du principe international : un peuple, un territoire, un État. S’il est légitime d’accorder le statut d’État à Israël, en fonction du sentiment d’appartenance du peuple israélien à un ensemble unifié, pourquoi dès lors l’inverse est-il impossible avec les palestiniens ? Également, cette légitimité ne disparait-elle pas, quand, derrière cette apparence d’identité nationale, se cache en réalité une profonde motivation religieuse ?

Le sionisme, idéologie politique nationaliste prônant l’existence d’un centre spirituel, territorial ou étatique peuplé par les Juifs en Eretz Israël, ne s’est-t-il pas transformé en projet religieux dogmatique et obscurantiste ? Les multiples refus qu’ont subi les autorités palestiniennes dans leurs revendications légitimes d’un Etat palestinien, à côté d’Israël, n’ont-ils pas été la conséquence du projet sioniste, qui, s’éloignant d’une aspiration nationaliste légitime, s’est peu à peu transformé en projet religieux fanatique ?

Eretz Israel, le Grand Israël biblique, celui s’étendant de la Méditerranée jusqu’aux rives de l’Euphrate, supporte-t-il la coexistence d’un autre peuple revendiquant la même terre, ou voit-il ce peuple comme un obstacle à la mise en place d’un projet religieux d’envergure ? Cette conception de l’État d’Israël, défendue et voulue par une extrême minorité des élites israéliennes et de la diaspora juive, prétendant incarner la volonté de la majorité, ne peut malheureusement tolérer aucune concession envers les palestiniens. Au contraire, ce projet justifie l’emploi de la force pour légitimer sa mise en place. La guerre préventive était née. Cette position a pu être défendue par Jabotinsky qui déclara explicitement en public que l’usage massif de la force sera nécessaire pour imposer le programme sioniste et faire de la Palestine un État juif face à une opposition qu’il prévoit comme violente et compréhensible de la part des Arabes. « Il n’y a pas d’autre solution : les Arabes doivent faire de la place pour les juifs en Eretz Israel. S’il a été possible de transférer les peuples baltes, il est aussi possible de transférer les Arabes palestiniens »[7].

Cette doctrine extrémiste justifia la mise en place par la force de diverses colonies, et engendra les expulsions forcées des populations palestiniennes au mépris du plan de partage de l’ONU de 1947. Le laissez-faire de la communauté internationale, proclamant une sorte de moratoire sur le problème, tout en fermant les yeux sur les violations de ce même moratoire par les Israéliens, contribua à durcir la position palestinienne, se sentant lésée par le parti-pris de la communauté internationale occidentale.

 Alors ? Isralestine ou Palesraël ?

La situation dans ce foyer de tension internationale parait dès lors insoluble. La solution de deux États semble de moins en moins plausible au regard de tout ce qui vient d’être exposé. Les radicalités montent de part et d’autre, et rien ne semble présager de bon à horizon court ou lointain.

Israël semble de plus en plus “malade de son racialisme”[8]. Les extrêmes montent dans le pays. Moshe Feiglin, arrivé second aux élections internes du Likoud[9] avec plus de 25% des voix, fait chaque jour des émules chez les nationalistes religieux les plus durs, et défend, à qui veut l’entendre, la mise en place du Grand Israël[10]. Son ascension ne laisse rien présager de bon pour les humanistes cherchant désespérément une solution pacifique à ce conflit centenaire. En effet, dans une interview donnée au journal Haaretz en 1995, ce dernier déclara : « Hitler était un génie militaire inégalé. Le nazisme a fait passer l’Allemagne d’un bas niveau à un niveau physique et idéologique fantastique. Les jeunes loqueteux ont été transformés en une catégorie propre et ordonnée de la société et l’Allemagne a disposé d’un régime exemplaire, d’un système de justice adéquat et de l’ordre public. Hitler aimait la bonne musique. Il pouvait peindre. Les nazis n’étaient pas une bande de voyous».[11]

