Violences policières : cinq ans avant le viol de Théo, la mort de Wissam oubliée par la justice

L’Observatoire des Violences Policières Illégitimes du Puy-de-Dômes, composé des antennes locales de l’ACAT, de la CIMADE, de la LDH, du MRAP et du SAF, vient de publier un rapport sur le traitement médiatique et juridique de l’affaire « Wissam El Yamni ». C’est l’occasion de revenir sur les circonstances très troublantes de ce drame.

À Clermont-Ferrand dans la nuit du premier janvier 2012, un chauffeur routier de 30 ans, Wissam El Yamni, se retrouvait comateux dans un couloir du commissariat après une arrestation particulièrement violente. Il devait décéder neuf jours plus tard sans être sorti de son coma. Cinq ans après, une fin d’instruction est annoncée sans mise en examen de policiers en dépit d’éléments gravement accusateurs.

Une arrestation particulièrement violente aux dires des témoins

Vers trois heures du matin, ce premier janvier 2012, quelques jeunes assez éméchés plaisantent et chahutent sur le grand parking du quartier de la Gauthière. Suite à un appel téléphonique controversé, deux voitures de police surgissent sur le parking, dont une de la brigade cynophile. C’est alors que Wissam aurait jeté un projectile sur une des voitures. Wissam est immédiatement pris en chasse, en voiture d’abord dans les rues environnantes, puis à pied. Selon les témoignages de riverains, l’arrestation du fuyard se fait en deux temps. Wissam est d’abord placé à l’arrière d’une voiture dont il s’enfuit sans menottes. Presque aussitôt, il est plaqué au sol et tabassé. deux femmes en train de fumer à leur balcon rapportent la scène sur France 3. L’une d’elles déclare : « J’ai vu une voiture arriver qui s’est mise sur le parking. Un jeune est sorti de la voiture en voulant fuir. Deux hommes sont arrivés vers lui. Ils l’ont plaqué sur le sol. Ils se sont mis tous les deux à donner des coups violemment sur lui, un au niveau de la tête, l’autre au niveau du torse. Quand ils ont fini de lui donner des coups, ils l’ont menotté et mis dans la voiture. 6 ou 7 voitures sont arrivées entre temps… » Un autre témoin rapporte sur Europe 1 que les policiers « y allaient violemment avec les coups de pied. Et celui qui était vers la tête a fini avec des coups de poing. Ça a duré cinq – dix – minutes. » Un autre témoin cité par Médiapart indique avoir vu une scène plus brutale encore avec davantage de policiers : « Nous avons vu une dizaine de voitures de police arriver en une minute, dont quatre banalisées. Les policiers sont descendus, ils ont mis de la musique à fond, de la funk, et ont démuselé les deux chiens. Ils étaient chauds, ils ont fait un décompte :  »Trois – deux – un – go » et ils lui ont mis des coups. Ils étaient tous autour de lui, donc je ne voyais pas qui a commencé et qui faisait quoi mais c’étaient des coups de pied et des coups de genoux, et des coups de coude quand ils l’ont soulevé ».

Un coma possiblement lié de plusieurs façons aux violences subies

L’idée que le tabassage en règle rapporté par les témoins ait entraîné l’arrêt cardiaque s’impose à l’esprit. D’autant plus que l’enquête de l’IGPN  semble bien montrer que Wissam a été ramené comateux au commissariat. Les policiers qui le laisseront couché à terre, la face sur le sol, les mains menottées dans un couloir diront l’avoir cru « endormi » ou « simulant une perte de connaissance ». Quelques minutes plus tard, l’OPJ venu signifier sa garde à vue au prisonnier constatera qu’il n’a plus de pouls. C’est dans cet état que le SAMU le découvrira à 3 h 40. L’arrêt cardiaque de 9 minutes qui sera finalement annoncé à la famille aurait pu être en réalité beaucoup plus long. Et, lorsqu’au bout de neuf jours le décès de Wissam sera déclaré, son frère accusera la police d’avoir fait maintenir Wissam artificiellement en vie pour qu’il puisse cicatriser le plus possible avant l’autopsie.

