Dieudonné : le pilori

Nous vous proposons deux tribunes pour le prix d’une ! Voici tout d’abord une tribune de « henri.g », nouveau rédacteur au Cercle des Volontaires.


Le Pilori

Une agitation au sommet de l’Etat, une haute juridiction saisie en urgence et dans des conditions particulièrement hasardeuses… Comme si Dieudonné M’bala M’bala était soudainement en train de porter « atteinte à l’ordre public », et comme s’il était tout soudainement devenu porteur d’une parole « antisémite et raciste » !

Or, de trouble à l’ordre public je n’en connais pas, et d’autre part ses propos ne datent pas d’hier… Deux éléments qui suffiraient à mettre la puce à l’oreille, non ?

Si, dans sa hâte de jouer un rôle, Manuel Valls n’hésite pas à jouer ainsi avec le feu – et éventuellement créer des troubles à l’ordre public – c’est peut-être en prévision des cris que ne manquera pas de pousser une partie des électeurs de gauche quand son boss Hollande aura fini de dévoiler son programme dit « libéral-social » : l’attaque « morale » contre M’bala M’bala serait p’t’être bien le seul os disponible à leur jeter ; car quoi d’autre ?

Mais d’autre part, son insistance à nier qu’il puisse s’agir d’une affaire personnelle laisse tellement entendre en filigrane qu’il s’agit bel et bien d’un jeu ‘perso’.

Episode certes triste, mais « politique » en diable, non ? Il y a pourtant autre chose. En déclenchant et en entretenant activement ce phénomène, Valls se fait l’allié objectif d’Israël-comme-il-est-et-du-monde-juif-qui-va-avec.

Attention : ce n’est pas en proclamant des valeurs nobles-et-républicaines comme le refus de l’antisémitisme et du racisme qu’il soutient Israël-comme-il-est-et-le-monde-juif-qui-va-avec !

Non-non, c’est en faisant accroire que la société française serait gangrenée (ou près de l’être) par l’antisémitisme, alors que cette attitude décroîtrait plutôt selon certaines sources, et même si, bien sûr, des atteintes en actes peuvent être répertoriées dans ce pays.

Or, c’est là le plus cher désir des partisans d’Israël-comme-il-est-et-du-monde-juif-qui-va-avec que d’engranger, jour après jour et partout dans le monde, le plus de « preuves » possible que les Juifs et Israël ne cessent d’être menacés, aujourd’hui comme hier (et, si possible, demain !).

Car il n’y aurait tout simplement plus de monde-juif-comme-il-est s’il ne se considérait pas perpétuellement souffrant et persécuté ! Ceci, les Juifs progressistes le disent. Et des chercheurs. Et les Juifs religieux ultra-orthodoxes ne sont pas en reste à ce sujet. Voir par exemple ce reportage Diffamation :

Quand il faut jeter de l’huile sur le feu, ne va-t-on pas jusqu’à faire « jouer » le BETAR ; ou ses émules ? Ou lancer un appel aux Juifs de la diaspora à faire leur alyah ?

Qui ne s’est pas demandé un jour pourquoi la Shoah est indéfiniment à l’ordre du jour de la vie publique de par le monde, et pourquoi toutes les occasions sont bonnes pour ça ? Ce fait médiatique majeur entraîne une légitime suspicion de la part de quantités de gens clairvoyants – et l’artiste en a fait partie un temps, ce me semble – que l’on pourra conséquemment traiter d’antisémites, et par conséquent de racistes, c.q.f.d. !

Les médias oublient vite une tombe juive profanée, mais cette fois, leur feuilleton n’est pas près de s’achever ! Et, vu l’ampleur de cet horrible phénomène dans la francosphère, j’imagine que l’écho de la réprobation par les bien-pensants s’est répercuté sans problème jusqu’à mille collines médiatiques de par le monde…

De mon point de vue, ce vibrion de M’bala M’bala fait, lui aussi, alliance avec Israël en alimentant – par des moyens et pour des raisons différentes de celles de Valls – un foyer d’antisémitisme dans la société française ; mais à une si minuscule échelle !

Pour ma part, je ne m’explique d’ailleurs sa nette évolution qu’en y voyant une dérive réactive face au mur ; non pas le mur de là-bas, non-non, celui d’ici : un mur qu’on pourrait appeler « prosémite », un mur de la culpabilité peut-être, mais assurément source d’un des plus énormes tabous qui se puisse trouver dans une vie publique, et des complaisances qui en découlent !