 Dans ce conflit, seuls les extrêmes se font entendre. Engagés dans un combat où il ne peut en rester qu’un, une solution pacifiste semble chimérique. Chacun étant guidé par ses considérations religieuses, convaincus de la justesse du combat, aucune solution raisonnée ne pourra émerger. La solution de deux États côte-à-côte est dès lors à mettre aux oubliettes. Seul un État unique, laïque, et démocratique pourra être le germe de la réconciliation. Au fond, ce lieu symbolique est le berceau des religions monothéistes. Quoi de plus normal dès lors, que cette terre devienne un exemple d’entente et de coexistence pacifique des diverses confessions religieuses ? L’idéologie sioniste doit être combattue, car d’une revendication nationale légitime, elle s’est peu à peu révélée être un projet religieux rétrograde et intolérant. Une idéologie suprémaciste, ne supportant pas la contradiction, menée par une élite « sûre d’elle et dominatrice »[12].

Il ne s’agit pas de verser dans l’antijudaïsme loin de là. En aucune façon, la confusion entre antisionisme et antijudaïsme ne peut et ne doit être faite. De plus en plus nombreuses sont les personnes de confession juive devenues d’irréductibles antisionistes. Y compris chez les israéliens. Inversement, de plus en plus de non-juifs se réclament du sionisme. Notamment chez l’extrême droite européenne la plus dure, tels Anders Behring Breivik[13] ou Geert Wilders[14].

Palestiniens et Israéliens, voici le seul et unique combat que vous devez mener pour la paix. Main dans la main. Le combat pour un Etat laïque, unique, et démocratique. Un Etat où les considérations religieuses seront repoussées dans la sphère privée. Gandhi avait pu dire que les religions sont autant de chemins pour parvenir à la même destination. Dans ce lieu mythique des diverses religions monothéistes, un zeste de sagesse hindoue doit à tout prix être apporté.

Vive Isralestine !
 


[1] Pour ceux qui souhaitent approfondir le sujet, un livre complet et documenté, sur la période 1900 à nos jours : Palestine, histoire d’un Etat introuvable, de Rashid Khalidi, ed. ACTE SUD, 2007

[2] Suite au démantèlement de l’empire ottoman, et de son influence dans la région, les puissances occidentales se sont livrées à un « partage » de la région du Proche-Orient. Le Royaume-Uni a une présence militaire en Irak dès 1914 et occupe Bagdad en 1917. Il appuie la révolte arabe et leur fait la promesse d’un grand État musulman en échange de leur participation dans les batailles aux côtés des Alliés. En mai 1916, le Royaume-Uni passe l’accord secret « Sykes-Picot » en parallèle avec la France, qui est en contradiction avec cette promesse car il projette de diviser la région en 2 zones d’influence entre les 2 puissances coloniales européennes. Les accords Sykes-Picot attribuent la Palestine à la zone d’influence britannique.

[3] L’autodétermination (ou auto-détermination), initialement appelée « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », est le principe issu du droit international selon lequel chaque peuple dispose d’un choix libre et souverain de déterminer la forme de son régime politique, indépendamment de toute influence étrangère. Il s’agit d’un droit collectif qui ne peut être mis en œuvre qu’au niveau d’un peuple. Proclamé pendant la Première Guerre mondiale dans les Quatorze points de Wilson afin de légitimer les nouvelles frontières en Europe, ce principe ne fut cependant pas appliqué par la Société des Nations. Il a été réaffirmé après la Seconde Guerre mondiale dans la Charte des Nations unies de 1945 qui inclut, parmi « les buts des Nations Unies », celui de « développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes » (article 1, alinéa 2).