Le procureur a repoussé cette accusation comme celle, maintenue par le frère de la victime, que des clichés de Wissam pris peu avant sa mort alors que la cicatrisation était en voie ont été présentés dans le dossier comme datant du 2 janvier, soit le lendemain des faits. Cependant le parquet a dû reconnaître avec le pré-rapport d’autopsie l’étendue et la gravité des traumatismes subis : présence d’une fracture des côtes, une autre au rocher orbitaire, lésions au niveau du cou… (1)

Ces derniers stigmates laissent ouverte l’hypothèse la plus grave, celle où la mort de Wissam serait un véritable assassinat par étranglement. Les lésions du cou apparaissent en effet comme des marques de strangulation qui aurait pu être effectuée à l’aide de la ceinture disparue de Wissam. Cette hypothèse a été avancée par un expert du CHU.

À côté de cette hypothèse extrême, une autre a été retenue par le premier rapport d’autopsie, conforme d’ailleurs aux dires du policier qui a « accompagné » Wissam pendant le trajet vers le commissariat. C’est celle d’une compression des artères carotides due à l’emploi de la technique dite du « pliage » par le policier qui lui aurait ainsi maintenu la tête entre ses jambes pendant quatre ou cinq minutes. Le pré-rapport fait état « d’excroissances osseuses au niveau de la mâchoire de la victime particulièrement longues qui auraient accru la compression des artères carotides » (2). On voit bien qu’ainsi, même si le policier emploie une technique prohibée, sa responsabilité est atténuée si, toujours selon ses dires, l’ « énervement » de Wissam nécessitait une telle contrainte.

Cette explication ne satisfait pas du tout la famille. S’il est avéré que le « pliage » ait pu entraîner la mort à d’autres occasions, c’est après une contention de plusieurs heures, celle que peut subir par exemple un expulsé dans l’avion du retour. On est très loin des quatre ou cinq minutes qu’a duré  le trajet vers le commissariat. Et puis l’utilisation du « pliage » suppose que Wissam était dans un fort état d’agitation, peu compatible avec le tabassage que les témoins ont pu observer et dont il portait les marques. Enfin, s’il était agité, comment se fait-il qu’un seul policier l’ait accompagné au commissariat en plus du chauffeur alors que plus d’une vingtaine d’agents étaient présents sur les lieux de l’interpellation ?

Le procureur innocente les policiers avant le procès

Cette dernière hypothèse d’un « pliage létal » va bientôt être abandonnée par le procureur à la suite d’une contre-expertise demandée par la famille, mais abandonnée pour une hypothèse qui ne laisse pas d’être scandaleuse dans le contexte de cette interpellation violente. L’arrêt cardiaque de Wissam serait dû tout simplement aux substances qu’il aurait prises et qui auraient constitué un cocktail meurtrier. Certes Wissam  avait bu ce premier janvier comme ses camarades et son taux d’alcoolémie était élevé. il avait aussi fumé du cannabis mais deux fois moins qu’il en faut pour être positif aux contrôles de police. Et, si l’on a retrouvé des traces de cocaïne dans son corps, un toxicologue médico-judiciaire reconnu, consulté par la famille, exclut que ces traces puissent avoir aggravé les risques d’un malaise cardiaque (3). Cela n’empêche pas le rapport de de contre-expertise d’avril 2013 d’affirmer : « le décès s’explique sans intervention d’un tiers. L’interpellation a toutefois pu favoriser ou précipiter la survenue du trouble cardiaque en tant que facteur de stress psychologique ». Une nouvelle contre-expertise d’avril 2014 aboutira à la même conclusion surréaliste : le décès de Wissam serait dû à l’alcool, aux drogues et… au stress ! C’est très logiquement alors que les deux policiers « accompagnateurs »  mis en examen seront déchargés en appel. La cour d’appel annulera les mises en examen en précisant que « les différents rapports médicaux versés au dossier (…) ne démontrent pas clairement que le décès du jeune chauffeur routier ait été causé par l’intervention d’un tiers. Faute de certitudes sur ce point crucial, la cour d’appel estime alors qu’il ne peut exister d’indices graves et concordants, justifiant le maintien de la mise en examen des fonctionnaires ».