Une petite dose d’appétit de « pouvoir manipuler » là-dessus (et le ministre n’est pas en reste de ce point de vue ; l’un et l’autre étant tout de même des nains auprès des hooligans Bush&Blair, toujours impunis d’ailleurs), à quoi s’ajoute, à n’en pas douter, une grosse dose d’appétit pour la richesse, et on obtient le M’bala M’bala actuel ! Le double appétit de « pouvoir manipuler » + « richesse » est le moteur d’une bonne part des gens en vue, non ? Qu’on me comprenne, toutefois : je ne cherche ni à excuser ni à justifier l’artiste, pas plus qu’à éclairer ses réelles intentions, que j’ignore ; j’essaie juste de comprendre le phénomène auquel nous sommes confrontés !

Valls tenait ce « cas » sous le coude depuis des mois, grâce à la « négligence » des institutions chargées de recouvrer le montant des amendes dues par M’bala M’bala, et la suite s’ensuivit : un ministre majeur a quelques chances de disposer de grands moyens pour prouver son attachement à Israël-comme-il-est-et-au-monde-juif-qui-va-avec. Et il sera d’autant plus majeur à l’avenir qu’il semble n’avoir pas raté son coup, pour le moment.

Merci à donc à M’bala M’bala, + mille merci à Valls, au PS français et à ses alliés pour cette miraculeuse amplification…

Nous savons désormais qu’un chef ambitieux et son clan peuvent conduire un humoriste au pilori (privilège seigneurial) grâce à une armée de micros et de caméras, parvenant même à l’amener à résipiscence (peut-être feinte, mais ceci n’enlève rien à l’événement). Si j’étais le syndicat des « vrais humoristes qui font un métier dangereux »  – voire des artistes de scène en général, voire des auteurs et auteures de blogs… -, cette innovation m’inquiéterait ++ !

Quand, dans le but de conjurer une difficulté, un pouvoir exhibe en oripeau un arsenal de valeurs – s’étendant jusqu’à la cohésion nationale – qu’il respecte si peu au quotidien, je ne puis m’empêcher de penser aux incessants couplets contre l’impérialisme dans des pays du Sud où celui-ci constitue d’ailleurs un danger réel, permanent et avéré, mais où ces couplets sont surtout entonnés pour détourner l’attention du bon peuple. Le piège fonctionne parfois…

Ou j’ai rien compris au film, ou bien c’est à pleurer !

henri.g


Voici ensuite une autre tribune, rédigée toujours en réaction à l’affaire Dieudonné. Elle nous a été proposée par Marianne C.


Chronique d’une Antisémite qui s’ignorait !

Je suis bien blanche. Ce qui se fait de plus propret en terme de française sur le marché actuel. Quelques origines hispano-siciliennes tout au plus, du temps où les immigrés s’intégraient parfaitement, puisqu’il y avait du travail pour tout le monde, qu’ils étaient catholiques, et qu’ils n’étaient pas de dangereux islamo-terroristo-fanaticos allocataires des aides de l’Etat… Bon, je dois avouer que quelques ancêtres se sont vus affublés de quelques joyeux sobriquets tels que « macaronis » ou autre… Mais dans l’ensemble, je suis née avec le sentiment d’être Française, heureuse et insouciante enfant de la République, libre de penser ou dire exactement …. Ce que l’injonction quotidienne de la téléordure me programmait à incarner dans ce beau monde postmoderne.

L’insouciance…

J’ai donc incubé et grandit dans une sorte d’immense Truman Show, dans un coin de campagne tranquille à proximité de Marseille, bercée tendrement par la croyance que la femme était l’égale de l’homme, que l’arabe du coin était tout autant français que moi, que la télévision et ses programmes quotidiens forgeraient la citoyenne cultivée et responsable que j’entendais bien devenir, persuadée que l’égalité, la fraternité et la liberté flottaient fièrement au fronton de tous les monuments de notre douce France. Mue par un terrible syndrome de « première de la classe », j’ai tout bien étudié, j’ai tout bien compris des 12 années de formatage intensif de mon esprit docile et parfaitement programmé pour m’adapter à « l’école pour tous »… J’ai même suivi religieusement mon catéchisme, un vrai alliage des plus précieux métaux de notre démocratie laïque !

J’ai donc découvert fièrement que notre pays avait inventé les Droits de l’Homme, appris distraitement que nous avions dans le temps apporté la Civilisation à plusieurs contrées orientales ou africaines, et acquis tout naturellement ce sentiment coupable d’avoir participé à l’extermination du peuple juif, notamment lorsqu’à 11 ans j’ai eu l’immense bonheur de visiter une exposition itinérante emplie de « têtes vitriolées », de cendriers humains et autres joyeusetés nazies à l’encontre du peuple élu. Pardon, Élu. Je me suis juré avec toute la fougue et la naïveté qui caractérisent la préadolescence idéaliste, que cela ne se reproduirait plus jamais ! Et comme je suis également le produit « pur porc » de la noble civilisation occidentale, j’ai acquis également une certaine méfiance envers les mœurs étrangères et totalement inconnues de ces « autres » français colorés que j’avais peu côtoyés durant mes jeunes années, qui portaient dans mon imaginaire barbes ou voiles, et vénéraient islamiquement un certain « Allah » inquiétant, inconnu au bataillon. Tout était parfait, dans le Meilleur des Mondes Huxleyen, le saupoudrage manichéen quotidien faisait son œuvre, j’avais intégré les classes préparatoires grâce à notre belle éducation nationale, j’étais prête pour la suite de ce destin sous cellophane…

Rejet de greffe !

