Cinema : pourquoi faut-il aller voir « Demain » dès aujourd’hui ?

Demain le filmTout le monde (ou presque…) en parle ! « Demain », le documentaire de Cyril Dion (fondateur avec Pierre Rabhi de l’ONG « les colibris » et du magazine Kaizen) et de Mélanie Laurent, est sorti il y a 10 jours et rencontre un certain succès (80 000 spectateurs en 1ère semaine).

Présentation à la COP21, conférence aux « Universités de la Terres » (organisées à l’Unesco par la fondation Nature & Découvertes), plateaux TV (du « tout » Petit Journal, à « On n’est pas couché », on y reviendra…).

J’y suis allé, j’ai aimé.

Parce que c’est un beau documentaire, bien réalisé, plein de belles et saines idées !

Sans misérabilisme, positif… J’y ai appris plein de choses… Mais tout cela je m’y attendais un peu, et je n’en aurais pas fait un article. Non, il faut aller voir « Demain » dès aujourd’hui pour une autre raison.

En fait, il faut aller le voir pour 4 autres raisons… 4 bombes médiatiques !

Parce qu’il y est question de création monétaire « ex-nihilo »

Peut-il y avoir meilleure caisse de résonance qu’un film diffusé au cinéma et que des centaines de milliers (des millions ? Soyons fous) de français auraient plébiscité, pour vulgariser un sujet aussi fondamental que la création monétaire.

Nos lecteurs le savent bien évidemment, notamment tous ceux qui ont écouté Gabriel Rabhi (fils de Pierre Rabhi) et Gérard Foucher lors de notre émission du « Dîner du Cercle » n°5 sur la création monétaire !

Mais combien parmi vos amis ne savent pas encore que la grande majorité de l’argent en circulation sur la planète n’a pour autre origine que les prêts contractés auprès des banques, assurances, et autres organismes financiers en tout genre.

Que cet argent est créé ex-nihilo (de nulle part) au moment même où demandant un prêt bancaire celui-ci est accepté. Par la simple écriture de 0 et de 1 sur des lignes de comptes…

Quel ne fut pas ma satisfaction d’entendre dans la salle ce frémissement au moment où ce scandale planétaire qu’est la création monétaire par prêt bancaire était abordé dans le documentaire.

Parce qu’il y est question de la gestion de la crise islandaise

La gestion islandaise de la crise de 2007… voilà bien là aussi le tabou de tous les tabous ! Comment ce pays, qui refuse à présent de rejoindre l’Europe (grand bien lui fasse !), a choisi une solution aux antipodes des choix des autres pays européens. Comment ce pays, contre vents et marées, a laissé toutes ses banques faire faillite plutôt que de les renflouer avec l’argent public. Comment dans ce pays, la population s’est levée pour exiger (et obtenir) le départ du gouvernement et du directeur de sa banque centrale.

Des images précieuses et si souvent cachées de ces évènements de saine reprise en main du pouvoir politique par le peuple. Sans violence, sans armes, et sans haine !

Parce qu’il y est question de la fin de l’euro monnaie unique

Le WIR (monnaie suisse locale méconnue), les « SEL » (système d’Echange Local) en tout genre, les monnaies locales… c’est pas sérieux ? Si si ! C’est très sérieux. Tout le monde peut faire sa propre monnaie ! Il s’agit juste d’un outil pour ceux qui l’utilisent.

Il s’agit même d’un outil très efficace qui n’a besoin que d’un seul moteur… la confiance. Et qu’est ce qui peut davantage inspirer confiance aujourd’hui qu’une monnaie proche de nous, dont on comprend le fonctionnement et l’intérêt… qu’une monnaie qui nous est utile plutôt qu’elle ne nous asservit.

« Demain » montre très bien que l’euro n’est pas une monnaie pour les peuples. Qu’il faut que cette monnaie cesse d’être notre monnaie unique, pour devenir, au mieux, une monnaie commune.

Sacrilège des sacrilèges le cas de la Grèce est alors abordé. Soutenant l’idée que seule l’introduction d’une monnaie locale en Grèce pourrait encore sauver le pays de l’effondrement…

Parce qu’il y est question du tirage au sort

Eh oui, il est aussi question dans « Demain » du… tirage au sort ! Cette idée « complotiste » s’il en est (redonner le pouvoir au peuple ! Quand même !) qui a valu l’ostracisation à Etienne Chouard.

Cyril Dion est allé à la rencontre de David Van Reybrouck. Comme Etienne Chouard, cet historien belge nous montre combien la politique contemporaine est devenue une impasse que seules des révolutions comme le tirage au sort peuvent encore sauver.