Ainsi, malgré toutes les déclarations des témoins, toutes les traces de tabassage relevées à l’autopsie, les stigmates d’une possible strangulation, la disparition suspecte de la ceinture de la victime et toutes les irrégularités relevées par les avocats de la partie civile d’une enquête menée par la police auprès de la police, les deux policiers qui avaient fini par être mis en examen ne sont plus que des « témoins assistés » et le procureur annonce la fin de l’instruction pour cette année ! Quelle justice pour Wissam ?

Des personnes participent le 14 janvier 2012 à Clermont-Ferrand à une manifestation pour reclamer justice et vérité dans l’affaire Wissam El Yamni

En pleine affaire Théo, le traitement par la justice de l’affaire Wissam peut nous faire craindre le pire : l’impunité totale des responsables. Les manifestations, comme pour Théo, n’avaient pourtant pas manqué pour Wissam. Une première marche à Clermont-Ferrand le 7 janvier 2012 a réuni environ 500 personnes. Un rassemblement de 500 personnes a eu lieu dans cette même ville le 10, le lendemain du décès. Une grande marche de soutien a été suivie par 4 000 participants le 14 janvier. Un comité « Justice et Vérité  pour Wissam »  a été créé et a organisé des manifestations de soutien qui sont allée en s’espaçant. Celles-ci sont pourtant absolument nécessaires pour faire prendre conscience de l’injustice face aux violences policières dont le viol de Théo est le récent avatar. Une constatation pour faire réfléchir : sept dossiers par jour en moyenne au tribunal de Clermont, majeurs et mineurs confondus, avec des condamnations allant jusqu’à un an ferme pendant la quinzaine de janvier 2012 qui a suivi les émeutes consécutives au décès de Wissam ; aucun inculpé chez les responsables de sa mort.

Clément Dousset


(1) La Montagne.fr – A la Une – CLERMONT-FERRAND (63000). Un Clermontois dans le coma après une interpellation musclée.

(2) La Montagne.fr – A la Une – CLERMONT-FERRAND (63000). Mort de Wissam El-Yamni : l’autopsie exclut l’overdose.

(3) Rapport d’analyse du docteur Pascal KINTZ

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A propos de l'auteur :

Né en 1949 dans le sud de la Bretagne, j’ai terminé en 2011 une carrière de professeur de lycée agrégé de lettres modernes. Auparavant je me suis opposé à la première guerre du Golfe, à l’invasion de l’Afghanistan et à celle de l’Irak, notamment au sein de l’organisation des Casques Bleus Citoyens. J’ai alors beaucoup participé aux forums de Libération. J’ai également publié des billets politiques sur Lepost.fr, repris pour la plupart sur mon blog Mediapart. J’y exprime une sensibilité de gauche mais très colorée par le gaullisme en matière de politique étrangère.

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2 commentaires

  1. hopfrog dit :

    Article fort intéressant, bien évidemment. Il montre indirectement l’ampleur notre capacité d’oubli (fortement encouragée et favorisée par les divers gouvernements issus de « l’alternance unique », qui savent pertinemment qu’elle est une condition essentielle de leur survie).

    Il serait intéressant de dresser une liste, si possible exhaustive, des victimes des violences policières depuis, disons, 2002, l’année où un certain Nicolas Sarkozy devint hélas ministre de l’Intérieur, et commença à exercer une influence délétère sur la police.

    Je pense pour ma part à la mort « accidentelle », survenue à Paris, à l’intérieur d’un fourgon de police, de Lamine DIENG, un jeune Sénégalais. C’était en juin 2007.
    http://www.urgence-notre-police-assassine.fr/123663559

  2. Cette chronologie actualisée comporte un volet des actions du comité « Justice et Vérité pour Wissam », et un volet des actions judiciaires. Les éléments du volet judiciaire sont accompagnés d’astérisques (***) pour les distinguer de l’action militante.