Et puis, je ne saurais dire à quel moment le Mal m’a prise. Je crois que j’ai été victime d’un très sérieux revirement de conscience, insidieusement, au cours de mes études supérieures. Une sorte de … rejet de greffe.

Des rencontres sataniques ? Sans doute. Quelques illuminés écolo-marxo-anarchos humanistes ? A l’insu de mon plein gré tout au plus ! Quelques lectures subversives ? Certainement. L’influence de Notre Sainte Mère TV Subventionnée ? Hum… non. Par pure coïncidence, cela correspondait d’ailleurs à une époque de ma vie où je n’avais plus vraiment le temps de prendre mon traitement quotidien d’injonctions au bonheur télévisuel.

Quoiqu’il en soit, un tout petit grain s’est glissé dans le rouage puissant de ma conquête sociale prédestinée. Avec le recul, je crois que mon entraînement intensif aux mathématiques est une des causes possibles… Et bien oui, j’ose l’avouer aujourd’hui, à force de centaines d’heures passées à étudier la logique et l’analyse, mon pauvre esprit à fini par rechercher des causes, des raisons, des hypothèses et des explications scientifiques à tout ce qui se jouait dans mon environnement proche. Et comme j’étudiais à Marseille, haut lieu du métissage, de la diversité, et de l’omniprésence des étrangers basanés, mon environnement proche avait acquis de nouvelles ondes sur le large spectre des couleurs.

De nouvelles équations aux innombrables inconnues ont ainsi empli les tableaux de ma petite vie. Pourquoi est ce que les pauvres hères des quartiers nord s’en prenaient-ils 4 fois d’affilée à la portière de ma pitoyable guimbarde d’étudiante responsable et travailleuse ? Pourquoi me traitait-on de sale Française à la gare St Charles, moi qui faisais partie de cette France qui se lève tôt ! Comment se faisait il que de jeunes voyous brûlent des drapeaux tricolores alors qu’ils avaient grandi grassement à l’aune de notre Patrie Providence qui avait tant fait pour eux ? (oui parce que j’avais appris qu’ils avaient des vacances, le permis de conduire et des activités sportives et culturelles gratuites, Eux !) Pourquoi certains Maghrébins de France (formulation inexacte en mathématiques, résultat de l’équation : pas de solutions) haïssaient certains pauvres juifs après tout le mal qui leur avait été fait ?

Malgré les heures innombrables passées à scanner toutes les solutions possibles, il subsista comme un sentiment d’inconnu. Quelque chose clochait sérieusement, mais quoi… C’est là. A ce moment précis de mon existence, que l’infectieuse idée complotiste a germé inconsciemment quelque part en moi (peut être était-ce d’ailleurs ce fameux petit grain dans le rouage)

Pauvre petite princesse, privilégiée parmi les privilégiés, qui a pensé un jour qu’On ne lui disait peut être pas tout…

Activisme éducatif : La foi dans notre Nation…

J’ai d’abord choisi de m’engager dans ce travail quotidien auprès de ces jeunes « accidentés » de la cité… J’ai souvent croisé ces drôles d’humains, mi revêches, mi attendrissants dans les rues marseillaises, tantôt méfiants, tantôt railleurs, ou bien encore menaçants, par habitude… Surpris que mon regard s’attarde et les considère, sans glisser comme sur un fantôme gênant, ou fuir de peur d’une collision culturelle… Il m’avait alors semblé qu’il manquait quelque chose à l’équation pour que la mayonnaise prenne, semblé que nous ne vivions pas dans le même monde, ni dans la même dimension !!! Qui sont-ils ? Ils ne le savent pas eux même.