[5] Palestine, histoire d’un Etat introuvable, de Rashid Khalidi, ed. ACTE SUD, 2007, p.88

[6] « A partir de 1974, le Conseil national palestinien renonce à sa proposition d’une état unique démocratique au profit d’une conception à deux Etats. Ce nouveau départ, sous l’impulsion des dirigeants du Fatah alliés au FDLP, implique l’appel à la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël, sur un territoire réduit à 22% de l’ancienne Palestine mandataire et composé de la Cisjordanie occupée, de la bande de Gaza, et de Jérusalem Est arabe. Les personnalités phare de la nouvelle orientation “pragmatique” de l’OLP sont des dirigeants du Fatah comme Arafat, Abou Iyad et Khalid al-Hassan. (…) Lors des réunions ultérieures du Conseil national palestinien, cette solution à deux Etats est affinée avant d’être officiellement adoptée lors du Conseil National palestinien qui se tient à Alger en 1988. Déclaration proclamant l’instauration d’un état palestinien aux côtés d’Israël SUR LA BASE DE LA RESOLUTION 181 DE 1947 DE L’ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES. (…) Malgré cela, et que cette solution satisfasse plusieurs conditions posées par Israël et les EU, cela n’entraine ni changement de la position de ces pays, ni négociation de paix. Ni les EU, ni Israël ne reconnaissent explicitement que les Palestiniens sont un peuple doté de droits inaliénables à l’autodétermination et à un Etat indépendant”

 Palestine, histoire d’un Etat introuvable, de Rashid Khalidi, ed. ACTE SUD, 2007, p.275

[7] Nur Masalha, Expulsion of the Palestinians, p.29

[10] « (…) Pour y parvenir, Moshé Feiglin, fervent partisan du “grand Israël” et du transfert “volontaire” des Arabes israéliens, s’est livré depuis des années à un entrisme hostile (…) » dans : http://www.20minutes.fr/ledirect/870524/israel-netanyahou-grand-favori-primaire-likoud-face-lobby-pro-colons

[12] Comme avait pu le dire le Général De Gaulle en 1967 : http://www.youtube.com/watch?v=JA9nFQyRTdw

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6 commentaires

  1. Rose Moadab dit :

    Il y aura jamais de “palestine” car comme on le sait, les arabes de judée samarie, n ont jamais voulu d Etat.

    En mars 1977, Zahir Muhseim, membre du comité exécutif de l’OLP, admit, lors d’une interview candide au Journal Hollandais Trouw : – Je cite –

    « Nous parlons aujourd’hui de l’existence d’un peuple palestinien seulement pour des raisons tactiques et politiques, car les intérêts nationaux arabes demandent que nous posions le principe de l’existence d’un peuple palestinien distinct pour l’opposer a Israel. Pour des raisons tactiques, la Jordanie, qui est un état souverain avec des frontières définies, ne peut réclamer Haifa et Jaffa, car comme Palestinien, je ne peux incontestablement demander Haifa, Jaffa, Beer-Sheva et Jérusalem. Toutefois, à partir du moment où nous réclamerons notre droit à toute la Palestine, nous n’attendrons même pas une minute pour unifier la Palestine et la Jordanie. » fin de la citation.

    • Maurice dit :

      Bonsoir Rose,

      La personne que vous invoquez en citation avait une vision pan-arabe des choses, il me semble même que c’était un syrien, mais peut être que je me trompe.

      Vous semblez vouloir amener un argument “massue” qui revient, en d’autres termes, à renier le droit aux palestiniens d’être considérés comme un peuple. Doit-on comprendre de votre message que vous pensez que le peuple palestinien est une invention ?

      Il va être difficile d’expliquer que les Palestiniens ne sont qu’une création contemporaine alors que leur culture et mémoire collective ont préservé depuis des millénaires des particularités et caractéristiques qui n’ont rien d’arabe ou d’arabique. Du pays de Cannan aux filistins, il est indéniable que le peuple palestinien existe : l’ethnologie/l’anthropologie, l’histoire, l’archéologie ; vous retrouverez dans le folklore (contes, légendes, pratiques folkloriques, etc…), l’artisanat (habillement, verrerie, poterie, etc…), pratiques culturelles (lieux sacrés, superstitions, etc…), agriculture, etc… un substrat cananéen, sémitique qui n’a rien à voir avec celui des groupes sémitiques (Arabes) de la Péninsule Arabique.