    La famille, depuis le premier jour de cette tragédie, épaulé par le comité, n’a comme seul et unique objectif de faire la lumière sur la « vérité médicale », étant la seule vérité pouvant amener la justice à établir les causes et les circonstances du décès de Wissam El Yamni pour ensuite prendre les mesures nécessaires pour que la justice de la République soit.

    – Nuit du samedi 31 Décembre 2011 au dimanche 1er Janvier 2012 :
    Interpellation de Wissam El Yamni, au quartier de la Gauthière, à Clermont-Ferrand.

    – *** 2 Janvier 2012 :
    Saisine de l’IGPN.

    – *** 6 Janvier 2012 :
    Le procureur de la République Gérard Davergne ouvre une information judiciaire pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » à l’encontre des deux agents de l’unité cynophile, à l’origine des premiers coups, et du transport vers le commissariat.

    – Début Janvier :
    Manifestations de colère des jeunes des quartiers de Clermont-Ferrand, pendant plusieurs jours en solidarité et en contestation face à la tragédie.

    – Samedi 7 Janvier :
    « Marche silencieuse » en soutien à la famille El Yamni, à Clermont-Ferrand.

    – 9 Janvier 2012 :
    Décès de Wissam El Yamni, sans être sorti du coma.
    *** Requalification des motifs de poursuites en « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

    – Samedi 14 janvier 2012 :
    « Marche blanche », vigoureusement suivie, réunissant autour de 10 000 personnes, à Clermont-Ferrand.

    – *** 24 Janvier 2012 :
    Un pré-rapport d’autopsie établie qu’un décès dû à l’alcool ou à la drogue est écarté (il n’y a aucune lésion et anomalie cardiaque) alors que l’hypothèse des suites de gestes violents était posée. Dans le rapport on peut lire que,  » L’autopsie n’apporte aucun argument en faveur d’un décès directement traumatique, mais il évoque toutefois une compression des artères carotides internes, à l’origine d’un ralentissement de la circulation sanguine, et de la perte de connaissance « .
    Wissam a été autopsié comme s’il venait de mourir alors qu’il vient de faire près d’une dizaine de jours dans le coma en unité de soins intensifs et donc les traces de coups se sont estompés. Le dossier médical avec les scanners et les radios du 1er janvier ainsi que les photos du 1er janvier ne sont pas donnés au médecin légiste. Seule la version policière émise comme vérité l’est.
    Des fractures sont « oubliées » …

    – *** Fin Janvier 2012 :
    Le rapport de l’IGPN a conclu au décès, par pratique de la technique dite du « pliage ». Cette technique est utilisée comme un alibi.

    – *** Février 2012 :
    Demande d’une contre-autopsie par la famille.

    – Février 2012 :
    Rassemblement devant le commissariat de Clermont-Ferrand.

    – 13 Mars 2012 :
    Vœux publiques du conseil régional pour la vérité et la justice.

    – Mars 2012 :
    « Sit-in » en forme de « W », initiale du prénom Wissam, sur la place du centre-ville. Suivi d’un débat à Clermont-Ferrand.

    – Vendredi 20 Avril 2012 :
    Réunion publique à Clermont-Ferrand.

    – Mai 2012 :
    Rencontre avec François Hollande, futur président de la république, à Clermont-Ferrand.

    – Samedi 5 Mai 2012 :
    Forum sur le thème du rapport « Citoyens/ Forces de l’ordre », à Clermont-Ferrand.

    – Vendredi 25 Mai :
    Repas publique pour Wissam, à Clermont-Ferrand.

    – *** Juin 2012 :
    Contre-autopsie, résultats connus en avril 2013.

    – Juin 2012 :
    Enterrement de Wissam El Yamni à Casablanca au Maroc (le corps est enfin redonné à sa famille 6 mois après sa mort).