« Madame, y’en a marre des cours ! On peut parler à la place ? » Voilà. Ils savent mieux que quiconque ce dont ils ont besoin avant tout : parler. D’abord des autres, de banalités, de l’actualité, puis de thèmes universels, en douceur ! L’amour… la guerre… les relations homme/femme… la politique… la religion… la culture, la nationalité, les origines, l’histoire… un tel imbroglio ! L’Identité en somme. Pas nationale, pas encore non, juste savoir d’où l’on vient, et si possible qui l’on est. Alors, seulement, l’on peut imaginer qu’il existe un quelque part où une place est à prendre, et que cela peut exister dans une communauté sécurisante et valorisante appelée Nation… Le Général de Gaulle dira, (il l’avait emprunté, déjà, à la psychologie) : « savoir d’où l’on vient et qui l’on est permet de déterminer où l’on va. » Et bien voilà ce qu’à été mon travail quotidien : défaire le nœud de ficelles dans les esprits de notre jeunesse qui souffre et qui rue dans les brancards ! Enragés, perdus, délaissés, terrorisés, déresponsabilisés, victimisés, nos jeunes franchissent le portail d’un pas vif, et demandent, le plus naturellement du monde : « Dites moi qui je suis ! Donnez-moi du cadre, des repères, de la sécurité. Un rythme, des valeurs, des compétences, et surtout, la confiance en moi et l’espoir pour en faire quelque chose et bâtir à mon tour mon nid, ma place dans cette France… »

Le constat est amer… quand une société va mal, elle somatise toujours d’abord dans ses organes les plus fragiles : la jeunesse. Mais ces jeunes là, les enfants terribles de la France, eux font des miracles, quand on leur martèle jour et nuit qu’ils en sont capables … A ce point enthousiaste et mue par la fougue de la jeunesse, j’ai décidé de m’engager pour la jeunesse et la citoyenneté au sein de la Réserve Citoyenne, persuadée de contribuer à un noble projet volontariste pour faire avancer notre cohésion sociale et le mieux vivre ensemble. Une étiquette proportionnellement honorable… à la béance des moyens et actions mis en œuvre dans ce sens.

Car enfin, le gap semblait croître chaque jour d’avantage entre les logorrhées babillantes de nos dirigeants, et la réalité de leurs intentions… Il faut dire qu’ils étaient particulièrement préoccupés par la stratégie politico-médiatique à mettre en œuvre autour de ce nouvel avatar si utile : « La Crise »… Les années passant, j’ai pu étayer et aiguiser mon libre arbitre au gré de mes errances philosophico – politico – sociétalo humanistes. Mais aussi sûrement que je promouvais l’espoir et la foi en l’humain, de nouvelles questions ont émergé inexorablement. De bien plus terribles questions, comme un lointain écho de mon idéalisme puéril faisant retour.

L’échappée belle…

De ma formation scientifique, il m’est resté certains réflexes ennuyeux. Voilà une autre raison qui pourrait illustrer le « Mais pourquoi ? » que j’ai souvent entendu dans mon milieu Bobo versus provinciale provençale.

Je me suis alors jetée à esprit perdu dans une quête déraisonnée de vérité, de liens entre des causes, des conséquences, des motivations, des objectifs en filigrane. A qui profite le crime ? Pourquoi notre pays, mais tant d’autres, menaient des stratégies diamétralement opposées à l’intérêt du vivant, et la promotion des valeurs humanistes que nous avions promues éternellement ? Quelles étaient ces réalités soigneusement dissimulées, volontairement escamotées, qui sous – tendaient les politiques menées à l’interne et à l’international ? Et enfin, surtout, qui bougeaient en silence les pions sur l’échiquier, dès lors que nous étions sollicités médiatiquement pour regarder ailleurs ?

Le problème de la complotite aigue (inflammation caractérisée de la conscience d’être un pauvre pantin inepte) vient principalement du fait que l’on se rend vite compte qu’une vérité n’existe que de l’endroit d’où on la gobe religieusement… L’on nous a vendu de l’histoire nationale en petit sachet hermétique soigneusement disposée, de la dictature et du terrorisme fanatique à chaque occasion juteuse de lutter pour libérer les peuplades soumises… de leurs ressources naturelles. Nous avons pâli ce fameux 11 septembre, premier jour du reste de nos vies, devant l’immense production américaine « Le seigneur des anneaux : Les deux Tours » …Tel des Don Quichotte de la conscience, nous avons été élevés pour nous insurger contre des fantômes menaçants, tantôt ennemis de notre culture et de notre foi éculée, tantôt profiteurs d’un système à l’agonie, avec cette idée maîtresse parfaitement huilée qu’il n’y avait plus assez de ressources pour tout le monde… La fameuse Crise économico-utile vint alors parfaire un tableau saisissant qui nous intimait d’abandonner définitivement la nostalgique espérance qui subsistait encore par-ci par-là sous la cendre du grand incendie néolibéral des 30 dernières décennies… Je me rappelais alors comment nos tendres parents invoquaient la menace autoritaire de la venue du Loup, afin que nous avalions notre soupe de légume, nos épinards, interrompions nos questions enfantines gênantes et acceptions d’aller dormir angéliquement pendant qu’ils menaient réunions orgiaques en tout genre…

Cette seconde étape de mon échappée de conscience humaniste autodidacte s’est achevée juste à temps, avec l’arrivée du Sarkozysme et l’accélération sans précédent de la montée des tensions culturelles, sociales, communautaristes et identitaires. Cette fois ci, à bras raccourcis (oh un peu d’humour ne nuit pas) et à grands coups de campagnes médiatiques, le portrait robot de l’ennemi public numéro un fut très vite présenté : un certain Mohammed, fanatique terroriste de l’Islam, rudoyeur de pauvres femmes enrubannées, ennemis de la foi Hébraïque et fainéant allocataire de toute sorte d’aides sociales pour ces multiples concubines et descendances délinquantes. Il faut dire qu’une grande partie de la population était déjà bien mûre pour aider les enquêteurs à croquer les traits de la Menace… Une sorte de terreau soigneusement fertilisé depuis longtemps.