Il s’agit là encore d’un des sujets les plus risqués à aborder de nos jours. Aussitôt calomniés, critiqués, oubliés, ceux qui ont osé promouvoir cette idée ont subi l’opposition frontale de notre élite et de ses chiens de garde.

Qu’en sera-t-il de Cyril Dion si le film devait avoir le succès qu’il mérite ?

Mais surtout, parce qu’il est question de tout cela à la fois !

melanie-laurent-cyril-dion-600Cyril Dion montre on ne peut mieux dans « Demain », comment tout est entre-mêlé. Comment les questions de l’écologie, de l’économie, de l’éducation, ou encore de la politique ne font en fait qu’un seul et même sujet. Et c’est cela, pour moi, qui en fait déjà un documentaire de référence à marquer d’une pierre blanche.

Il en a fait l’angle d’attaque du documentaire, en fil rouge, entre chaque chapitre, sous la forme d’un petit dialogue entre Mélanie, l’ingénue, et Cyril, plus avancé dans la réflexion.

J’ai regretté toutefois que le thème des médias soit oublié. Il aurait eu toute sa place, et Cyril aurait pu venir nous rendre visite ! Ce sera peut-être pour « Après-demain » ? 😉

Car oui, tout est lié, tout est en tout. L’heure est venue de la convergence de toutes les bonnes volontés pour changer notre monde. Loin des guerres de clocher, loin des batailles d’égo !

Et enfin…

Et enfin parce que Cyril Dion et Yann Arthus-Bertrand étaient les invités samedi soir de Laurent Ruquier dans « On n’est pas couché ». Que Léa Salamé et Yann Moix ont montré plus que jamais leur vraie nature. Et que la seule « guerre de civilisation » qui menace la planète est là !

Entre des Léa Salamé et des Yann Moix d’un côté… recroquevillés sur leurs acquis, leur petit confort et leur haine des autres. Et des Cyril Dion ou des Yann Arthus-Bertrand de l’autre… ouverts sur l’autre et qui ont compris toute notre part de responsabilité.

Je voudrais que Cyril l’emporte.

Je voudrais que vous alliez voir ce film !

Nico Las (TDH)


Références :

http://www.fondation-natureetdecouvertes.com

http://www.universitedelaterre.com/fr/l-universite-de-la-terre/presentation-universite-de-la-terre

http://www.demain-lefilm.com/le-film

https://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_WIR

Bande-annonce de 2014 :

(535)

A propos de l'auteur :

Passionné de nature, je suis avant tout un "touche à tout". Et c'est ma curiosité insatiable pour ce (et ceux) qui m'entoure(nt) qui m'a amené à rejoindre le Cercle fin 2014. Fan d'art, et en premier lieu de design et d'architecture, dans ma vie personnelle, mes activités au Cercle sont principalement axées sur l'analyse du fonctionnement des médias et de l'information. Convaincu que quel que soit le projet, tout se fait ou rien ne se fait, en fonction de la capacité des hommes (et des femmes !) à se parler et à collaborer, je tâche modestement de poursuivre d’inlassablement ce petit jeu qui consiste à créer du lien. C'est à ce titre que j'occupe au Cercle les rôles d'attaché de presse et de responsable du recrutement.

a écrit 58 articles sur ce site.


8 commentaires

  1. lionel dit :

    Rien que la bande annonce à elle toute seule incite à ne pas y aller !

    Un ènième film qui donne l’illusion qu’en faisant chacun un petit quelque chose, sans remettre en cause le modèle économique productiviste et capitaliste occidental, permettra de résoudre les problèmes écologiques.

    Je serai curieux de voir la réaction des paysans d’Amérique du sud, d’Afrique et du sud-est asiatique qui se sont fait virer de leurs terres si on leur montrait ce film.

    Une éolienne produit de « l’énergie verte », quelle formidable avancée technologique !
    Sauf que pour la fabriquer, elle ainsi que les 350 tonnes de béton pour la faire tenir debout, il faut faire appel à une production industrielle qui fonctionne obligatoirement aux énergies fossiles qui sont, elles, beaucoup moins « vertes », faire croire que ce genre de solution va résoudre tous les problèmes d’un coup de baguette magique n’est que de la pure fumisterie.

    « Produire toujours plus pour consommer toujours plus » voilà le problème auquel s’attaquer et je vois mal une égérie de la société consumériste en faire son cheval de bataille.

    Dire aux miséreux de la planète que se répéter tout les jours « Je vais bien, le monde va mieux » et claquer 200 ou 300€ par mois chez « Nature et Découverte » pour se donner bonne conscience tient plus de l’escrologie que de l’écologie.

Laissez un commentaire

Why ask?