Les citoyens présentent des candidats contre l’exploitation du gaz de schiste en Essonne

conference-gaz-de-schisteNous avons eu le plaisir d’assister le 28 Novembre dernier à une réunion d’information sur l’exploitation du gaz de schiste en Essonne, à Boissy sous Saint-Yon. Le collectif 91 non au gaz de schiste comprenant notamment Philippe Pascot, l’auteur de « délits d’élus » avait invité à cette occasion Sylvain Lapoix, journaliste et co-auteur de la bande-dessinée « énergies extrêmes ».

La qualité des questions a révélé le degré d’acuité et d’information des très nombreux citoyens présents, qui ont manifesté à plusieurs reprises leur refus de cautionner la collusion entre les industriels et le personnel politique, ces projets d’exploitation n’ayant fait l’objet d’aucune consultation auprès des populations concernées. Les réponses de Sylvain Lapoix ont permis de resituer le débat dans un contexte global, tandis que celles du collectif répondaient aux questionnements du cas particulier des projets d’exploitation en Essonne. Un équilibre qui a participé à la bonne qualité du débat que nous vous restituons et qui intéressera quiconque s’interroge sur l’exploitation des huiles et du gaz de schiste sur notre territoire comme ailleurs dans le monde.

A l’occasion de cette conférence rassemblant une centaine de personnes, le collectif a déclaré qu’il présenterait ses propres candidats aux élections départementales de 2015. « Nous sommes persuadés que ce sont les citoyens qui doivent se battre, et nous allons le faire concrètement en montant des listes de citoyen qui se battent contre le gaz de schiste » a déclaré Philippe Pascot.

Comme l’a rappelé David Ammar, membre du collectif, le groupe pétrolier Vermilion a racheté quatre puits de forage dans le département. Peu de gens le savent, mais le groupe canadien Vermillion est le premier exploitant de pétrole du territoire français. Le groupe exploite d’ores et déjà des forages dans le bassin aquitain et dans le bassin parisien. Il extrait 450 000 litres d’hydrocarbures par jour de notre sol national, soit l’équivalent d’environ 3000 barils.

Fin 2014, des géants de l’industrie pétrolière cherchaient encore à « cartographier » le sous-sol français par le biais de la fracturation hydraulique en vue d’y trouver des huiles, gaz ou pétroles de schiste. Ainsi, début novembre 2014, Denis Baupin, député EELV, a alerté Ségolène Royal sur une demande de permis de la compagnie Realm Energy qui visait explicitement une telle exploitation pour la concession de Dicy dans l’Yonne. Si la loi permet aux pétroliers d’explorer les sous-sols dans le but d’y trouver du pétrole conventionnel, leur volonté accrue de « cartographier » le territoire alors qu’ils en ont acquis une connaissance très précise en plus de soixante ans d’exploitation dénote selon les associations locales de défense de l’environnement d’une volonté manifeste d’y trouver de nouveaux hydrocarbures, au cas où la loi évoluerait à leur avantage et leur permettrait d’exploiter ces ressources à plein régime. La communication de Vermilion prétend pour sa part que lorsqu’il arrive que des poches d’hydrocarbures non conventionnels soient détectées sur les échographies des sous-sols, ces informations ne sont pas exploitées …

On estime que le bassin parisien pourrait contenir dans ses sous-sols la deuxième réserve de gaz de schiste  la plus importante d’Europe, avec plus de 5 000 milliards de mètres cubes de ressources estimées. Fin 2014, Vermilion a exprimé sa volonté d’explorer pas moins de treize nouveaux puits dans ses concessions rien qu’en Essonne, et ce à une profondeur de 1 800 à 2 000 mètres, soit la profondeur nécessaire à perforer la roche mère afin d’atteindre les ressources d’huile de schiste. Selon David Ammar, ces perforations permettraient à Vermilion de préparer le terrain et d’être fin prêt à l’exploitation, le jour où les accords TAFTA donneraient la possibilité au groupe pétrolier de plaider sa cause devant des tribunaux de commerce et d’obtenir ainsi les permis ou les dédommagements nécessaires. Par un déni de démocratie qui reflète à l’échelle mondiale ce que les habitants des zones touchées par les permis d’exploration de pétrole, de gaz et d’huile de schiste subissent à l’échelle locale, Angela Merkel a opté voilà quelques jours pour le « oui » à la signature par l’Allemagne du traité transatlantique.