Mais pourquoi donc ? Quelle question étrange ! Tentons une formulation politiquement fortuite : Pour quelle raison les musulmans du monde sont ils devenus l’axe du Mal, à combattre ? Quand on sait qu’en Europe, moins d’1 % des actes terroristes sont perpétrés par des islamistes fanatiques, comment se fait il que la Menace ait pris cette ampleur dans nos imaginaires ? Qui cela sert-il ? Qui a intérêt à ce que les projecteurs restent braqués sur cette communauté en particulier ? Depuis le premier jour du reste de nos vies, et finalement bien avant ça quand on y pense, la majorité des interventions armées menées à coup de résolutions onusiennes ont trouvé leur source dans cette mobilisation mondiale contre la potentielle croisade sainte de l’Islam. Avec les conséquences que nous connaissons, dans une certaine partie du Monde, parmi lesquelles : la main mise sur un nombre incalculable de ressources naturelles dans les pays « délivrés » du Mal, des contrats juteux spéculatoires sur la reconstruction des pays traversés par d’authentiques et spontanées révolutions sociales où d’ailleurs, étrangement, l’Islam politique à été placé en première ligne (ce que l’on appelle un coup en deux bandes au billard). Pendant ce temps là, les économies reposant essentiellement sur l’armement reprennent des couleurs, le FMI intervient en pompier généreux à coup de crédits éternels auprès des victimes étatiques reconnaissantes, et les peuples, libérés de la dictature pour les uns, du Mal Islamique pour les autres, ramassent les miettes toujours moins nombreuses, en échangeant leurs rôles jusqu’à la prochaine fois… Ah oui j’oubliais, Israël poursuit sa colonisation meurtrière sans ciller, alimentée par le fruit de tout ce dur labeur. Mais cela n’a aucun rapport, je m’égare.

Mais qui sont les Toréadors ?

Dans la corrida, il y a le taureau, fier et puissant, qui rue et charge lamentablement le pauvre chiffon rouge que l’on agite comme une menace, au cœur de son exécution pailletée. Et puis il y a le toréador, celui qui tient la banderille, soigneusement dissimulée sous ces grands gestes parfaitement chorégraphiés. Que se passerait il si le taureau, conscient que ce pauvre chiffon n’existe pas, qu’il est une illusion destinée à le mener à sa fin, restait tranquillement dans un coin de l’arène, ou bien décidait de charger le toréador ? L’on changerait alors de couleur de chiffon peut être ? Un autre toréador apparaîtrait sans nul doute, à la solde des investisseurs dans le cours de la viande taurine !

Car enfin, qui sont les toréadors et leurs maîtres ? Quel est ce chiffon que l’on agite sous nos narines frémissantes avides d’en découdre et de sauver… les quelques privilèges surconsuméristes que l’on nous somme de défendre. Interrogeant nos contemporains à propos des coupables potentiels, nulle présomption d’innocence ne saurait exister : ce sont les immigrés, les fainéants qui volent nos impôts à coup de RSA et Aide sociale, tous ces poids morts désaffiliés, au sens Castelien du terme, qui, sans travail, n’ont plus de rôle social que celui de tortionnaires des caisses de l’état, trafiquants de drogue aux Kalach’ et arracheurs de colliers. Ils sont ces millions de parasites exclus du système, des « exemples » sacrifiés au nom de la menace économique, que l’on a privé du droit de nourrir honnêtement et laborieusement leur famille. Le chômage a ce côté pratique qu’il permet de conserver un certain degré de paix sociale, malgré la restriction toujours plus grande de nos acquis, de peur d’être contaminés… Car enfin, l’on oublie souvent qu’ils sont « Demandeurs d’emploi en fin de Mois » (DEFM pour les statistiques controversées du Pôle Emploi), et que l’emploi, et notamment celui à basse qualification, s’en est allé depuis bien longtemps à grand coup de mondialisation et de spéculation. Mais le taureau n’en a cure, il a besoin de son degré d’adrénaline, de foncer tête baissée sur ce satané chiffon. Peut être mérite –il finalement qu’on lui coupe les oreilles et la queue, et que l’on frappe fort dans son cou, pour qu’il s’incline. A genoux dans la poussière, il verra peut être alors qui tient l’épée…

« Pour reconnaître ceux qui ont le pouvoir, il faut se demander qui l’on ne peut critiquer » Voltaire.

