Sortie du documentaire « Voyage au pays de Bachar » de Raphaël Berland

Voyage au pays de BacharJournaliste engagé, membre fondateur de notre média citoyen, Raphaël Berland nous entraîne, à travers ce reportage, dans son voyage aux mille facettes à la découverte de la Syrie. Une Syrie en guerre et dirigée par un président que la presse occidentale nous présente avec beaucoup d’aplomb sous le visage sans nuance du tyran et du boucher persécutant son peuple. Voyage au pays de Bachar.

Un documentaire inédit, produit par un journaliste français, à l’heure où les médias français sous subventions étatiques, n’en finissent pas de poursuivre leur travail insidieux de propagande.

Raphaël Berland a souhaité, à travers son périple, mettre en avant la Syrie telle qu’elle est, dans toute sa diversité… Celle de ses visages, de sa culture et, au-delà de tout ce que le citoyen lambda entend en boucle dans la presse mainstream, le visage d’un pays carrefour de toutes les civilisations et de toutes les passions sur la scène internationale.

En effet, un certain nombre de groupes terroristes et de forces subversives ont pris d’assaut le pays à l’issue des « Printemps arabes ». Ces derniers souhaitent écarter le gouvernement de Bachar Al-Assad du pouvoir et faire de ce pays plusieurs fois millénaires un dominion saoudien au service des intérêts américains.

Ce documentaire est une enquête, qui met en lumière les différentes étapes de la fameuse « planification américaine du Nouveau Moyen-Orient » (voir la planification de Ralph Peters, lieutenant-colonel de l’armée américaine qui publie en 2006 son plan pour le Nouveau Moyen-Orient) qui poursuit l’objectif de fragmenter les États arabes en petites entités affaiblies en encourageant les divisions ethniques et religieuses.

Des personnalités politiques incontournables de la scène politique régionale ou internationale donnent leur version des faits, leur interprétation des événements. On y entend notamment Naïm Qassem, n°2 du Hezbollah, ou l’ancien président du Liban, Emile Lahoud. On y découvre également les témoignages d’un ancien combattant de l’ASL (1) ayant obtenu un statu quo, ou de simples citoyens syriens rattrapés par la guerre. Chacun d’eux nous livrent leur point de vue sur la situation du Liban, du Hezbollah et de la Syrie. Des informations précieuses ponctuées par l’analyse de Jean-Michel Vernochet, spécialiste en géopolitique.

Ce documentaire sans concession offre un panorama de la situation syrienne et plus généralement du Moyen-Orient, depuis le commencement de la guerre, mais nous entraîne également dans les coulisses d’un système de gouvernement qui souffre d’influences étrangères voir d’ingérences récurrentes.

Plus atypique, le film présente également la ville de Maaloula, village chrétien où l’on parle encore l’araméen et nous emmène visiter quelques-unes des plus anciennes églises chrétiennes du monde. Y sont également présentés les visages de la culture syrienne ou simplement la vie quotidienne, tel que dans le Souk de Damas, connus pour la diversité de ses nombreux magasins.

En un mot, ce film, réalisé dans des conditions parfois dangereuses et avec des moyens extrêmement limités, montre la Syrie telle qu’elle est réellement : belle, mystique, meurtrie mais toujours debout.

Disponible sur Vimeo, au prix de 1€ en streaming, et 2€ en téléchargement.

Fares


(1) : ASL : Armée Syrienne Libre

(1977)

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3 commentaires

  1. OFJ dit :

    Excellent film, qui remet les choses au point. Merci beaucoup pour ce travail doublement courageux : courage d’aller sur place, courage de montrer une réalité différente du prêt-à-penser merdiatique.
    Juste une petite interrogation : il m’a semblé que le DJ interrogé prenait plus de temps avant de répondre lorsqu’il était interrogé sur le gouvernement syrien et une éventuelle censure.

    • Merci pour votre message ! Concernant le DJ, nous communiquions lui et moi en anglais, et lorsqu’il ne comprenait pas bien ma question (ou qu’il n’était pas sûr d’avoir bien compris), il se tournait vers notre contact commun qui lui traduisait alors de l’anglais vers l’arabe, ce qu’on n’entend pas tout-à-fait au montage.

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