    – Dimanche 17 Juin 2012 :
    Rassemblement le même jour de l’enterrement, en soutien à la famille El Yamni, pour ce jour de grande douleur pour la famille, à Clermont-Ferrand.

    – 21 Juin 2012 :
    Concert pour Wissam à Clermont-Ferrand.

    – *** Février 2012 / Septembre 2012 :
    Les avocats demandent différents actes d’instructions évidents, mais que les juges saisis ne font pas. Beaucoup de preuves ont entre-temps, étaient détruites, disparition d’effets personnels de Wissam, formatage des disques durs, enregistrement téléphonique sur le parking …

    – Septembre 2012 :
    Rassemblement devant le palais de justice.

    – Mercredi 7- Jeudi 8 novembre :
    Forum/ Projection/ Concert sur le thème des violences policières, à Clermont-Ferrand.

    – *** Novembre 2012 :
    La chambre d’instruction ordonne la datation des photos prises le 1er janvier au dossier.

    – Mercredi 9 janvier 2013 :
    Commémoration de la mort de Wissam à Clermont-Ferrand.

    – 15 Mars 2013 :
    Soirée de sensibilisation et d’échanges, à Clermont-Ferrand.

    – 23 Mars 2013 :
    Marche nationale « VÉRITÉ & JUSTICE », à Paris.

    – 4 Avril 2013 :
    Discussion autour du thème des violences policières, dans le cadre du Festival « Pico y Pala » à Paris.

    – 8 Avril 2013 :
    Conférence « citoyens/ forces de l’ordre, un rapport de force déséquilibré » à Clermont-Ferrand.

    – *** Avril 2013 :
    Le rapport de contre-autopsie communiqué par le parquet retient un décès sous l’effet d’un « cocktail toxique » en relevant la présence de troubles du rythme cardiaque pendant le coma causés selon le médecin légiste par la drogue.

    – Mercredi 19 juin 2013 :
    Débat sur les violences policières à Lille.

    – Vendredi 5 juillet 2013 :
    Soirée pour Wissam, à la fête du quartier de Croix-de-Neyrat, à Clermont-Ferrand.

    – *** Juillet 2013 :
    Les conclusions de l’expertise médicale ont alors été soumises à un professeur de cardiologie qui via la littérature scientifique démontre que les anomalies du rythme cardiaque observées à l’hôpital sont la conséquence des traitements médicaux et ne peuvent pas être à l’origine du coma. Selon l’expert en cardiologie il n’a pas pu mourir d’un problème cardiaque.

    – 9 Janvier 2014 :
    Commémoration de la mort de Wissam, à Clermont-Ferrand.

    – *** 14 Janvier 2014 :
    Une nouvelle contre-expertise sur dossier est engagée.

    – *** Février 2014 :
    L’ordinateur devant être analysé pour la datation des photos prises le 1er janvier au dossier est formaté.

    – *** Février 2014 :
    Mise en examen d’un des policiers ayant arrêtés et transportés Wissam.

    – Dimanche 23 mars 2014 :
    Rencontre publique avec pour thème, « Face aux violences policières, quelle stratégie de lutte ? » à Paris.

    – *** 19 Mars 2014 :
    Mise en examen du 2e policier.

    – Samedi 5 avril 2014 :
    Commémoration nationale contre les violences et les crimes policiers à Paris.

    – Septembre 2014 :
    Sortie du Livre « Permis de tuer ».

    – Présentation et discussion autour du livre  » Permis de tuer  » :
    Mercredi 24 Septembre 2014 à Montreuil,
    Jeudi 23 octobre 2014 à Paris,
    Samedi 13 Décembre 2014 à Lyon,
    24 janvier 2015 à Montpellier.

    – 18 et 19 avril 2015 :
    Table ronde à Saint-Étienne sur les violences policières.

    – *** Mai 2015 :
    Retour de l’expertise judiciaire ordonnée en janvier 2014 qui était confiée à un radiologue, une cardiologue et un médecin légiste de Reims. C’est « un trouble du rythme ventriculaire grave induit par la consommation simultanée d’éthanol en grande quantité et de cocaïne » qui aurait selon eux causé l’arrêt cardiaque.Il n’y a dans ce rapport aucun lien, aucune bibliographie, aucune analyse du taux de drogues, aucune photo, aucun graphique, aucune preuve. Tout repose sur la confiance que l’on accorde à ces 3 personnes.