Janvier 2014

Le point d’orgue. Cela couvait depuis bien longtemps, mijotait à petits feux réguliers. Un toréador hargneux parmi les autres, mandaté par « ceux que l’on ne peut pas critiquer » a chaussé ses ballerines, et son costume de paillettes. Dans l’arène, la fine équipe : les politiques, les médias, les professionnels repus du Shoabusiness, les ô responsables d’organisations religieuses victimes éternelles… tout le monde aura sa place !

Les règles ont changé quelque peu, il en va des taureaux comme des toréadors, certains, plus malins que d’autres, ne foncent pas tête baissée. La stratégie se définit à la hâte dans les gradins, à la tribune d’honneur bien sûr. D’abord isoler la bête, la couper de ses congénères potentiellement contaminables. Puis l’affamer. C’est là toute l’honorabilité de la bande. Ils ont imaginé des barrières amovibles, se resserrant peu à peu autour de la bête noire qui les contemple l’œil moqueur et l’échine musculeuse. Ce toréador là craint la sueur remarquez, il reste assis confortablement sur les barrières qui se rapprochent inexorablement…

A l’heure où j’écris ces lignes, je ne connais pas la suite de l’histoire, bien que je la redoute quelque peu. Mais cette illustration me permet aujourd’hui d’en venir au cœur de mon propos.

Depuis quelques jours, je me sens mal. Des nausées, des maux de têtes, des raideurs dans le bras… une impression de manquer d’air, de ne pouvoir hurler un grand coup pour que cesse ce spectacle macabre. Imaginez ma stupeur, mon désespoir profond, en apprenant que je suis moi-même contaminée, probablement définitivement, par le Mal. Impossible d’en parler, en ces temps de délation promue et promise à récompense.

Moi, anonyme sans problème jusqu’alors, contribuant au PNB sans vagues, me voici clouée au pilori de l’Histoire avec une grande Hache : j’ai ri depuis toutes ces années aux spectacles de Dieudonné Mbala Mbala. Et pas qu’un peu ! Et pas qu’une fois ! Je me suis même laissée aller à partager certaines de ses hypothèses complotistes, à force de tourner autour du même pot… Et voilà que je suis officiellement ennemie de la République : Antisémite.

Mais, les Sémites n’étaient-ils pas ce peuple millénaire essentiellement mésopotamien descendant de Noé qui… Quid ! Antisémite on a dit, non mais ! Tiens, pour le même prix, Révisionniste !!! Ah bon bon d’accord…

Je suis mal. Comme dirait ce cher Dieudo, il y a comme un gros risque de vents contraires… Que faire ? Je ne savais pas que je haïssais les Juifs moi ! J’ai même de très bons amis juifs par Yahvé ! Un espèce de dommage collatéral à mes enquêtes en somme. A force de chercher des réponses, j’ai franchi la limite de l’humanisme à un certain moment, sans m’en rendre compte.

Oui mais, en émettant l’hypothèse que peut être éventuellement dans un certain sens, il se pourrait de façon plus ou moins certaine, qu’une petite minorité de puissants de ce Monde, éventuellement un peu Sionnistes le dimanche, orchestre joyeusement ce beau bordel à des fins d’enrichissement personnel et d’asservissement des peuples, je ne cherchais en réalité qu’à me prouver à moi-même l’ineptie d’une telle assertion.

Je rêvais chaque matin de me réveiller dans un monde où j’aurais la certitude, et la PREUVE, qu’il n’en est rien, et que cela confine à quelque hérésie due à la fatigue essentiellement.

Force est de constater que je vais devoir attendre encore un peu pour réaliser que je me suis égarée. Comment peut on orchestrer une mise à mort judiciaire, dans une parfaite illégalité, au nom de quelques prétextes fumeux et montés de toute pièce, si ce n’est en ayant librement le pouvoir suprême de le faire, et la certitude que cela va passer en force sans trop de heurts ? Aujourd’hui, notre démocratie expire son dernier souffle, affaiblie depuis bien longtemps par un cancer généralisé des consciences et des valeurs.