En ce qui concerne leur participation  aux élections départementales de mars 2015, les citoyens liés à l’initiative du Collectif 91 Non au gaz de schiste espèrent avant tout obtenir des engagements concrets des groupes politiques majoritaires en campagne. Une page publiant régulièrement les réponses de toutes les formations politiques interrogées par le collectif est disponible sur le blog du collectif.

Le Collectif 91 Non au gaz et huile de schiste tiendra sa prochaine réunion publique le jeudi 5 février 2015 à 20 h 30 à Lardy, salle René Cassin.

Le site nongazdeschiste.fr regroupe toutes les initiatives de coordination aux échelles locale, nationale et internationale contre l’exploitation des gaz et huile de schiste.

Galil Agar

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6 commentaires

  1. rolalalalala dit :

    Pas sur que ce combat soit encore très utile vu le prix du pétrole actuel. En plus les obstacle au gaz de schiste en France sont très grand (beaucoup de monde au m², l’État propriétaire du sous sol)

    • Galil Agar dit :

      Détrompez vous cher(e) « rolalalala ». Ce combat reste d’une brûlante actualité, et votre commentaire prouve qu’il est urgent d’informer précisément les citoyens sur les enjeux en présence. Je vous recommande de prendre le temps de regarder la vidéo de la conférence qui vous en convaincra certainement. Ensuite, si vous faites référence à la loi de juillet 2011, et bien sachez qu’elle n’interdit « que » la technique dite de « fracturation hydraulique » mais pas l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste en tant que telles:

      http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/20121114trib000730981/la-france-est-elle-au-gaz-de-schiste-ce-que-le-qatar-est-au-petrole.html

      De ce fait, nombre de compagnies pétrolières exigent de l’état des permis d’exploration qui permettent de descendre à la profondeur de la « roche mère », profondeur à laquelle se trouvent les huiles et gaz de schiste. C’est ce qu’a fait Vermilion fin 2014, avec les treize permis demandés rien que pour le bassin parisien. Par ailleurs, si la loi interdit officiellement l’extraction de ces ressources, vous vous doutez bien que l’administration française ne déploie pas en permanence des agents sur le terrain pour vérifier le respect des règles par les compagnies pétrolières, et qu’elle n’est pas prête à entamer des procédures judiciaires à leur encontre le cas échéant… Je vous signale au passage, comme Sylvain Lapoix le souligne dans sa BD, qu’un certain nombre d’ingénieurs sortis des Mines parasitent littéralement les bureaux de conseil des ministres, et que ces individus travaillent une main dans celle de l’état, l’autre dans celle de l’industrie pétrolière.

      Enfin, permettez moi d’insister sur le fait que la ratification du TAFTA par la France permettrait aux compagnies en question de contourner ladite loi et de pratiquer les techniques de fracturation pour le moment interdites. Quand bien même elles ne trouveraient pas les ressources recherchées, sachez que ce ne sont pas seulement les techniques d’extraction qui sont nocives, mais également les techniques d’exploration. Je vous recommande vivement la BD-enquête de Sylvain Lapoix,énergies extrêmes, qui montre bien comment les compagnies ont ravagé des paysages et pollué les nappes phréatiques sur des dizaines d’hectares, non pas par extraction, mais tout simplement par exploration. En France, un certain nombre de demandes d’exploration concernant des ressources et des techniques « non conventionnelles », formulées avant la promulgation de la loi, sont toujours en attente. Les références aux techniques d’exploration et aux ressources visées ont tout simplement été supprimées des demandes de permis.

      Je vous renvoie à ce titre à l’excellent article de Cathy Dogon et Elena Brunet, paru dans L’Obs du 16.11.2014, ce qui ne fait que deux mois … Il est toujours d’actualité. Quand la presse Mainstream fait bien son travail (ce qui arrive), il est important de le signaler :

      http://tempsreel.nouvelobs.com/planete/20141105.OBS4129/gaz-de-schiste-le-filon-parisien-est-il-toujours-convoite.html

      Cordialement.

      • ChicoRay dit :

        Beurk. J’ai pas envie que ça sente la « chaussette radioactive » comme au Texas (où les filtres radioactifs se retrouvent à même le sol…).

        Non merci, « N’inschistez pas » ! LOL !

    • ChicoRay dit :

      Peut-être voudras-tu soutenir ces initiatives à la place?
      http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/graines-de-vie–3
      (plus que 7 jours)
      http://formationsbio.com/ecolandi

  2. LeBredin dit :

    Une interview l’ex vice-président de Mobil au sujet de la pollution et des dangers du fracking. Pollution de l’air par le méthane, problématique des déchets, tremblements de terre avérés…
    http://rt.com/shows/sophieco/223239-us-fracking-industry-pollution/

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