    – *** Septembre 2015 :
    Annulation de la mise en examen, les policiers passent sous le statut de témoins assistés.

    – 31 octobre 2015 :
    Participation à la une manifestation nationale de la « Marche pour la dignité », à Paris.

    – 27, 28 NOVEMBRE 2015 :
    Weekend débat/repas/projections à Clermont-Ferrand.

    – *** Janvier 2016 :
    La famille révèle les résultats de la contre-expertise indépendante, réalisée par l’un des plus grands experts toxicologues du monde, qui démontre de manière scientifique que Wissam n’était pas sous l’emprise de drogues au moment de l’interpellation, le taux de cocaïne démontre que la cocaïne n’est présente qu’à l’état de traces, sans principe actif. Il exclut de fait la mort d’origine toxique. « Même si la cocaïne présente un risque de toxicité cardio-vasculaire, connue et décrite pour se manifester pendant 60 à 90 minutes après l’administration, il est hautement improbable que cette toxicité ait pu se manifester 6 à 8 heures après l’exposition ».

    – Le 14 Mars 2016 :
    L’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture), publie un rapport « L’ordre et la force » qui parle de Wissam El Yamni.

    – 19 mars 2016 :
    Manifestation nationale pour la « Justice et la Dignité », à Paris.

    – Avril 2016 :
    Un membre de la famille El Yamni est reçu par le comité des droits de l’homme de l’ONU à Genève.

    – Janvier 2017 :
    Conférence de presse donnée par les avocats de la famille, suivie Projection/ Débat/ Conférence sur le thème des violences policières, à Clermont-Ferrand.

    – Février 2017 :
    L’Observatoire des Violences Policières Illégitimes du Puy-de-Dôme, publie un rapport sur le traitement médiatique et juridique de l’affaire « Wissam El Yamni ».

    – Mars 2017 :
    Conférence sur le thème des violences policières, à Clermont-Ferrand.

    – Avril 2017 :
    Rassemblement devant le palais de justice de Clermont-Ferrand.

    – *** Avril 2017 :
    La chambre d’instruction demande à la juge d’instruction de réétudier les causes médicales de la mort. Elle remarque très justement qu’à la différence des expertises indépendantes l’examen du rapport de Reims « fait apparaître que les experts procèdent concernant les causes de la mort de Wissam El-Yamni, plus par affirmation que par démonstration scientifique ».

    – Septembre 2017 :
    La juge d’instruction n’a toujours pas nommé le nouveau collège d’experts demandé par la chambre d’instruction en avril 2017.

    – Novembre 2017 :
    Une cérémonie du souvenir intime, pacifique et légale, organisée avec le soutien de la municipalité de Clermont-Ferrand est annulée par le préfet suite à l’annonce d’une contre-manifestation illégale et possiblement violente par une partie des syndicats policiers. Une semaine avant cette cérémonie, une lettre notifie que les retards dans la nomination du nouveau collège d’experts est la seule conséquence d’un problème de greffier.

    ********************

    A l’heure actuelle :
    Les témoins du commissariat qui ont vu les policiers torturer à mort Wissam alors qu’il était à plat ventre et menotté dans le couloir du commissariat, n’ont toujours pas été entendu par le juge d’instruction. Tant qu’il en sera ainsi les éléments présentés au collège d’experts seront encore une fois volontairement orientés. Aussi nous nous mobiliserons pour en demander un autre jusqu’à ce que la version des témoins soit entendue par le juge d’instruction et que l’ensemble des éléments nécessaires, concourants à la vérité tels que les scanners du 1er Janvier soient donnés et utilisés par des experts honnêtes, rigoureux et compétents.

    #pasdejusticepasdepaix

    Justice et Vérité pour Wissam

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