Pour la première fois de ma vie, je crains de partager mon sentiment d’indignation et de colère, par peur des représailles. Moi qui ais acquis dans la sueur mes galons de libre pensante, ma liberté d’opinion et de conscience, je me suis réveillée cette semaine dans une France où je ne pouvais pas exprimer ce que je pensais. Je n’ai plus ni le droit de penser par moi-même, ni encore moins le droit d’exprimer et de partager mes idées. Et parce que je ne suis plus l’apôtre aveugle de la pensée unique, de la pseudo laïque religion d’état sioniste, je suis condamnée à l’isolement, au silence et à l’expiation, sous peine de risquer à mon tour l’exclusion du système. C’est la raison pour laquelle lâchement je ne saurais signer ce texte. Je l’ai d’ailleurs écrit, justement parce que je ne pourrais pas signer, et qu’il fallait trouver un moyen pour moi de reprendre de l’air avant d’étouffer complètement.

Considérant les réelles dictatures qui ont pu exister à certains endroits du monde, je me suis souvent demandé ce qu’on pouvait ressentir dans un état où nous devions vivre nos convictions dans la clandestinité, avec la certitude qu’une grande partie de nos semblables pourraient nous dénoncer ou nous juger aussi sévèrement que ce qu’ils ont acquis comme réflexe idéologique pré-mâché. Une société où les médias, dans leur immense majorité, relayent en temps réel la posture de censeurs bien pensants, boussoles bien armées pour que nous ne perdions pas le nord. Aujourd’hui, je me suis réveillée en France, avec une boule d’amertume, d’incrédulité et de fatalisme mêlés au fond de la gorge, sachant pertinemment ce qu’on me donnera à paître si j’ose m’insurger contre le terrorisme intellectuel et la dictature post-moderne occidentale. Accablée également à l’idée que peut importe si je tente par n’importe quel moyen de partager ce témoignage, aucun média ni éditeur ne saurait l’accepter pour le diffuser. Nous en sommes là, et je suis très inquiète de la suite.

Quelle va être la limite à nos entraves idéologiques ? Que pourront nous encore dire dans 20 ans sans risquer notre tête ? Quelle va être la conséquence pour les millions de juifs indignés qui ne sont responsables en rien des agissements d’un maelström politico idéologique de quelques suprématistes nostalgiques de l’époque coloniale et esclavagiste ? Que deviendra mon fils de 22 mois, en grandissant dans ce marécage puant de crocodiles cannibales ?

Je suis bien blanche. Blanche de peur, de hauts le cœur. Blanche comme un drapeau qui aujourd’hui, témoigne de ma lâcheté, et de ma reddition silencieuse devant la puissance de feu des terroristes de l’âme.

Que l’on me pardonne.

Marianne C.

(309)

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10 commentaires

  1. Philippe dit :

    Impossible vous joindre par mail !

    Bonjour voici une hypothèse sérieuse de ce qui se cache derrière l’écran de fumée de l’antisémitisme déclenché par Valls sur « l’affaire » Dieudonné, peut être se cache il le vrai problème … les réseaux pédocriminalité.

    Le 14 janvier 2014 avait lieu un rassemblement de soutien à Mr Verdun à la 17 ième chambre du tribunal de grande instance de Paris
    suite à la plainte recevable Mr Verdun contre Lang, Moscovici et Hollande
    pour viol en réunion sur mineure (sa fille aujourd’hui décédée suite à une MST, elle avait entre 4 et 6 ans à l’époque des faits)
    http://affairesfamiliales.wordpress.com/2012/05/24/la-plainte-pour-viol-en-reunion-contre-lang-hollande-est-recevable/
    http://www.egaliteetreconciliation.fr/Pedocriminalite-rassemblement-de-soutien-a-Emmanuel-Verdin-ce-mardi-14-janvier-a-Paris-22679.html
    http://www.egaliteetreconciliation.fr/Affaire-Verdin-la-plainte-contre-Lang-Hollande-et-Moscovici-est-recevable-14939.html
    https://www.youtube.com/watch?v=YY2jewNW5U4

    Dieudonné a eu le courage de parler de la pédocriminalité dans son théatre de la main d’or et de laisser s’exprimer quelqu’un qui dénonçait ces réseaux (Pierre Roche) pas facile de regarder la première vidéo jusqu’au bout, je préfère prévenir
    https://www.youtube.com/watch?v=jHD-xPh-ROk
    https://www.youtube.com/watch?v=d5IeF1Rp0LY
    https://www.youtube.com/watch?v=EBL4cmwoCa8

    La même chose se produit en Belgique, et Laurent LOUIS le député essayant de sortir ces affaires est l’objet du même traitement que Dieudonné.
    http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/article-scandale-les-anonymous-publient-une-liste-de-personnalites-impliquees-dans-le-reseau-de-l-affaire-122059388.html

    A chacun de faire la lumière sur cette affaire. Merci de votre écoute.