      Ceux à qui vous semblez (je ne vous pointe pas du doigt, chacun est libre d’avoir ses positions, l’important est de ne pas rester figé, et de s’ouvrir aux autres) dénier tout droit sur cette Terre, sont vos “cousins” ayant pris un chemin différent… Voila pourquoi un état unique et laïque, reconnaissant la richesse de cette partie du globe, admettant les différences religieuses et instaurant un équilibre entre elles (au finish ne sommes nous pas de facto dans la situation d’un état unique, mais avec des différences aux niveaux des droits de chaque citoyens ?..) est la solution.

      Je ne dit pas qu’elle sera appliqué demain, mais je pense que nous devons y tendre. L’aveuglement de l’idéologie sioniste, est davantage inquiétant. De plus les gens prônant cette idéologie entretiennent sciemment la confusion entre antisionisme et antisémitisme, pour faire marcher insidieusement les personnes de confessions juives dans le même chemin.

      Bonne soirée

      Maurice

  2. Rose Moadab dit :

    “Doit-on comprendre de votre message que vous pensez que le peuple palestinien est une invention ?”
    Tout a fait, c est une invention et une belle.
    Les palestiniens n ont jamais réclamé de terre ou d’etat ou meme d identité avant 1967 sous l impulsion de Nasser et de son agent Arafat né au Caire en Egypte.
    Renseignez vous:
    C’est peu orthodoxe car le “politically correct” tient le terrain. En fait, Gingrich a bien plus raison que ses détracteurs. Jusqu’en 1920, aucun arabes de la région ne se réclamaient palestiniens. Jusqu’à la fin de la première guerre mondiale, ils habitaient dans l’empire Ottoman, ou ils faisaient partie de la Syrie du sud. Quand les Anglais ont créé la Palestine, ils étaient unanimement contre. Ce n’est que quand la France a pris la Syrie en 1920 que les arabes qui habitaient dans la partie Anglaise de la Syrie ont commencé à employer le terme palestinien pour s’identifier. Mais en effet, ce n’est qu’après deux coups terribles, le premier, la création d’Israël et la vague de réfugiés arabes qui résulta de l’échec de la guerre d’annihilation conduite par les pays arabes, le deuxième, la perte des territoires (Cisjordanie et Gaza) en 1967, que les arabes de cette région ont commencé à comprendre qu’ils n’étaient pas « arabes » comme les autres.

    L’ironie, c’est que l’identité palestinienne des arabes de la région résulte de deux facteurs plutôt gênants.

    1) Une réaction au sionisme. Sans sionisme, pas d’identité palestinienne. (Le nationalisme arabe était, jusqu’alors, une forme d’identité floue qui essayait de réunir les arabes sur une énorme espace, sans distinctions « nationales »). Et plutôt que d’apprendre un nationalisme producteur et de somme positive, les palestiniens ont adopté une identité à somme nulle, qui cherchait à détruire le nationalisme qui l’avait inspiré.

    Comme l’a expliqué en 1977 (!) Zair Muhswe’in, membre du comité exécutif de l’OLP : « Le peuple palestinien n’existe pas. La création d’un état palestinien n’est qu’un moyen de continuer notre lutte contre l’état d’Israël et pour l’unité arabe. En réalité, aujourd’hui, il n’y a pas de différence entre les Jordaniens, les Palestiniens, les Syriens, et les Libanais. Nous ne parlons d’un peuple palestinien que pour des raisons de tactique politique, puisque les intérêts arabes nationaux exigent qu’on propose un « peuple palestinien » distinct pour s’opposer au sionisme ». (James Dorsey, Wij zijn alleen Palestijn om politieke reden, Trouw, 31 March 1977)