    • julien dit :

      Bonjour Philippe,
      Votre hypothèse n’est pas farfelue car Dieudonné évoque effectivement la pédophilie comme étant un mur infranchissable au cours d’un des sketches de son dernier spectacle.
      .
      il explique au publique que des enfants d’un haut magistrat Toulousain qui faisait partie de réseaux pédophiles s’est confié à eux à la fin de sa vie.
      Il ironise ensuite en évoquant les orgies de ces magistrats en concluant que le pouvoir les rends dingues…
      .
      Je suis allé voir le Mur, mise à part l’attaque contre ce journaliste qui commença l’agression il n’y a pas de propos antisémites, tous les hypocrites qui l’accusent d’antisémitisme le savent parfaitement.
      Par contre ils ne peuvent pas laisser fuiter un partenariat communautariste entre l’état et certaines associations.
      Ils ne peuvent pas se permettre de laisser la possibilité aux gens de comprendre que les seuls bénéficiaires de la prétendue montée de l’antisémitisme sont ces-dites associations sans lequel elles n’existeraient pas…
      .
      Imaginez que les gens comprennent que le pays des droits de l’homme est devenu le pays du droit des associations ?!
      ça ferait désordre…
      .
      Pour conclure j’écrirai que Dieudonné me fait penser à Coluche, doté d’un humour d’une extrême finesse en plus d’être extrêmement clairvoyant et précis pour pointer les maux de notre société.
      .
      On sait comment Coluche a fini sa carrière « d’éclaireur ».
      Espérons que ce vent nouveau qui se lève ne retombe pas de sorte que le lynchage médiatico-politico-communautaire de cet homme serve à quelque chose de positif…

    • julien dit :

      Ils ne survivront pas dans l’ère nouvelle d’internet car ils n’y sont pas préparés.
      .
      Tic tac, fait le bruit du temps qui s’écoule,
      Tic tac, et à chaque seconde qui passe,
      C’est une personne de plus qui se réveille…

  2. platon dit :

    merci!!! très beau texte.

  3. Avel dit :

    Je m’autorise un commentaire sur ces deux tribunes.

    La 1ère : Je remarque que les gens qui veulent dénoncer ce lynchage auquel nous avons assistés sont toujours obligés de glisser une phrase du style « je ne cherche pas à défendre Dieudonné ». Ça ne rate jamais. Chaque fois, j’attends ce passage obligé ou l’auteur montrera patte blanche de peur d’être pris pour « un fan de Dieudo ». Et je ne parle pas de ces « comiques », Alévêque ou Astier qui, immédiatement après avoir exprimés leurs réserves, ajoutent que Dieudonné tient des propos « immondes », « ignobles », « innommables » <>. C’est marrant. 🙂

    La 2ème : Trop longue. Manque de synthèse. Je remarque que l’auteur arrive à nous glisser au passage une petite pleurniche sur l’égalité homme-femme « tendre croyance de son enfance ». Eh oui, la pauvre ne vit pas dans une société ultra-féminisée et castrée mais bien dans une dictature machiste ou les mâles diaboliques martyrisent les femmes innocentes et fragiles. Triste sort. 🙁

    Cela me rappelle une discussion sur Dieudonné que j’ai eu avec un ami et sa femme. Celle-ci défendait le droit de l’humoriste à s’exprimer et reconnaissait la puissance démesurée du lobby juif dans notre pays, tout en ajoutant qu’elle n’aimait pas vraiment Dieudonné à cause de ses propos machistes dans « Le Divorce de Patrick ». <> commençait t’on à lui expliquer son mari et moi. Et c’était repartis comme avec le lobby juif ! ^^
    Dieudonné a vraiment cette capacité à faire grincer des dents tout le monde. 🙂

    Moi même, je ne l’aimai pas du temps où il était foncièrement anticlérical. Pourtant, aujourd’hui j’arrive à rire de ses sketchs sur Jésus qui, avec du recul, ne sont pas si méchants que ça.

    Mais bon, ces deux tribunes sont quand même une bouffé d’oxygène (avec d’autres) qui nous permettent de respirer un peu dans ce nuage toxique que sont les charges unanimes du système médiatique aux ordres.

  4. Olivier dit :

    Il n’y a pas de complot seulement une collusion de personnes sans scrupules qui comme tout le monde raisonnent et agissent en fonction de leur interets multiples et surtout financier. Ce serait tellement simple si ils étaient tous juifs mais ce n’est pas le cas. IL fut une époque ou Dieudonne tapait sur les cons quelque soit leur communauté ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui et c’est pour cela qu’il me fait beaucoup moins rire.

  5. taopaipai21 dit :

    bien, mais c’est pas le moment pour s’effondrer, courage !
    attends encore un peu et la purge va commencer, il s’agit ni plus ni moins que d’anéantir la synagogue de satan et de sauver le pays, beau projet n’est-il pas ?
    n’ayez pas peur, c’est un ordre.
    bonne année deux mille quatorze à tous et toutes.

  6. fayez chergui dit :

    Dieudonné ? Un bastion d’esprit dans une mer de cons !

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