    2) Leurs souffrances entre les mains de leurs frères arabes. Les réfugiés de la guerre de 1948 n’ont pas été intégrés dans les régions (faisant toutes partie de la Nation arabe) où ils se sont réfugiés. Au contraire, on les a traité comme des dhimmis avec une loi séparée, d’apartheid, qui ne leur permettait pas de bénéficier des droits des autres citoyens arabes : pas de permis de travail, pas de passeport, pas même de possibilité de construire des résidences permanentes. Il fallait surtout que les « Palestiniens » souffrent tant, qu’Israël puisse être blâmé. Le paradoxe du support que le monde porte au « Palestiniens », c’est qu’en acceptant ce narratif de souffrances provoquées par l’état Juif, les Occidentaux renforcent un récit de bouc émissaire, ou les « Palestiniens » jouent le rôle de victimes sacrificielles sur l’autel de la haine d’un état Juif. Et comme tout récit de bouc émissaire, on identifie mal le responsable, et plutôt que de résoudre le problème, on l’empire.

    La « thèse historique » soutenue par Fayyad et Diliani (et d’autres « Palestiniens ») est une forme de super-sessionisme. Comme l’a expliqué Abdala al Ifranji, porte parole de Mahmoud Abbas tout récemment le 14 mai 2011 : « Nous lui [Netanyahu] disons que quand il réclame un droit historique qui date de 3000 ans avant JC (sic) nous, la nation de Palestine, habitions le pays de Canaan 7000 ans avant JC (sic !). C’est la vérité qui doit être comprise, et nous devons le citer pour dire : “Netanyahu tu es un accident de l’histoire. Nous sommes le peuple de l’histoire. L’histoire nous appartient ».

    Comme tout discours totalitaire, ils ont créé un passé pour redéfinir le présent. [note personnelle : tout comme ils rêvent de s’inventer un super génocide à eux qui n’a pas existé en créant leur Nakba, leur “catastrophe”, sachant que la Nakba est le mot arabe pour désigner la naissance de l’Etat juif. Une identité fondée sur l’anéantissement de l’autre…]

    Cette identité qui remonte au Cananéens est totalement factice : il n’y a aucun « peuple palestinien » qui a eu même un fragment d’identité pendant ces millénaires. Il n’y a jamais eu une entité politique « palestinienne » — à part ce que les Philistins (des non cananéens), les Romains, et les Anglais ont créé. Mais même le mot Palestiniens reflète son origine extrinsèque : les arabes n’ont pas de lettre P, et donc c’est devenu Filistin.

    Elle fait partie, cette identité créée au 20e siècle, d’une stratégie de guerre cognitive. Ceux qui l’adoptent, en défiance des faits, le font, ou pour soutenir les arabes dans leur guerre contre un état Juif, qui est une nation indépendante de non-musulmans (dhimmis) au coeur du Dar al Islam, ou pour soutenir les pauvres Palestiniens.

    • Florian dit :

      Toujours le discours du “C’est de leur faute, pas la nôtre”. Dans un conflit chacun a sa part de responsabilité. Il est vrai que le statut des réfugiés palestiniens au Liban devrait faire réagir plus que cela. Seulement, sans être méchant avec vous, même les intellectuels qui étaient pro-yougoslaves ( ou pro-serbes) pendant l’éclatement des Balkans n’auraient pas été jusqu’à tenir ce genre d’inepties. ” Cette identité qui remonte au Cananéens est totalement factice : il n’y a aucun « peuple palestinien » qui a eu même un fragment d’identité pendant ces millénaires. Il n’y a jamais eu une entité politique « palestinienne » — à part ce que les Philistins (des non cananéens), les Romains, et les Anglais ont créé. Mais même le mot Palestiniens reflète son origine extrinsèque : les arabes n’ont pas de lettre P, et donc c’est devenu Filistin. ” Il y a Moadab et Moadab, visiblement.

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